La vérité sur les gendarmes déserteurs de Ngoumakoura

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36 gendarmes en poste dans la localité de NGoumakoura, région de Mopti, ont déserté leurs postes, le mardi 16 janvier, pour regagner Bamako. Informées de cette désertion, les autorités ont dépêché une unité de l’armée pour récupérer leurs armes à l’entrée de Bamako, plus précisément à Baguinéda. Les raisons d’une désertion Selon nos informations, les gendarmes, tous des membres d’une force d’élite appelée « FAR GENT », avaient été envoyés à NGoumakoura pour sécuriser un site devant servir de camp aux soldats de la force conjointe du G5 Sahel. Ils accomplissent leur mission avec brio, sécurisent le site et font même revenir l’administration malienne dans des localités voisines. Ils devaient être relevés par d’autres militaires maliens au bout de 3 mois. Mais ce délai a expiré sans que la relève n’arrive. Or, au même moment, les gendarmes devaient participer à un examen pour obtenir le Certificat inter-armes (CIA), un diplôme nécessaire pour monter en grade. Ayant souligné à la hiérarchie qu’ils risquaient de rater le concours s’ils restaient à Ngoumakoura, ils se sont fait répondre par leurs chefs: « Restez à Ngoumakoura et vous serez dispensés du concours tout en obtenant le CIA ». Les gendarmes acceptent donc de prolonger leur séjour à NGoumakoura. Les choses se gâtent lorsque la liste des candidats admis au CIA paraît. Aucun des 36 gendarmes en poste à NGoumakoura ne figure sur la liste ! Pis, les 36 gendarmes apprennent que s’ils n’ont pas été relevés à temps, c’est que les militaires désignés à cette fin ont refusé de se rendre à NGoumakoura, secteur très dangereux occupé par les terroristes d’Amadou Kouffa. C’est ainsi que les 36 gendarmes décident d’abandonner Ngoumakoura de leur propre chef et de se rendre à Bamako. Désarmés ? L’un d’eux nous explique, qu’il n’a jamais été question pour eux de se mutiner contre l’autorité; il affirme aussi que lui et ses camarades n’ont jamais été désarmés de force comme on le raconte ces derniers jours: « Nous sommes des soldats d’élite que nul ne peut désarmer de force sans faire trembler Bamako. En fait, nous nous rendions à Bamako pour rendre nos armes en toute responsabilité et sans violence. A Banguinéda, nous avons été précédés par des militaires auxquels il nous a été demandé de remettre nos armes. Ce que nous avons fait sans hésiter ». Notre interlocuteur nous confie, par ailleurs, que Ngoumakoura aurait dû être sécurisé par les soldats maliens et non par des gendarmes. Il reconnaît que lui et ses camarades ont déserté au sens juridique du mot mais qu’aujourd’hui, contrairement à ce qui se raconte en ville, aucun d’eux ne se trouve en état d’arrestation: « On a tous été redéployés dans les différentes garnisons jusqu’à nouvel ordre ». Abdoulaye Guindo
Source : Africatime Africatime

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