Moussa Mara, ancien Premier ministre du Mali: «Il faut saluer la clairvoyance et le pragmatisme de SM Mohammed VI»

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Vous êtes aujourd’hui au Maroc pour participer au 10ème Anniversaire du Groupe Al Omrane. Quel regard sur le Maroc? Je viens très régulièrement au Maroc, une fois tous les deux mois, presque depuis trois ans. Votre pays est devenu un carrefour de grands événements. Il a des relations très approfondies avec nombre de pays du monde. SM le Roi Mohammed VI est venu deux fois au Mali. Qu’est-ce que vous retenez du Royaume? C’est un pays en plein mouvement, qui bouge, qui est aussi très tourné vers le Sud, entièrement et sincèrement, car il y a les discours et il y a les actes. Et la politique africaine du Maroc? Nous avons été témoins, ces dernières années, de beaucoup d’illustrations concrètes de la volonté du Maroc de travailler avec le continent africain, la dernière étant de travailler avec la CEDEAO. En quelle qualité vous trouvez-vous aujourd’hui au Maroc? J’y suis en tant que frère et c’est en tant que frère que j’y suis reçu. Je suis toujours heureux de venir communiquer avec mes frères sur les questions d’urbanisme et de décentralisation (je suis ex-ministre de l’Urbanisme, avant d’être Premier ministre). Quel bilan des relations Maroc-Mali? Je dirais que nous pourrions faire nettement mieux. Et si, comme vous dites, on ne fait pas mieux? Alors là, je dirais, sans crainte d’être contredit, que ce n’est pas de la responsabilité du Maroc. Nous avons besoin, je pense, de poser les actes importants au Mali, par rapport aux questions politiques de nos relations et aux questions religieuses, également. Quelle coopération à ce niveau? Nous avons une centaine d’imams qui ont été formés au Maroc, d’autres sont en cours de formation. Une grande clinique a vu le jour à Bamako à l’initiative du Maroc, offerte par SM le Roi Mohammed VI à l’occasion d’une de ses visites. Il y a aussi des relations économiques très profondes: Maroc Télécom est présent au Mali, les banques marocaines, aussi bien la BMCE qu’Attijariwafa bank, sont présentes et très bien installées. Deux des trois plus grandes banques du Mali sont des filiales de banques marocaines. Il y a aussi une coopération dans l’agro-alimentaire. J’estime que cette coopération entre les deux pays frères peut être plus approfondie. Quels domaines privilégiez-vous, par exemple? Les questions de défense et le sécuritaire, parce qu’il y a des axes où nous pouvons collaborer avec le Maroc. Ce qui nécessite… … Que la partie malienne soit des plus dynamiques, consente un peu plus d’efforts et peut-être inscrive le Mali, je pense, concernant les questions sahariennes, dans la ligne de la neutralité. Et le retour du Maroc à l’Unité Africaine? Un retour très bien accueilli. Je dirais même que nous l’attendions depuis longtemps. Là aussi, il faut saluer la clairvoyance et le pragmatisme de la diplomatie marocaine. Une diplomatie qui est: «nous allons y aller, tout en sachant que les conditions ne sont pas parfaites. Mais nous allons y aller et travailler diplomatiquement dans les arcanes de l’Union Africaine, pour que cette question qui paralyse le Maghreb et l’Union Africaine soit résolue de l’intérieur, là aussi». Il faut saluer le pragmatisme de la diplomatie marocaine et SM le Roi pour sa clairvoyance. Quel avenir alors? Je crois que l’avenir s’annonce tout à fait positif, envisagé dans le cadre d’un Maroc pleinement au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Je le souhaite, y crois et suis convaincu que ça se fera. Interview réalisée par Mohammed Nafaa Source : aBamako aBamako

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