« Les responsables maliens donnent le sentiment que la réconciliation ne les concerne pas »

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Alors que la situation sur le terrain se détériore, Bamako ne fait rien pour associer le nord du pays au pouvoir, analyse l’ex-diplomate Bruno Joubert. La situation sécuritaire du Mali continue de se détériorer, malgré l’implication de la communauté internationale. L’action des groupes terroristes radicaux venus du nord s’étend progressivement vers le centre du pays, au sud du fleuve Niger. Les territoires proches de la frontière avec le Burkina Faso sont maintenant en proie à une déstabilisation lente. Et le Burkina lui-même est maintenant contaminé dans sa partie septentrionale, également voisine du Niger. L’influence de ces groupes se réclamant d’une idéologie islamiste radicale se propage au sein de populations nomades ou semi-nomades qui se sentent depuis longtemps ignorées des autorités gouvernementales. Il est vrai que d’une façon générale, les habitants de ces régions souffrent de la déliquescence de l’Etat malien, qui n’assure plus la justice de proximité, dont les forces de sécurité inquiètent plus qu’elles ne rassurent et dont l’administration est déficiente et trop souvent prédatrice. Il est donc aisé pour des groupes armés de tirer parti de cette situation en imposant localement une justice sommaire, en assurant une sécurité des échanges, des biens et des personnes, toutes choses que la majorité des habitants accueillent avec faveur malgré les conditions sévères qu’implique la loi de ces groupes. Les djihadistes mènent par ailleurs une politique d’assassinats ciblés contre les caciques locaux, ce qui achève de détruire l’influence de l’Etat. Le risque d’un enlisement de « Barkhane » Pourtant, depuis 2014, les 12 000 hommes de la Minusma, la mission des Nations unies, sont déployés pour aider à la pacification. Leur efficacité n’est malheureusement pas à la hauteur des attentes. Les troupes subissent désormais des pertes sensibles bien qu’elles soient assez peu engagées et cherchent d’abord à se protéger. De même, l’armée malienne demeure insuffisamment préparée en dépit des soutiens extérieurs et de la formation que lui prodigue notamment l’Union européenne (UE). Elle reste trop largement constituée de soldats qui s’engagent pour s’assurer un emploi et ne sont guère motivés par la perspective de combattre. Enfin, la force régionale mise en place par le G5 Sahel et qui est destinée, à terme, à constituer un barrage efficace est encore très loin de pouvoir répondre à sa mission. Source : aBamako aBamako

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