Les coups de la vie : ‘’Qui sème le vent, récolte la tempête…’’

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Il y a six ans de cela, quatre de mes amis ont vécu une situation assez dramatique. Ce sont : Mahamadou alias Madess, Collins, Paul que nous appelons affectueusement Paolo et Franc. Nous avions presque tous entre 18 et 20 ans. C’était la belle vie, l’insouciance totale. Collins et Paul étaient étudiants et Mahamadou, Franc et moi étions en terminale. Le fait que nous soyons en classe d’examen ne nous empêchait pas de nous amuser. Presque tous les weekends, nous étions dans les bars ou dans les boites de nuit. Le plus souvent, c’était Collins et Franc qui dépensaient pendant ces soirées. Ils avaient des parents très aisés qui ne leur refusaient rien. On nous voyait partout. C’était nous qui faisions « bouger » le quartier. On draguait toutes les filles. On se lançait même des défis pour celui qui sortirait avec telle ou telle fille. La vie était belle et nos parents bien que mécontents n’arrivaient pas à nous maitriser. J’avoue d’ailleurs que draguer les filles avait plus d’importance pour nous que les études. Chacun de nous avait sa copine titulaire. Cela ne nous empêchait pas de draguer ailleurs. Parmi les filles du quartier, il y en avait une qui résistait à nous tous. Elle s’appelait Rose. Elle vivait avec ses parents à l’autre bout du quartier. C’était une très belle fille. Nous avons tous parié sur elle, mais aucun n’a pu la convaincre de sortir avec lui. Elle n’arrêtait pas de dire qu’elle avait son fiancé en France et qu’elle tenait à lui rester fidèle. Finalement, nous nous sommes fait une raison. Nous avons renoncé à elle, puis à l’approche de l’anniversaire de Madess, nous avons projeté de faire un show. Un grand show dans un maquis que nous avons loué. La fête s’annonçait grandiose. Seulement la veille, une crise de paludisme m’a cloué au lit. J’ai pris plusieurs cachets de sorte à être opérationnel le lendemain. Car c’était moi l’organisateur. Tôt le matin, je me suis mis à grelotter. Je tremblais comme une feuille morte. Ma température atteignait les 40. Mes parents m’ont conduit à l’hôpital. Je fus donc contraint au repos forcé. Mes amis ont du aller à la fête sans moi. Toute la nuit, je pensais à eux. J’imaginais leur ambiance. Je savais déjà que j’allais subir les commentaires de cette fameuse soirée. Le lendemain, dès 7 heures, mes quatre amis sont passés me voir. Ils puaient de l’alcool. Ils m’ont raconté leur soirée d’anniversaire en détail et Collins a ajouté ceci : « Après le show, de retour au quartier, aux environs de trois heures du matin, nous avions vu Rose qui est descendue d’une voiture. Nous l’avons donc interpellée dans le couloir qui menait à sa maison. L’alcool nous a beaucoup aidés. Nous avons réussi à l’immobiliser et finalement nous l’avons violé… ». Surpris, j’ai crié : « Quoi ? Vous avez osé le faire sans moi ? Mais les gars, vous êtes mauvais ». J’ai donc exigé qu’ils me donnent tous les détails. Ils m’ont dit qu’elle les a suppliés en pleurant mais qu’ils n’ont pas fait attention à ses supplications. Il faut dire que j’étais heureux de leur acte, même s’il était odieux. Cependant, j’étais très malheureux de ne pas pu y participer. Je craignais par contre qu’elle informe ses parents. Là dessus, les amis m’ont fait savoir qu’elle n’oserait pas. Elle ne supporterait pas que tout le monde apprenne ce qui c’était passé. Rose était très discrète et nous savions qu’elle accepterait de mourir avec ce secret plutôt que d’en parler. Par contre, après qu’ils l’aient violée, Rose avait proféré des menaces. Toute en larmes, elle tapait le sol en disant : « vous n’emporterez pas cet affront au paradis. J’invoquerai, jusqu’à la fin de ma vie, Dieu afin que vous mouriez tous, les uns après les