Djénéba Keïta, 2eme adjointe au maire de Montreuil en exclusivité : “Pour la présidentielle de 2018, je prône la stabilité du Mali, avec des hommes et des femmes à la place qu’il faut”

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” Il faut que nous ayons en tête la réalité sécuritaire et sociale du pays” Venue à Bamako dans le cadre du Forum international des investissements au Mali, la 2èmeadjointe au maire de Montreuil, Djénéba Kéïta, nous a accordé un entretien exclusif dans lequel elle a parlé, entre autres, de la situation des Maliens en France, l’élection présidentielle de 2018. En tant que Malienne d’origine, Djénéba Kéïta prône la stabilité au Mali. Aujourd’hui : Madame le Maire, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Djénéba Kéïta : Comme vous le savez, je suis Française d’origine malienne. Je suis aujourd’hui la 2ème adjointe au maire de Montreuil en charge du développement économique, de l’emploi et de la formation professionnelle. Je suis également vice-présidente de la communauté d’agglomération, qui regroupe 9 villes où je m’occupe de l’économie sociale et solidaire. Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ? Mon parcours a été d’abord associatif. J’ai adhéré à la 1ère association de parents d’élèves en France dont j’ai été la présidente à Montreuil et administratrice départementale. C’est ainsi que j’ai rencontré des familles sans papier dont les enfants étaient scolarisés. Nous avons donc décidé de mettre en place le réseau d’éducation sans frontière afin d’aider à la régularisation de ces familles. Je suis une militante pour les droits. Tout ceci m’a amenée à la politique. C’est ainsi que j’ai été candidate aux élections législatives de 2007 où j’ai été élue députée suppléante avec le député de l’époque de la Seine Saint Denis. Parallèlement, en 2010, j’ai été aussi candidate à l’élection régionale où j’ai été élue Conseillère régionale. A la Région, je m’occupais de l’éducation, de la politique de la ville, de la jeunesse et des droits des femmes. Dans ce cadre, j’ai été la présidente du Centre Hubertine Auclert, qui est un organisme associé de la Région Ile de France pour l’égalité Femme-Homme. Aux élections municipales de 2014, j’y ai été, avec Patrice Bessac qui est le maire actuel de Montreuil. Notre liste a été choisie par les montreuillois-ses. Du coup, je suis devenue sa 2ème adjointe en charge du développement économique parce que Montreuil est en train de devenir la ville où il faut être pour les entreprises. En dehors de cela, je m’occupe de l’emploi et surtout l’emploi des jeunes parce qu’il y a beaucoup de jeunes en chômage en France. Pour moi, c’est un défi qui me plait beaucoup car la jeunesse est l’avenir de notre pays. Sans oublier également la formation professionnelle qui est primordiale. Cela veut dire que vous êtes militante d’un parti politique au niveau de la France ? Vous savez, j’ai été repérée tout d’abord par le Parti Communiste. Mais, aujourd’hui je suis une militante politique avec l’étiquette société civile en France avec la conviction que l’humain doit être au cœur de nos politiques publiques. Quelles sont les raisons de votre séjour à Bamako ? Je suis venue à Bamako pour prendre part au premier forum international des investissements au Mali, qui s’est tenu du 7 au 8 décembre. En tant qu’origine malienne, je suis soucieuse de tout ce qui se fait pour le développement du Mali. Je suis toujours partante pour la promotion du Mali et j’estime que c’est un devoir pour moi. Donc, j’étais très heureuse de participer à ce grand rendez-vous qui a regroupé plusieurs investisseurs venant d’une vingtaine de pays. Je pense que ma présence à ce forum rejoint aussi tout ce que je fais dans ma vie politique en France puisque je m’occupe de développement économique au niveau de Montreuil. Ce qui est important, c’est que beaucoup de jeunes de la diaspora sont prêts aujourd’hui à venir investir aussi au Mali. Ils ont tout simplement besoin du soutien à leur projet et de l’accompagnement des autorités. