Retour d’ATT au pays : La fierté d’un Malien

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Dans la fraîcheur de mon salon à Paris, je suis l’actualité d’un dimanche spécial au Mali qui fera date dans les annales de l’histoire de notre pays. J’en ai rêvé et gardé la conviction que c’est un rêve que les circonstances peuvent repousser mais qui, inexorablement, se réalisera tôt ou tard. Le retour d’ATT sur ses terres maliennes était un rêve réaliste que j’ai porté depuis ce triste jour où dans l’indifférence d’une horde soldatesque, le président ATT quittait le Mali à bord de l’avion de commandement du Sénégal. J’en ai rêvé comme tous les Maliens que celui qui a œuvré de toutes ses forces pour la démocratie malienne et qu’un accident de parcours a fait partir du pays, puisse y retourner apporter du sien à ce même pays qu’il a aimé et qu’il aime. J’en ai rêvé et nourri jour après jour ce rêve du retour au bercail d’ATT pour apporter son trait d’aguille au tissu de réconciliation que les maliens sont en train de coudre. Le processus commencé en 2013 avance avec des hauts et des bas et aboutira à coup sûr à un Mali plus fort. Toutefois, ce processus ne pourra se targuer d’être inclusif sans la participation effective de celui avec qui tout a commencé. Qu’on aime ATT ou qu’on ne l’aime pas, force est de reconnaître qu’il dispose d’une des clés de la réconciliation. Si son retour pourrait contribuer à apaiser le pays, pourquoi devrons-nous nous en priver ? Aucun calcul ne saurait expliquer sa mise à l’écart pour longtemps, car son histoire personnelle et politique se confond avec le roman national. Dans l’acte de ce retour, il ne saurait être fait abstraction de la grandeur encore une fois du président IBK montrant ainsi que le Mali reste sa seule cause. Tout sera dit ou a été déjà dit en fonction de la fertilité des esprits ! Mais à certains moments de l’Histoire, il est bienséant de mettre de côté l’égo réducteur pour faire éclore l’intérêt général. Je n’ai pas été un soutien de première heure d’ATT tout comme je ne l’ai jamais combattu même je consens que par moments j’ai déploré les faiblesses de sa gouvernance. Mais je m’incline devant l’amour trop prononcé de ce fils de Soudou-Baba pour le Mali. Je l’ai toujours observé comme un symbole, d’où ma lettre ouverte à lui en juin 2008 pour le dissuader de prêter le flanc aux thuriféraires d’un 3e mandat. Il reste pour moi le symbole de mars 1991 et le demeure aeternam ad vitam. Parti en catimini comme il le dit lui-même, il revient ovationné par tout un peuple de l’aéroport à Sébénikoro. Ce n’est pas la preuve d’une amnésie pour ne pas tomber dans le camp de la vengeance, mais d’une grandeur dont le peuple malien est capable. Quand les Maliens se parlent, ils sont capables des miracles. Ce rêve devenu réalité se bonifie de la réalisation d’un autre rêve lui-même lié à la personne d’ATT : la Biennale artistique et culturelle. Elle ouvre ses portes le même jour où ATT retourne au pays et donne la preuve de la résistance des Maliens aux “sortilèges” des temps modernes. C’est tout fier que j’ai suivi ces images si belles de cette communion très forte des Maliens autour de l’essentiel. Je tire ma fierté de voir l’avion du Mali transporter ATT dans le sens inverse qu’il a pris il y a 5 ans et au bas de la passerelle, tout ce que le Mali a compté de hauts dignitaires ces dernières années sans considération partisane. Je tire ma fierté de ce mouvement populaire des Maliens qui accueillent l’ancien président et sa famille actant un fait de réconciliation des cœurs. Ma fierté, je la tire de cette embrassade appuyée entre IBK et son jeune frère et prédécesseur montrant à voir au monde entier que Maliens, on est capables de se retrouver sans interférence. Je tire ma fierté de cette table à manger d’un Mali d’avant et d’un Mali d’après qui comme un pont relie le Mali au Mali. Je tire ma fierté de la fierté des Maliens d’être témoins de ce jour tout court. Je suis enfin fier de dire merci IBK pour ce geste de grandeur et avec toi, toutes ces bonnes volontés qui ont œuvré dans l’ombre pour que ce jour soit ! Moussa M. Cissé Diplomate, écrivain Source : aBamako aBamako

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