autres. Je vous jure que je vous maudirai à chaque prière. Et s’il existe un Dieu sur cette terre, vous payerez tous de votre vie pour m’avoir souillée ». Lorsque mes amis m’ont raconté les menaces qu’elle avait proférées, nous en avons rigolé. Effectivement, Rose n’a pas osé en parler. Cela est resté notre secret. C’est à peine qu’on la voyait dans le quartier. Lorsqu’elle nous voyait, elle changeait de chemin. Cela nous amusait d’avoir pris le dessus sur elle. On se disait « son malin est fini maintenant ». Puis Rose et sa famille ont quitté le quartier pour une destination inconnue. La vie a continué son cours normal. Quelques mois après le fameux viol, Collins est tombé très malade. Il n’arrivait pas à manger et il maigrissait à vue d’œil. Il avait de fortes douleurs au bas ventre. Ses examens ne révélaient rien puis, il est mort. Après lui, ce fut le tour de Paolo. Mêmes symptômes. Manque d’appétits, amaigrissements, douleurs au bas ventre et il est mort aussi. Mais jusque là, nous n’avions pas pensé à la malédiction de Rose. Ensuite, ce fut le tour de Madess. Lorsque la maladie l’a cloué au lit, j’ai rappelé aux autres que c’était peut être le viol de Rose qui provoquait ces malheurs. Franc et moi avons donc entamé des recherches afin de la retrouver. Avant même qu’on ne la retrouve, Madess est mort. Franc avait très peur. Il était le seul survivant parmi ceux qui ont participé au viol. Nos parents étaient inquiets. Comment des amis aussi liés pouvaient mourir les uns après les autres sans raison ? La raison, nous la connaissons. Mais nous n’avions pas le courage de la raconter. Nous avons réussi à localiser Rose. Elle a été très surprise de nous voir. J’étais avec Franc. Il était tellement surpris de la voir qu’il s’est mis à genoux devant elle pour implorer son pardon. Elle semblait ne pas comprendre. J’ai donc expliqué à Rose tous les malheurs qui nous avaient frappés depuis ce viol. Elle nous a dit qu’elle a été très blessée après ce viol. Mais les paroles qu’elle avait proférées étaient des paroles en l’air. Des paroles qu’elle avait prononcées sous l’effet de la colère. Elle a avoué avoir pleuré pour réclamer justice et elle avait fait ses incantations là ou elle avait été violée et ce, pendant toute la nuit. Mais elle ne s’attendait pas à ce que quelqu’un meure. Apparemment, elle semblait sincère et très triste pour la mort de nos trois amis. Néanmoins, elle nous a rassurés qu’elle nous pardonnait. C’est vrai que je n’avais pas participé à ce viol, mais je me sentais hautement concerné et très affecté par ce qui était arrivé. J’ai donc supplié Rose de me laisser Franc car il ne restait plus que lui. Elle m’a juré qu’elle n’avait aucun pouvoir mystique. Un mois après cette visite, Franc est tombé malade. Il présentait les mêmes symptômes que les autres. Malgré mes tentatives auprès de Rose qui n’arrêtait pas de me dire qu’elle n’avait rien à avoir avec cela. Franc est mort. Je suis donc le seul du groupe à être de ce monde. Après cette histoire, il faut dire que je me réjouis aujourd’hui de n’avoir pas participé à ce viol. Mes amis sont morts et cela m’a servi de leçon. Pour tous ceux qui auront l’opportunité de lire cette histoire, sachez qu’il n’a pas de fumée sans cause. Chaque chose a une explication et le mal se paye toujours cache. Désespérée, Rose s’est confiée à Dieu. Dieu a exhaussé ses vœux mêmes si elle les avait oubliés avec le temps. Qui sème le vent, récolte la tempête. Alors, évitons de faire du mal aux autres pour ne pas subir la colère de la nature. Je vis toujours ma vie, tout en évitant de porter atteinte aux autres. Pour réagir ou envoyer votre histoire, une seule adresse : journalleconfident@gmail.com Source : Le Flambeau Source : aBamako aBamako

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