Mali: des proches d’officiers de l’ex-junte dénoncent la durée de leur détention

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Plusieurs centaines de Maliens ont manifesté vendredi pour dénoncer la détention prolongée d'officiers de l'ex-junte, dont son chef, Amadou Sanogo, poursuivis pour implication dans l'assassinat d'une vingtaine d'autres militaires en 2012, a constaté un correspondant de l'AFP. Le procès de ces 17 officiers, qui s'était ouvert le 30 novembre 2016 devant la cour d'assises de Sikasso (environ 380 km au sud de Bamako), avait été renvoyé le 8 décembre à la première session d'assises de 2017, mais sa reprise se fait toujours attendre. Parti du centre de Bamako, le cortège, comprenant un portrait géant du général Sanogo installé sur sur un véhicule, s'est arrêté à la Primature, où le chef du gouvernement, Abdoulaye Idrissa Maïga, et dix ministres, dont celui de la Justice, Hamidou Younoussa Maïga, ont reçu une délégation des manifestants. Nommé il y a deux semaines, le ministre s'est borné à affirmer qu'il annoncerait bientôt des mesures pour faire avancer le dossier. Dans une déclaration lue devant le Premier ministre, la porte-parole du collectif des épouses des officiers poursuivis a qualifié la détention pendant quatre ans sans jugement de certains d'entre eux de "déni de justice", la détention préventive ne pouvant en principe excéder trois ans. La Cour d'appel de Bamako a rejeté en novembre une nouvelle demande de remise en liberté des 14 prévenus détenus, les trois autres étant sous contrôle judiciaire. Ils sont poursuivis pour "enlèvement et assassinat, complicité d'enlèvement et d'assassinat" de 21 membres d'une unité parachutiste, les "Bérets rouges", dont les corps ont été retrouvés dans un charnier en 2013. "Jugez ou libérez nos époux!", "Non à l'ingérence dans les affaires de la justice!", "Non à l'injustice!", scandaient les manifestants. "Si le pouvoir actuel ne veut pas juger les militaires arrêtés, c'est parce qu'il a peur de révélations fracassantes", a déclaré à la presse Fatoumata Doumbia, parente d'un des prévenus. Opposés au putsch de mars 2012 conduit par Amadou Sanogo, alors obscur capitaine de l'armée, contre le président Amadou Toumani Touré, les "Bérets rouges", avaient vainement tenté un contre-coup d'Etat un mois plus tard avant d'être pourchassés par les putschistes. Le putsch a précipité la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg et les groupes jihadistes liés à Al-Qaïda dans le nord du Mali. Cette vaste région était alors tombée sous la coupe des jihadistes d'abord alliés aux rebelles, qu'ils avaient ensuite évincés. Ces groupes jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013, à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques meurtrières. sd/sst/jpc Source : Africatime Africatime

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