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié cette belle initiative du gouvernement d’organiser ce forum entre les investisseurs, surtout après les événements de 2012, qui ont laissé une très mauvaise image de notre pays. Il fallait donc montrer aux investisseurs que le gouvernement fera son possible pour sécuriser leur investissement au Mali. C’est primordial que les investisseurs tissent un lien direct avec les décideurs publics pour l’avenir du Mali. C’est une première au Mali, donc il faudra monter en puissance au prochain forum. J’ai vraiment apprécié le fait qu’il y avait beaucoup d’investisseurs étrangers et des entrepreneurs de la diaspora et du Mali. Aujourd’hui, il y a une jeunesse émergente qui entreprend en Afrique et dans le monde à l’image de Karim Sy, qui est un jeune entrepreneur franco-malien et notre compatriote Samba Bathily et beaucoup d’autres… Je suis fière de tous ces entrepreneurs et entrepreneuses, qui ne cessent d’honorer l’Afrique à travers des projets pour l’Afrique et le Mali. En réalité, nous avons aujourd’hui une forte génération d’entrepreneurs et d’entrepreneuses en Afrique et au Mali qui n’ont rien à envier au reste du monde. Selon vous, quelles sont les retombées de ce forum ? Ce forum a permis d’avoir des partenariats entre investisseurs étrangers et maliens et de faire le point sur différents sujets économiques. D’après le Ministre de la promotion de l’investissement et du secteur privé Monsieur Konimba Sidibé, beaucoup de conventions de partenariat ont été signées. Donc l’objectif du forum est atteint. Maintenant, les ministres Konimba Sidibé et Boubou Cissé doivent suivre attentivement les différents dossiers. Ce qui permettra à d’autres investisseurs de se mobiliser derrière le Mali. Vous en tant que 2ème adjointe au Maire de Montreuil, est-ce que vous-avez amené des investisseurs dans ce forum ? Oui je suis venue au forum avec mes partenaires. En réalité, moi, je n’ai pas attendu la tenue de ce forum international pour essayer de convaincre les investisseurs à venir au Mali parce que j’aime mon pays d’origine. Je souhaite le développement économique, social et écologique du Mali. Et chaque citoyen ou citoyenne a un rôle à jouer. Je suis convaincue d’une chose, c’est que personne ne viendra construire le Mali à la place des Maliens et des Maliennes. Avec des amis élus en France, nous avons créé une structure pour s’occuper des déchets en Afrique qui est un problème très important au Mali. Il s’agit du trier les déchets et de les recycler en énergies renouvelables, en composte, en tuyau d’irrigation…. Pour ce faire, nous avons un projet depuis plus d’un an à Bamako plus précisément en Commune II. Ce projet qui suit son cours normal est soutenu par le R20 et Egis, le Maire de la Commune 2 et les députés de la circonscription. Selon vous, comment se porte aujourd’hui la diaspora malienne en France ? Je pense que la diaspora malienne se porte très bien, malgré leur préoccupation par la situation du Mali. C’est pour vous dire que la diaspora a à cœur la stabilité du Mali. Beaucoup de Maliens vivant en France souhaitent aussi revenir au pays pour entreprendre. Je pense que le gouvernement doit tout faire pour leur permettre d’investir dans leur pays. Il ne s’agit pas seulement de se limiter à envoyer de l’argent, mais que ça puisse servir au développement économique du Mali. Aujourd’hui il y a de plus en plus de jeunes entrepreneurs de la Diaspora qui sont prêts à venir s’installer au Mali. Nous reconnaissons que le gouvernement, à travers le ministre de l’Intégration Africaine, Abdrahamane Sylla fait un énorme travail dans ce sens et que c’est une préoccupation assumée du Premier Ministre Abdoulaye Idrissa Maïga. Mon combat est qu’il y ait des échanges de bonnes pratiques entre les Maliens du Mali et ceux de la diaspora en France. D’autant