Rapport de l’Afrobaromètre : 9 personnes sur 10 ont été victimes des impacts et séquelles de la crise et conflit du Nord au Mali

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L'Afrobaromètre a procédé à la présentation des résultats de ses enquêtes faites en 2017 sur l'impact et séquelles de la crise et du conflit du nord au Mali. C'était lors d'un atelier de dissimulation tenu, le mercredi 31 janvier 2018, à l'hôtel Olympe, en présence du Pr Massa Coulibaly, Directeur exécutif de GREAT ; François Koné et Boubacar Sogodogo tous membre de GREAT. C’était en présence de plusieurs personnalités. En février 2017, il a été mené sur le terrain une enquête Afrobaromètre au titre du round 7 pour traquer les perceptions populaires des maliens sur ''La qualité de la démocratie et de la gouvernance au Mali''. L'enquête a touché au total 1200 individus âgés de 18 ans et plus dans les régions du Mali ainsi que dans le district de Bamako, dont 50% de femmes. Le présent rapport traite des perceptions pondérées proportionnellement à leurs tailles respectives dans l'échantillon des 1200 répondants. A ce stade que l'enquête de l'Afrobaromètre nous traitons dans l'ensemble les impacts et séquelles de la crise et conflit du Nord au Mali, notamment sur la manière dont les ménages ont été affectés globalement et en termes d'abandon de maison, de perte d'emploi ou de changement d'occupation, d'effets psychologiques ou encore de prise en charge de personnes déplacées internes; sur l'intégrité territoriale et les séquelles de la crise et d'un conflit sous l'angle des impacts le pays dans son ensemble et de l’évaluation de l'utilité des forces armées quant au recouvrement de l'intégrité et enfin sous l'angle des perceptions du rôle et de la performance des forces armées maliennes (FAMA). Au résumé, au moins 2 personnes sur 5 ont migré du Nord vers le sud et au-delà ; plus de la moitié des ménages du Nord a vu ses affaires détruites ou fermées ; plus de deux tiers des ménages de Tombouctou et Kidal ont connu des intimidations et menaces; deux ménages sur cinq ont pris en charge des IDP (Personnes déplacées internes) à Gao contre un sur 10 ailleurs en moyenne; trois séquelles sont particulièrement redoutées par les maliens: perte d'une partie du territoire (38%), plus de conflit interethniques (25%) et perte de l'unité nationale (20%); plus de 9 maliens sur 10 jugent très utiles les FAMA pour le recouvrement de l'intégrité territoriale et de l'unité nationale et enfin pour 2 tiers des maliens, les FAMA ne reçoivent pas toujours la formation et le matériel nécessaires pour être plus efficaces. Le Nord a migré vers le sud et au-delà, il est à révéler que les résultats clés de ce point est que 1 malien sur 20 a été réfugié et 2 sur 20 IDP. A Gao et Tombouctou, ces chiffres sont de 6/20 respectivement 8/20 et à Kidal, ce sont 2/20 et 10/20 respectivement. Ce qui résulte que le déplacement soit interne ou externe, au Mali, les hommes et les femmes l'ont subi presque au même degré. Le Nord a connu plus d'exactions, le rapport nous édifie qu'un malien sur huit a vu ses affaires détruites ou fermées, et ainsi qu'un malien sur sept a perdu son emploi ou changé d'occupation. Il est à comprendre selon le rapport que les trois régions du Nord en ont plus été affectées que les autres. Au titre d'exemple à Kidal près de neuf personnes sur 10 ont été victimes de ces impacts. En outre, il est à préciser que les hommes ont plus souffert de ces impacts que les femmes. Concernant l'impacts psychologiques au Nord, retenons que la crise a eu un impact psychologique sur un malien sur quatre, soit 22% sous formes d'intimidations ou menaces et 15% témoins de blessures ou de tueries, et à Kidal, ce sont 3 sur 4 qui sont victimes d'intimidations ou menaces et 100% témoins de blessures et tueries. En ce qui concerne les IDP, deux ménages sur cinq ont pris des IDP en charge à Gao contre un sur 10 ailleurs nous notons à ce stade que 1 malien sur 10 déclare avoir pris en charge un déplacé de la crise, Gao 4/10 et Tombouctou 2/10. De surcroît, les IDP, majoritairement hommes, vont prioritairement en milieu urbain et dans les ménages avec davantage de niveau d'éducation. Le rapport nous éclaire que beaucoup de maliens redoutent que le pays ne soit amputé d'une partie de son territoire. Il est cependant à dire que les maliens redoutent particulièrement la perte d'une partie du territoire (38%), la résurgence de conflits interethniques (22%), la perte de l'unité nationale (20%) et la perte de l'indépendance du pays (15%). En plus des trois régions du Nord, la région de Kayes est majoritairement d'avis que le Mali sera amputé d'une partie de son territoire. « Contrairement à Kidal et Gao où les gens pensent majoritairement que le Mali perdra son unité nationale, à Tombouctou plus de quatre personnes sur cinq pensent que le Mali gardera son unité nationale », a-t-il dit. Sur la question des FAMA, les maliens sont presque unanimes à penser que les FAMA sont utiles pour aider le Mali à recouvrer son intégralité territoriale avec plus de neuf personnes sur 10. Et en outre, majoritairement, les maliens pensent que la Minusma, Barkane, et les mouvements d'autodéfense peuvent être aussi utiles. Parlant de cela ainsi, il est à faire savoir que d'aucuns maliens pensent que les FAMA ne reçoivent pas toujours la formation et le matériel nécessaires pour être plus efficaces. C'est pourquoi, 3 maliens sur 5 pensent que les FAMA protègent le Mali de menaces sécuritaires internes et externes et, aussi près de 7 maliens sur 10 jugent que les FAMA travaillent avec beaucoup de professionnalisme et de respect des droits de tous les citoyens. Selon le Pr. Massa Coulibaly, Directeur exécutif de GREAT, les perceptions sont nettement différenciées selon les régions aussi bien s'agissant des impacts de la crise que de ses séquelles. A l'en croire, dans la perspective de sortie de crise, il y a lieu de prendre en compte les particularités régionales pour plus d'unité nationale, de paix et de sécurité dans le pays. Et de conclure qu'il est utile de s'unir autour des FAMA pour plus d'efficacité et de sacrifice de leur part. Par ailleurs, il est à savoir que l'Afrobaromètre est une série comparative des enquêtes nationales qui mesure les attitudes publiques envers la démocratie, la gouvernance, l'économie, le leadership, l'identité ainsi que d'autres questions y afférents. Il est un réseau indépendant de chercheurs africains lancé en 1999-2001 dans 12 pays, étendu à 36 pays dans le round 6 (2014/2015 et le round 7 (2016/2018) est en cours. Il a comme objectif de donner au public une voix dans les processus de prise de décision politique en fournissant des données de haute qualité aux décideurs, aux organisations de la société civile, aux académiciens, aux médias, aux bailleurs et investisseurs, ainsi qu'aux Africains ordinaires. En sus, dans chaque pays, il y a un partenaire national responsable de la mise en œuvre de l'enquête. Au Mali, le partenaire national est GREAT (Groupe de recherche en économie appliquée et théorique). S.B.TRAORE Source : aBamako aBamako

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