Echéances électorales de 2018 : Annonces et diatribes dans le flou d’un paysage politique plus que jamais troublé.

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Depuis le report des élections régionales et locales de 2017, on assiste à un défilé folkloro-médiatique presque quotidien des diplomates venant des pays donateurs qui insistent sur l’organisation des prochains scrutins. Et la pression se sent dans les discours du président IBK qui en fait une antienne. Dans la foulée, les candidats continuent à se montrer et dans un système de copie conforme, on entend les mêmes mots comme thermes d’introduction, à savoir, « le changement » et l’inventaire catastrophique de la gestion du pays par le pouvoir en place. La dernière présentation en date d’intention de candidature, qui est celle de Moussa Sinko Coulibaly s’est passée de façon fracassante le weekend dernier. Cet ex général, non moins ancien ministre de l’Administration et ancien chef de cabinet d’Amadou Aya Sanogo, a créé un mouvement politique dénommé Plateforme pour le Changement. D’ailleurs tous les derniers mouvements du genre ont pris l’étiquette du « changement » ou de « l’alternance ». Rappelons de passage qu’IBK aussi a pu atteindre Koulouba par les mêmes discours. Comme les autres candidats proclamés, Moussa Sinko Coulibaly se dit porteur d’un projet sur la paix, le développement et la sécurité pour sortir des difficultés liée à la mauvaise gestion du pays. La couleur des campagnes à venir est déjà connue. Le président IBK qui a gouverné jusqu’ici dans le tâtonnement avec la plaie de la crise politique sans pansement, la mise en œuvre de l’accord en sourdine, la situation sécuritaire dégradée de façon généralisée, le secteur de l’éducation qui continue à s’assombrir, la précarité qui prend l’ascenseur ; bref pendant quatre ans, l’homme de Sébénikoro s’est laissé trimbaler dans des choses inutiles en laissant de côté l’essentiel. Ce qui fait le chou gras des nouveaux candidats qui donnent le ton dès maintenant. Quant aux habitués de la joute, ils observent pour l’instant et préparent les réponses appropriées aussi bien contre le président sortant que les arrivants. Déjà certains commencent à donner un avant-goût sur Moussa Sinko Coulibaly en étalant son passé récent. Et cela parce que depuis le samedi dernier, des analystes cherchent à faire un parallèle entre son cas et celui de Macron. D’autres font référence à l’ancien président ATT. Sur ce dernier cas, les dinosaures politiques ne souhaitent plus jamais qu’un épisode similaire se reproduise. On sait comment ATT a pu mettre en mal le paysage politique durant ses neuf ans de gestion. Donc les maliens doivent s’attendre à des combats politiques rudes émaillés d’invectives et de dénigrements. En tout cas pour les scrutins de 2018, tous les éléments sont là pour présager ces agissements. Ce qui n’est pas surprenant dans la mesure où notre démocratie qui a été un prêt à porter livré à la hâte n’a jamais eu le temps de s’améliorer. Sinon la solution pour l’intérêt de tous les maliens n’est ni les appels au « changement » qui sont lâchés sans sincérité par les nouveaux candidats, ni les opérations de séduction de la majorité avec les moyens publics. La seule solution est de mettre à plat notre système politique qui est fondé sur la seule quête du pouvoir et la mise à l’écart des aspirations et préoccupations du peuple. Cela nécessite une volonté patriotique et sincère de tous les acteurs du côté de la majorité que de l’opposition. Autrement dit, le seul changement nécessaire est celui de la mentalité de ceux-là même qui nous en parlent dans leur quête aveugle du pouvoir. Issa Santara Source : aBamako aBamako

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