Ibrahim Dionkoloni Coulibaly : “Mon combat pour l’environnement, c’est pour toute la vie”

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Après 20 ans au “service de l’environnement” à la Radio et télévision du Mali, Ibrahim Dionkoloni Coulibaly a fait valoir ses droits à la retraite le 1er janvier 2018. Pour lui, le combat pour l’environnement ne s’arrêtera pas là. “C’est pour toute la vie parce que c’est pour la vie”, déclare depuis son bureau de la radio “La Voix de l’environnement”, qu’il a créée pour demeurer au service de l’environnement. De son vrai nom Ibrahim Coulibaly, Dionkoloni est né le 9 novembre 1958 à Mopti. Frère cadet d’Issa Dionkoloni Coulibaly, grand animateur à la radio nationale du Mali en son temps avec surtout l’émission “Sahel Vert”, Ibrahima a un penchant fou pour le micro dès son bas âge. Histoire de suivre les traces de son aîné, qui est une fierté pour leur village, Dionkoloni, dans le cercle de Nara à sept kilomètres de la frontière mauritanienne. Ibrahim Dionkoloni va commencer à exercer sa passion après le 26 mars 1991 (date de l’avènement de la démocratie au Mali) à la Radio Kayira du député et président du parti Sadi, Dr. Oumar Mariko. C’est vers 1996 qu’il a rejoint la radio nationale. Après quatre ans de bénévolat, Il restera recruté en 2000. Pendant ces 20 ans à la radio nationale, à la Chaîne II et à la télévision nationale, Ibrahim Dionkoloni, n’a fait que parler d’environnement. Pour l’animateur, la protection de l’environnement est culturelle chez les Bambaras. “Enfant déjà on te dit de ne pas tuer le margouillat pendant l’hivernage. Parce qu’on sait que pendant cette période les margouillats pondent les œufs. C’est pour la protection de l’espèce qu’on dissuade les enfants à s’en passer pendant ce temps. On leur dit quand tu tues un margouillat et que tu trouves de l’herbe dans sa bouche ou son ventre, tu meurs avant la fin de l’année. C’est pareil pour certains arbres et d’autres animaux”, explique-t-il. Outre les émissions dédiées uniquement à l’environnement à la radio et à la télé, Dionkoloni ne rate jamais l’occasion pour promouvoir notre cadre de vie. Même dans ses émissions de divertissement comme “Musique couramment”, “Poyi kan poyi” (poésie) pour le monde rural, il sensibilise les Maliens à sauvegarder les forêts, les fleuves (le Sénégal et le Niger qui traversent le Mali), les animaux sauvages ; à planter des arbres et surtout renoncer à l’utilisation des sachets plastiques. “Le Mali est plus vulnérable aux changements climatiques” “L’environnement c’est nous-mêmes. Sans un cadre de vie sain, on n’aura jamais la paix. On n’existera plus. J’espère que les Maliens ont compris le message. Beaucoup sont conscients aujourd’hui effets des changements climatiques visibles”, souligne-t-il. Pour l’animateur, le Mali est l’un des pays les plus touchés par les effets des changements climatiques. “Les productions agricoles et aquatiques ont terriblement baissé. Aujourd’hui, plus de quatre millions de Maliens sont menacés par famine selon l’Ocha. Cela est dû la mauvaise pluviométrie de la campagne qui s’achève. Et c’est les conséquences des changements climatiques”, témoigne l’animateur. “Trump se trompe” Comme tout environnementaliste digne de ce nom, l’animateur malien déteste le président des Etats-Unis, Donald Trump, qui a décidé de retirer la première puissance de l’Accord de Paris sur le climat. “Trump est aujourd’hui l’ennemi numéro un de l’environnement, mais pas seulement. C’est un danger pour l’humanité tout entière parce qu’on ne peut pas dissocier l’humanité de l’environnement. Il se trompe, car son pays est aussi vulnérable aux effets des changements climatiques. Je pense aux incendies ravageurs, aux ouragans et d’autres catastrophes naturelles qui frappent régulièrement l’Amérique. Il fait semblant d’ignorer les causes de tout cela. Je souhaiterais qu’on nomme le prochain ouragan Trump”, plaide-t-il souriant. “Heureusement, les USA ne se limitent pas uniquement au pouvoir central climato-sceptique. Les grandes fondations et ONG américaines vont contribuer à la réalisation de l’Accord de Paris, indispensable pour l’avenir du monde”, poursuit Ibrahim Coulibaly. Une radio pour poursuivre le combat Pour continuer son combat pour l’environnement, l’homme à la retraite de la fonction publique depuis quatre jours a retrouvé sa radio privée : “La Voix de l’environnement”, captée depuis bientôt quatre ans à Bamako et environs. “Le combat de l’environnement est un combat pour toute la vie parce que c’est pour la vie. Donc pas question de se reposer après le service de l’Etat. La Voix de l’environnement ne parle et ne parlera que d’environnement”, assure Ibrahim Dionkoloni Coulibaly. Il se fixe déjà comme combat l’application de la loi interdisant la commercialisation des sachets plastiques au Mali et surtout la casse du barrage de Sélingué situé à une centaine de kilomètres de Bamako sur le Niger. Selon l’animateur, ce barrage hydro-électrique est dangereux pour le fleuve. “L’Allemand qui a construit le barrage s’est pendu le jour de l’inauguration de l’ouvrage. Avant son suicide, il a exprimé son regret d’avoir contribué à la disparition du fleuve Niger. Je me battrai pour qu’on enlève ce barrage”, annonce-t-il. Et d’avouer que le barrage est la cause de la disparation d’une soixantaine d’espèces aquatiques dans le fleuve Niger. Ibrahim Dionkoloni Coulibaly est le président de l’Association des journalistes et communicateurs environnementaux du Mali et le vice-président de l’Association des journalistes et communicateurs environnementaux d’Afrique. Maliki Diallo Source : aBamako aBamako

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