Histoire… : … d’un caporal

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Caporal de l’armée de terre, Madou Fané est domicilié à Kalabancoro. Marié et père de 9 enfants, “mon caporal” n’a pas eu de chance avec sa progéniture. Et pour cause, tous sont des chômeurs, à l’exception d’un seul qui arrive d’ailleurs, difficilement à joindre les deux bouts en exerçant le métier de tailleur ambulant. C’est, grâce donc à ses maigres pensions que le vieil homme arrive tant bien que mal à subvenir aux besoins de sa famille. Comble de misères, rien ne va en plus entre lui et sa vieille épouse, excédée par la gestion infernale d’une vie familiale, pourtant ordinaire au Mali. Comme le dit l’adage, quand la pirogue est sur le point de chavirer, autant y mettre de l’eau, afin d’en finir pour de bon. Caporal Fané décide ainsi, malgré la situation, de prendre une deuxième épouse pour, au moins avoir avant le grand départ une petite source de consolation. Il consulta alors un marabout, avant de mettre son projet à exécution. Celui-ci approuva la décision de “mon caporal”, mais lui proposa d’abord, d’autres services : lui multiplier sa maigre pension. Le vieux qui croyait avoir ainsi fini avec les problèmes financiers remit sa pension de 78.000 Fcfa qu’il venait de toucher à son marabout. Nous sommes le 30 décembre 2017. Il était de 19 heures. Pour les cérémonies de multiplication de sous, notre charlatan, demanda et obtint du vieux retraité une chambre qu’il inspecta, avant de s’y enfermer. A la porte, mon Caporal resta assis… patiemment, toute la nuit. Au petit matin, tout fébrile, fatigué et affaibli, il interpella son marabout. Celui-ci restait, curieusement… sourd. Notre retraité, aidé de ses fils, enfonça alors la porte. Stupéfaction ! Le marabout s’est “volatilisé”. Regardant la fenêtre ouverte de la chambre, mon Caporal et ses enfants ont vite compris que les “djinns” avaient emporté le marabout par là. Mr Fané piqua une petite crise, mais reprit vite ses esprits et entreprît de rechercher son escroc. Une enquête qui aboutira, très vite. Le marabout de mon Caporal, en location dans une petite chambre à Djelibougou avait plié bagage. Un précieux renseignement tout de même : c’est un escroc serait un fidèle participant aux cérémonies de funérailles. Le vieux caporal passait ainsi ses journées à rôder autour du cimetière favori (Djelibougou) de son “type”. La patience est payante. Le 02 Janvier dernier, Mr Fané était aux aguets, lorsqu’il vît son escroc en première ligne dans un cortège funéraire. L’ancien Caporal suivit sans alors son voleur qui dirigeait la fatiha (non pas contre les auteurs du nouveau code des personnes et de la famille) autour de la tombe du défunt. A présent, les fidèles revenaient sur leurs pas vers la sortie. C’est alors que mon caporal, furieux, se jeta sur son homme. Panique générale. Les accompagnants du mort ont mis leurs jambes au cou, avant de s’arrêter plus loin et de comprendre ce qui se passait. Il ne s’agit point d’un mort ressuscité qui bastonnait un marabout, mais bien d’un Caporal à la retraite abusé qui “marchait au pas” sur un voleur. La solution a vite été trouvée : notre marabout qui avait sur lui une liasse de billets de banque a tout simplement expliqué aux curieux que, ce qui venait de se passer était “un bon signe pour le mort”. Et, il lui revenait selon ses propos, de remettre la somme de 100.000 Fcfa au “malheureux fou qui a tenté par désespoir de l’agresser”. Tenaillé par la soif de son argent volé, “mon Caporal” n’a placé, ni un mot, après avoir recouvré son argent, du reste “un peu”… multiplié. Leçon : on ne détourne pas les sous d’un Caporal… Même à la retraite. Boubacar Sankaré Source : aBamako aBamako

1 commentaire

  1. Monsieur le journaliste tu vas nous » jha  » de rire ,belle leçon à appliquer pour un cas similaire seulement sa demande beaucoup de passience !!!

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