plus que nous avons des maliens-nes qui sont très reconnus-es dans différents domaines en France et qui font la fierté du Mali. Il faut donc trouver un moyen pour que ça serve au développement du Mali. Les autorités doivent associer la diaspora aux décisions sur l’avenir du Mali. Combien de Maliens vivent-ils à Montreuil ? La ville de Montreuil est considérée comme la ville des Maliens. Comme on dit en France, quand il y a la grève,” il y a 10 000 Maliens à Montreuil, selon la police et 20 000 selon les syndicats”, bref il y a beaucoup de maliens à Montreuil. C’est donc la plus forte communauté malienne en France. Raison pour laquelle, beaucoup de personnes appellent Montreuil “Bamako sur Seine”. Et les Maliens sont des citoyens-nes à part entière dans cette ville. Il faut reconnaitre aussi qu’il y a une relation très forte entre la ville de Montreuil et le Mali. Je suis convaincue que cela va continuer. Est-ce que vous êtes très souvent sollicitée par vos compatriotes ? Bien sûr ! J’ai un lien fort avec les Maliens vivant à Montreuil. En ce moment, je suis souvent sollicitée par beaucoup de jeunes diplômés qui souhaitent entreprendre au Mali. Je suis souvent associée aux événements du Mali en France. Je remercie la diaspora pour ce lien de confiance et son soutien. Quelles sont donc les difficultés auxquelles vous êtes confrontées ? En fait, ce sont des difficultés comme tous Français. Il s’agit des problèmes de logement, d’emploi, d’éducation, d’écologie, économique. Je pense que c’est comme partout dans le monde. Il y a la crise économique et démocratique en Europe, ceci favorise le repli identitaire et donc la montée des thèses de l’extrême droite en France et en Europe. Raison pour laquelle je milite pour la promotion de la Diaspora qui entreprend, qui participe au développement de la France et du Mali. En tant que Malienne d’origine, comment voyez-vous l’élection présidentielle de 2018 ? En tant qu’élue française je n’ai pas de leçon à donner aux maliens-nes. Après mon regard c’est surtout le regard d’une Malienne qui a l’amour de son pays. Toute personne qui aime le Mali, qui a le Mali à cœur ne peut prôner que la stabilité vue la situation sécuritaire du pays. Tous les maliens doivent s’unir pour l’intégrité du Mali. Comme on le voit en France, quand il y a attentat, toute l’opposition et tout le peuple sont vraiment mobilisés derrière le gouvernement pour montrer que la France ne pliera pas. La division entre les Maliens n’amènera rien de positif, à côté de ça malgré la situation sécuritaire le Mali doit continuer son développement économique, structurel et social. Que pensez-vous du Président IBK ? Le président IBK connait et aime sincèrement son pays. Je le dis sans parti pris et il a un très bon premier ministre, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut dit-on. Avez-vous des relations particulières avec le président IBK ? La relation que j’ai avec le Président de la République, c’est d’abord la relation de la ville de Montreuil et le Mali et plus précisément le cercle de Yélimané, après c’est une relation de la diaspora qui garde toujours à cœur l’amour de son pays d’origine avec son chef de l’Etat. Je connais IBK comme tous les autres Maliens actifs de la Diaspora. Quel message avez-vous pour les Maliens ? C’est d’abord un message de Paix, de Paix et de Paix. Je demande aux Maliens, avec leur permission, d’être unis et d’arrêter de se diviser, de respecter les autorités parce que ce sont nos valeurs, cela n’empêche pas le débat démocratique et dire les choses quand ça ne va pas. Je pense qu’une mauvaise image du Mali est véhiculée à l’extérieur, ce qui ne correspond pas à l’énergie formidable des jeunes et des moins jeunes qu’il y a dans le pays. Les Maliens doivent s’unir pour le développement économique, social, écologique et solidaire du Mali… Réalisé par A.B. HAÏDARA Source : aBamako aBamako

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