Le ministre de l’administration territoriale après le report des élections : “Nous voulons des élections transparentes et crédibles sur tout le territoire national et avec tous les acteurs”

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Le 15 décembre 2017, le ministre de l’Administration territoriale, Tiéman Hubert Coulibaly, était face à la presse pour échanger sur les activités de son département du mois d’avril 2017 à ce jour. Les sujets abordés avaient trait au report des élections locales et régionales, la création de nouvelles régions, la situation à la frontière Mali-Guinée Conakry. Face à la presse ce vendredi, le ministre Tiéman Hubert Coulibaly de l’Administration territoriale a assuré que le gouvernement, depuis plusieurs mois, s’efforce de réunir les meilleures conditions pour mettre en œuvre l’accord pour la paix et la réconciliation. “La crise qui a frappé le Mali en 2012 a laissé des traces avec des conséquences profondes sur la structure nationale dans toutes ses composantes. A mon département, nous nous efforçons de maintenir une administration territoriale efficace pour être un outil au service de la mise en œuvre de l’accord pour la paix, la réconciliation nationale, la stabilisation de notre pays et le renforcement du retour de l’autorité de l’Etat”, a-t-il ajouté, avant d’annoncer que son département est concerné par l’organisation des élections. Des élections capitales en vue Au mois de novembre 2016 les élections communales ont été tenues dans toutes les communes du Mali à l’exception de 59 communes qui avaient connu des perturbations et des actes de sabotages. “Dans l’agenda électoral de mon département, il reste à organiser les élections locales pour les conseillers de cercle, les élections régionales pour les conseillers régionaux, les élections présidentielles de 2018 et l’élection des députés à la fin de 2018. C’est un agenda qui est très fourni avec des élections importantes parce que c’est la première fois dans l’histoire du Mali que les conseillers de cercle et les conseillers de région vont être élus au suffrage universel direct. Et cela se passe dans un contexte de mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, une composante essentielle dans la stabilisation du pays parce que la crise a révélé un certain nombre de faiblesses dans notre dispositif institutionnel. Et nous avons estimé que pour renforcer ce dispositif, il fallait donner plus de légitimité aux pouvoirs locaux au niveau cercle et au niveau régional. Le scrutin choisi est celui de l’universel direct pour que ces conseillers régionaux et de cercle soient l’émanation du peuple”, a-t-il précisé. “Le gouvernement convoque le collège électoral et le Mali a une pratique électorale reconnue” Dans l’entendement du ministre Coulibaly, ces élections doivent pouvoir ramener l’unité nationale. C’est dans ce cadre que les élections étaient prévues le 17 décembre 2017. Mais après avoir écouté les parties prenantes à ces élections au sein du cadre de concertation (comprenant le ministre de l’Administration territoriale et les chefs des partis politiques) et les partenaires pour la paix, le gouvernement a décidé de revoir son agenda en reportant la date de ces élections du 17 décembre 2017. “Après ces concertations, le gouvernement a décidé de reporter les élections en vue d’accorder plus de temps à la réalisation de l’objectif d’exclusivité qui doit être un objectif central dans le processus parce qu’il ne faut pas organiser les élections en laissant derrière ou en laissant à côté des composantes importantes du processus de pacification de notre pays”, a-t-il souligné. Il a rappelé que la convocation du collège électoral est une prérogative du gouvernement. “C’est le gouvernement qui convoque le collège électoral. Et en faisant le constat d’insuffisance, le gouvernement, à n’importe quel moment, peut décider de revoir son agenda. Et c’est la décision que le gouvernement a prise pour reporter les élections. Et nous avons estimé que cela était bon pour le Mali qui sait organiser des élections. Le ministère de l’Administration territoriale avant moi sait organiser les élections. Le Mali a une pratique électorale reconnue sur le plan international”, a-t-il affirmé ajoutant que la crise de 2012 a introduit une rupture grave dans le parcours démocratique du Mali. “L’expertise du Mali dans l’organisation des élections est établie. Organiser les élections n’est pas le problème. Mais réussir les élections est une affaire différente. Dans le contexte malien, réussir les élections consiste à ce que l’ensemble des acteurs participe aux élections qui doivent se tenir sur l’ensemble du territoire national. C’est cela que le gouvernement recherche. Il n’y a aucun agenda caché contrairement à ce qu’un groupe politique a dit tout en chargeant le gouvernement. Le report des élections est une décision sage dans l’intérêt du Mali et qui permet d’avoir plus de temps pour