Tripatouillage électoral : l’agenda caché du ministre Tièman Hubert Coulibaly

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Le ministre de l’Administration territoriale Tièman Hubert Coulibaly ne semble pas vouloir jouer franc-jeu dans l’organisation des élections générales de 2018. Président du parti UDD et membre de la CMP, sa démarche ne rassure pas les acteurs. Lesquels dénoncent une tentative de tripatouillage électoral. En 2018, le Mali devrait organiser les élections locales, régionales, la présidentielle et les législatives. Le chef d’orchestre de ce processus est pour l’heure, le ministre de l’Administration territoriale, Tièman Hubert Coulibaly. Seulement, ce président du parti Union pour le développement et la démocratie (UDD) et membre de la Convention des partis politiques de la majorité présidentielle (CMP) n’est pas blanc comme neige auprès d’une frange importante d’acteurs. En effet, des acteurs du processus dénoncent son amateurisme, son incompétence et son incapacité à organiser des élections crédibles dans un délai raisonnable. D’où cette question qui taraude les esprits : comment pouvez-vous comprendre qu’en plein déroulement du processus électoral, que le gouvernement décide, le jour même, du report des scrutins au mois d’avril 2018, du renouvellement de plus de la moitié du corps préfectoral, de la totalité des préfets des régions de Kayes et Tombouctou, de la moitié des Directeurs de cabinet des gouverneurs de région ? Le ministre de l’Administration territoriale, Tièman Hubert Coulibaly, ayant pris peur de la sanction que le peuple allait infliger à ses listes, a préféré reculer pour préparer un gigantesque plan de confiscation du suffrage des Maliens lorsque l’on sait que sur instruction n°001398-MAT-SG du 09 octobre 2017, il autorisait les commissions de centralisation des résultats des scrutins, dominées et dirigées par les représentants de l’Etat, à procéder «à l’annulation totale ou partielle des résultats de certains bureaux de vote», empiétant du coup sur les prérogatives des autorités judiciaires. Il reste cependant clair ici, qu’après avoir essayé sans succès de violer les textes à travers la convocation des collèges électoraux par un seul décret, de discréditer par le mensonge, la calomnie et la méchanceté ses adversaires de l’opposition, le ministre de l’Administration territoriale, Tièman Hubert Coulibaly, pour atteindre ses ambitions sordides, veut associer à cette posture funeste le tripatouillage des résultats des élections. Des partis politiques et organisations de la société civile disent non. À l’image d’autres formations, l’URD dit tout mettre en œuvre, de concert avec tout citoyen épris de paix et de justice, toutes les organisations politiques et de la société civile soucieuses de l’avenir du pays, tous les démocrates, pour empêcher le gouvernement de mener le pays vers le chaos. À la faveur d’une conférence de presse, le principal parti d’opposition estime qu’aujourd’hui, de tout ce qui précède, «le ministre de l’Administration territoriale, qui a brillé par son incompétence et son incapacité à exécuter correctement sa mission, doit démissionner». «Notre parti exige du gouvernement, à ce stade du processus électoral, la tenue de l’ensemble des élections en 2018 suivant un chronogramme clair et précis. La tenue et la réussite des élections de 2018 doivent être une affaire de tous et un impératif auquel nul ne doit se dérober. Nous ne cesserons jamais de rappeler que la réussite des prochaines élections passe forcément par l’amélioration de la transparence et de la crédibilité du processus électoral. À cet effet, la mise en œuvre des mesures suivantes semblent urgentes en amont du processus. Il s’agit de : audit indépendant du fichier électoral et sa mise à jour ; audit de la situation des cartes NINA dans toutes les communes du Mali et leur stockage au Centre de Traitement des Données de l’Etat Civil, avec précision sur la destination des 900.000 cartes NINA évoquées dans le rapport du Vérificateur Général ; audit de la situation des bureaux de vote avec la possibilité de limiter le nombre d’inscrits à 200 électeurs ; supervision effective par la CENI de l’opération de désignation des présidents et assesseurs des bureaux de vote, bon encadrement de la délivrance des procurations. Pendant le vote imposer le décompte préalable des bulletins de vote avec numéros et PV ; simplifier le vote par la possibilité de voter par un autre signe comme stipulé dans la loi électorale, interdire l’expulsion des délégués des partis ou des candidats des bureaux de vote sous aucun prétexte ; placer les délégués des partis politiques ou des candidats près des assesseurs pour qu’ils participent mieux au contrôle du vote et à l’identification des électeurs. Après le vote, faire un contrôle de conformité des numéros des bulletins trouvés dans l’urne avec le décompte préalable effectué avant le démarrage du vote ; élaborer et remettre à chaque délégué une copie du procès-verbal des opérations électorales, portant toutes les mentions figurant sur les PV transmis à l’administration et aux autorités judiciaires, à la place du récépissé ; effectuer un décompte public des bulletins de vote avec la participation des scrutateurs désignés par les partis ou les candidats ; afficher immédiatement le procès-verbal devant le bureau de vote». Par ailleurs, selon des acteurs politiques, il faut impérativement tirer les leçons de la crise institutionnelle et sécuritaire que notre pays a connue, des insuffisances notoires observées lors des dernières opérations de vote et du risque de sérieux conflits postélectoraux susceptibles de compromettre dangereusement le très fragile processus de paix et de stabilisation du pays. Dans les états-majors politiques, le mot d’ordre reste la mobilisation, surtout la vigilance face à un régime aux abois. Zan Diarra Source : aBamako aBamako

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