Moussa Mara, Dramane Dembele et Moussa Sinko Coulibaly : Ces trois jeunes incarnent-ils l’alternance générationnelle ?

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Qu’on les aime ou pas, ces trois jeunes leaders politiques sont, pour le moment, les plus audacieux de toute leur génération. De parcours et d’idéologies différents, ils ambitionnent tous de briguer la magistrature suprême en 2018 et pensent être des alternatives crédibles pour un nouveau Mali. Le dénominateur commun à ces trois jeunes est leur participation à la gestion du pays sous IBK. Incarnent-ils réellement le changement tant souhaité ? Que disposent-ils comme armes pour convaincre les électeurs ? La bataille électorale de 2018 semble déjà lancée et tous les potentiels candidats sont sur le terrain. Le Président de la République, IBK, est en précampagne pour sa réélection depuis le jour de son investiture. Le chef de file de l’Opposition, Soumaila Cissé, est aux aguets depuis le jour où il est allé féliciter IBK pour sa victoire, pour noter toutes les erreurs et autres manquements à la loi. En plus du chef de file, d’autres ténors de l’Opposition comme Modibo Sidibé, Tiébilé Dramé, Oumar Mariko, Amadou Thiam, n’ont jamais raté d’occasion pour critiquer le bilan d’IBK et dénoncer la mal-gouvernance. A côté de ces classiques combattants politiques, une nouvelle opposition « jeune » est en train de voir le jour. Elle n’est ni de la Majorité, ni de l’Opposition, et elle se bat pour une nouvelle alternative à la politique de la vieille garde qui a pignon sur rue depuis plus de vingt ans. Les ténors de cette nouvelle opposition ne sont autres que ceux qui ont été, à un moment donné, au cœur de la gestion chaotique du régime actuel, à savoir Moussa Mara, Dramane Dembélé et Moussa Sinko Coulibaly. Incarnent-ils réellement le changement ? La réponse est sans détours, non. Et pour cause, Moussa Mara a été le Premier ministre sous lequel Kidal est tombée entre les mains de la CMA. Jusqu’à ce jour, la région n’est pas revenue dans le giron de l’Etat malien. C’est encore sous Mara que le Mali a été suspendu par les institutions financières, à savoir le FMI et la Banque Mondiale, à cause de la surfacturation, tant dans l’achat de l’avion présidentiel que dans celui des équipements militaires. Mara qui devrait rendre le tablier après cette suspension pour ne pas être complice d’une situation qu’il a hérité, a par sa soif du pouvoir, préféré rester pour défendre IBK. Quel changement pourrait-il donc prôner et apporter ? Quant à Dramane Dembélé, promu à un bel avenir après avoir porté le brassard du capitaine des Abeilles en 2013 et s’être classé 3ème dans une compétition à plus de 22 postulants, il a fini par donner raison à ses détracteurs qui avaient affirmé, qu’il n’était pas à la hauteur. Dra, affectueusement appelé ainsi par ses camarades, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, a géré ce département comme une entreprise familiale. Débarqué du gouvernement pour insuffisance des résultats, il n’a eu d’autre réponse à son limogeage que de s’opposer à IBK. Il a lancé son livre et son mouvement, tout en restant militant de l’ADEMA. A-t-il un autre tour dans son sac pour faire mieux que son ex-patron IBK ? Peu probable, surtout après son passage chaotique au Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. Comme pour réduire drastiquement toutes les chances d’IBK pour un second mandat, un autre de ses proches, qui fut l’un des principaux artisans de son élection en 2013, a préféré démissionner de l’armée pour, dit-il, changer l’équipe actuelle. Moussa Sinko Coulibaly, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a lui aussi lancé son Mouvement, la « Plateforme pour le changement ». Il pense comme les deux autres jeunes leaders qu’il faut une autre alternative à la politique actuelle. Pour avoir pris une part active dans la gestion du régime d’IBK et partageant de facto le bilan, les trois leaders sus-cités ne semblent disposer d’aucune arme magique pour charmer l’électorat jeune. Ils n’ont pas d’appareils politiques fiables et représentatifs pour porter leurs messages respectifs, et n’ont pas convaincu la frange la plus nombreuse qui est la jeunesse. Pour toutes ces raisons, ils n’incarnent pas le changement tant attendu par les Maliens et qu’ils continuent de prôner. Youssouf Sissoko Source : aBamako aBamako

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