mieux organiser les élections sur le plan politique. Sinon sur le plan matériel, nous avons de l’avance sur ce qui devait être fait : la mise à disposition du matériel électoral, la formation du personnel, la mise à disposition des imprimés. Tout cela était en cours”, a-t-il dit. Il a ajouté que la préparation politique des élections est un autre débat. “Notre mission essentielle est de pacifier le pays. Et nous le pacifierons d’autant plus que nous serons capables d’engager un dialogue, de pouvoir écouter chacun des acteurs pour construire un chemin. Il ne faut pas chercher à construire une nouvelle ligne de fracture. Il faut plutôt chercher des pistes capables de mettre ensemble côte à côte pour marcher vers un meilleur avenir. Et c’est cela l’option du gouvernement et nous pensons que c’est l’option la plus sage”, a-t-il indiqué. “Les 9 régions à créer seront opérationnalisées à raison de trois régions par an” Sur la réorganisation administrative du Mali, le ministre Coulibaly rappellera que la loi a créé en 2012 onze nouvelles régions dont Ménaka et Taoudénit qui sont avancées dans le processus d’opérationnalisation. Les 9 autres restent à être opérationnelles. “Cependant légalement, ces 9 régions existent. Il s’agit d’engager un plan dans le domaine légal et parlementaire afin que les textes qui créent les cercles et les arrondissements puissent être rapidement votés à l’Assemblée nationale. Et que le plan opérationnel de lancement de ces régions ; à savoir : la création de tous les services nécessaires, la désignation des personnels pour animer ces régions, puisse se faire. Compte tenu des difficultés du moment, le gouvernement, vu la modicité des moyens mis à disposition, a proposé un plan qui consisterait à opérationnaliser 3 régions par an. Et les discussions sont en cours avec le Collectif qui agit au nom des 9 régions. Et l’ambiance est fraternelle entre le gouvernement et ce collectif. Et le langage de la vérité a été tenu pour ne pas changer les termes de la loi de création des régions. Nous avançons pas à pas avec assurance”, a-t-il laissé entendre. “Il ne saurait y avoir de conflit territorial entre le Mali et la Guinée” Le dernier point abordé à la conférence de presse a été la situation conflictuelle à la frontière Mali-Guinée Conakry. Pour la résolution de ce conflit entre Maliens et Guinéens, le ministre Coulibaly a eu des réunions techniques avec son homologue guinéen, le général Bréhima Condé, avant d’aller présenter leurs condoléances aux familles endeuillées. Les deux ministres ont expliqué aux populations qu’il ne saurait y avoir de conflit territorial entre le Mali et la Guinée. “Car les populations sont responsables du maintien de la quiétude et de l’harmonie sur les zones frontalières. Les Etats font les lois, les Etats organisent mais il est nécessaire que les populations se rendent responsables de l’harmonie qui doit régner dans les zones frontalières”, a-t-il espéré. Les décisions prises consistent à accélérer le processus de démarcation, de délimitation des frontières. “La frontière permet d’administrer et d’organiser. Elle ne sépare pas les deux pays parce que les Guinéens sont chez eux au Mali tout comme les Maliens sont chez eux en Guinée. Mais la frontière permet d’avoir une meilleure gestion de cet espace afin que la coopération transfrontalière soit dynamique, que la gestion administrative soit efficace et que les deux Etats puissent travailler à construire un espace de développement à nos frontières. Car cette zone de conflit est très riche en minerais, donc objet de grande convoitise. La délimitation des frontières est en cours pour aboutir à un traité frontalier”, a-t-il révélé. Le Mali compte à ce jour 7600 km de frontière dont 2600 sont délimitées et bornées comme celles avec l’Algérie, le Burkina Faso et le Sénégal. Sur les 5000 km restants, le travail de bornage est en train d’être fait avec la Mauritanie. “Le Mali a besoin de stabiliser ses frontières pour la sécurité de notre territoire et la sécurité des territoires voisins pour une meilleure administration des espaces”. Bientôt un fichier d’état-civil modernisé, fiable, numérisé A propos de l’état-civil, le ministre a avoué que l’Etat est engagé sur ce chantier, un énorme travail commencé depuis 2009 avec le Ravec et qui se poursuivit avec la création de la carte Nina. “Le gouvernement a fait beaucoup d’efforts. Mais les événements de 2012 ne nous ont pas aidés. Malgré cela, le processus continue et va être renforcé. Une stratégie nationale d’état-civil va bientôt être adoptée. L’objectif étant de doter le Mali d’un fichier d’état-civil modernisé, fiable, totalement numérisé permettant d’avoir une base électronique pour gérer les autres aspects de la vie. C’est sur ces chantiers que le ministère de l’Administration territoriale est engagé”, a-t-il révélé. Siaka Doumbia Source : aBamako aBamako

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