Randgold Ressources : Les promesses d’une année de records

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Le complexe minier de Loulo-Gounkoto est sur le point d’atteindre un nouveau record de production La vocation minière de notre pays n’est plus à démontrer. La preuve: depuis deux décennies notre pays garde jalousement sa troisième place de producteur d’or en Afrique, après l’Afrique du Sud et le Ghana, avec une production moyenne annuelle de plus de 50 tonnes. Le paysage minier est riche d’une dizaine de mines d’envergure internationale comme Randgold Resources, AngloGold Ashanti ou Resolute Limited. D’autres entreprises de taille moyenne sont en phase de développement ou de gestation. Mais Randgold Resources qui boxe depuis des lustres dans la catégorie des poids lourds exploite, dans notre pays, trois sites miniers : Morila, Loulo et Gounkoto. Si Morila est sur le point de fermer, Loulo et Gounkoto connaissent des perceptives heureuses. Ces mines se présentent, désormais, comme les plus grands sites miniers de notre pays et figurent même dans le top 10 des sites miniers, les plus performants dans le monde. L’entreprise minière tient à ces sites comme à la prunelle de ses yeux. Dans ces lieux d’exploitation minière, les indicateurs sont scrutés et minutieusement analysés, jour après jour, semaine après semaine, trimestre après trimestre voire semestre après semestre. Ainsi, pour le deuxième semestre 2017, les indicateurs clés de l’entreprise minière sont probants. La production trimestrielle d’or du complexe Loulo-Gounkoto est aujourd’hui estimée à 172 350 onces, soit 112 578 oz (once) pour Loulo et 59 773 oz pour Gounkoto. Ce résultat est en deçà du record trimestriel précédent de 194 091 onces, soit un taux de 11% et pourtant jugé très bon par les premiers responsables de l’entreprise minière. Selon les experts, cette situation s’explique par la faible teneur en minerais mais en conformité avec le plan d’exploitation. La production d’or pour les 9 premiers mois de 2017 se situe donc à 552 807 oz, soit 10% de plus que la période correspondante de l’année passée. Alors que les couts directs de production s’élèvent à 525 dollars par oz, soit 12% de moins par rapport à la même période en 2017. Il faut noter que cette augmentation de la production et la chute de la totalité des coûts directs de production par once résultent, surtout de l’augmentation de la teneur moyenne des minerais extraits et la baisse des coûts de l’exploitation minière. Une telle performance place, aujourd’hui, Randgold parmi les entreprises minières les plus performantes du monde avec un flux de trésorerie de 572,8 millions de dollars, soit près de 320 milliards de Fcfa. Ce qui représente une hausse de 9% par rapport au semestre dernier et après le versement des dividendes annuels de 94 millions de dollars, soit plus de 52 milliards de Fcfa. C’est donc particulièrement enthousiaste que le directeur exécutif de Randgold Resources, Mark Bristow, accompagné de son staff, a rencontré la presse, jeudi dernier à l’hôtel de l’Amitié, pour partager les performances de son entreprise, confortées par l’embellie du cours actuel de l’or. Dans un exposé très édifiant, Mark Bristow a souligné que les opérations de sa société au Mali se portent bien et devraient dépasser les objectifs de production fixés pour 2017. Selon lui, cette situation se justifie surtout par la rentabilité soutenue du complexe Loulo-Morila qui continue de créer de la valeur. « Depuis 2010, nos mines représentent, à elles seules, entre 6% à 9% du PIB annuel du Mali. Ainsi, depuis leur mise en exploitation, leur contribution directe à l’économie du pays, sous forme d’impôts, salaires et sommes versées aux fournisseurs locaux, s’élève respectivement à 2 milliards de dollars » a-t-il précisé. Par ailleurs, le conférencier a expliqué que des Maliens siègent au « hit-management » du complexe aurifère. Mark Bristow déclarera aussi que l’investissement continu de la société dans notre pays avait montré la voie à suivre et que le développement actuel de nouvelles mines augmenterait la contribution, déjà considérable, de l’industrie minière à l’économie du pays. Pour le directeur général des opérations en Afrique de l’Ouest de Randgold Resources, Chiaka Berthé, le complexe aurifère de Loulo-Gounkoto est dans une logique d’amélioration. Selon lui, ce complexe était bien positionné dans l’exécution de son plan d’affaires de 10 ans qui vise une production de plus de 600 000 onces par an. Il a aussi annoncé que le ministère des Mines et du Pétrole avait approuvé le développement d’une super fosse à la mine à ciel ouvert de Gounkoto. La convention minière existante est en cours de révision pour prendre en compte ce nouvel investissement. Ce qui aura un impact réel dans le développement de cette mine. Le directeur régional du groupe pour l’Afrique de l’Ouest, Mahamadou Samaké, a également souligné l’importance de maintenir un environnement fiscal et réglementaire capable d’attirer l’investissement et le réinvestissement dans le secteur minier. « Il est donc impératif que l’examen actuel du code minier soit entrepris en tenant compte de cet objectif et que tout changement proposé soit fait en fonction de l’attractivité relative du code par rapport aux pays voisins qui sont en concurrence pour les mêmes dollars dédiés à l’exploration et à l’investissement » a souligné le responsable Samaké. un code minier qui favorise les investissements. La question des incessantes révisions du code minier et pétrolier a été remise sur le tapis. Mark Bristow indiquera que le Mali était, à bien des égards, un modèle en matière de code minier comparativement aux autres pays africains et les multiples révisions de son code minier ne réduisent pas sa capacité à attirer les investissements par rapport aux autres pays miniers de la sous-région. Mais il insistera sur le fait que ces changements devraient impliquer toutes les parties prenantes et en particulier l’industrie minière qui est plus engagée à faire des investissements que tout autre secteur de l’économie. Une menace qui plane sur Randgold reste l’installation anarchique des orpailleurs traditionnels voire semi-industriels sur ses titres. A ce propos, les responsables de l’entreprise minière dénombrent, plus d’une dizaine de sites d’orpaillage de Loulo à Gounkoto, d’où l’appel du patron de Randgold aux autorités. Il faut rappeler que le complexe minier Loulo-Gounkoto est l’objet d’un permis d’exploitation d’or qui couvre une superficie de 354 km2. Il est situé au sud du pays, à la frontière avec le Sénégal délimitée par le fleuve Falémé. La société Randgold Resources est propriétaire du permis à 80% et l’Etat malien à 20%. Doussou DJIRE Source : aBamako aBamako

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