Création d’une industrie culturelle au Mali : Un combat pour arracher les artistes du gouffre de la souffrance

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Malgré que le Mali est un pays de culture par excellence et regorgeant de plusieurs artistes talentueux qui peuvent via leurs talents contribuer positivement au développement du pays, c’est la croix et la bannière pour nombres d’artistes maliens afin de joindre les deux bouts à cause de l’amateurisme qui frappe le secteur. La création d’une véritable industrie culturelle à l’image de certains pays d’Afrique semble être la clé de voute pour permettre aux artistes maliens de vivre de leurs arts. Cette brûlante question était le plat de résistance de la causerie débat animé par l’ancien ministre de la culture et cinéaste Cheick Oumar Sissoko et plusieurs acteurs culturels maliens lors de la 7e édition du Festival Africain d’Images Virtuelles Artistiques (FAIVAA) le samedi 20 Janvier 2018 au Centre Soleil d’Afrique.

Si certains artistes maliens sont parvenus à braver les multiples péripéties et les tracasseries pour émerger, nombreux sont ceux qui errent dans la boue du torrent de l’amateurisme et le bout du tunnel semble très loin pour ceux-ci. Seule la création d’une industrie culturelle sera une aubaine afin de permettre à ces derniers de vivre décemment du fruit de leur immense talent. Pourtant il n’y a pas un manque de talents au Mali, surtout avec la création du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasseké Kouyaté niché au flanc de la colline du point G et qui est entrain de produire telle une usine des artistes talentueux. La Causerie débat à l’occasion de la 7è édition du FAIVA a été un plateau pour les acteurs culturels, les artistes et tous ceux qui aspirent au développement du secteur de dégager des pistes de solution afin de poser les solides jalons d’une véritable industrie culturelle au Mali incontournable pour la survie des artistes et de la création artistique. Selon l’ancien ministre de la culture du Mali Cheick Oumar Sissoko, la définition des industries culturelles est, de plus en plus, soumise aux profonds changements des techniques de production, de reproduction, de distribution et de consommation des produits culturels. Elle peut cependant être formalisée comme « l’ensemble en constante évolution des activités de production et d’échanges culturels soumises aux règles de la marchandisation, où les techniques de production industrielle sont plus ou moins développées, mais où le travail s’organise de plus en plus sur le mode capitaliste d’une double séparation entre le producteur et son produit, entre les tâches de création et d’exécution. « La culture est un secteur qui peut rapporter au Mali ce qu’aucun autre secteur n’apporte, c’est une mine d’or capable de boucher les troues des autres secteurs. Mais à cause d’amateurisme, le secteur souffre et les acteurs cultures tentent de survivre », déplore-t-il. Cheick Oumar Sissoko a rappelé la batterie de mesures prises lorsqu’il occupait le fauteuil du ministère de la culture du Mali mais qui sont restés lettres mortes après son séjour gouvernemental. « Le Nigeria produit plus de 100 films par an grâce au numérique et tire du chômage plusieurs jeunes. Avant il fallait 16 semaines pour monter un film, mais aujourd’hui on le fait en quelques semaines grâce aux outils technologiques. Le Mali peut et doit s’appuyer sur ces avantages pour se hisser au niveau de ces pays qui n’ont pas plus de talents que nous », dit-il. Le Directeur du Centre Soleil d’Afrique Hama Goro, le professeur Mamadou Habib Ballo du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté ont tous soutenu la thèse de l’ancien ministre tout en invitant le gouvernement à accorder plus de budget au secteur de la culture qui peut être source d’espoir pour les artistes qui souffrent et pour tout le Mali avec la création d’une véritable industrie culturelle. Moussa Samba Diallo

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Source : Maliweb Maliweb

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