Silence du gouvernement sur la convocation du collège électoral: S’achemine-t-on vers le report des régionales et locales d’Avril 2018 ?

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Après avoir été annoncée publiquement et solennellement par les plus hautes autorités du pays, les élections régionales d’avril 2018 semblent aujourd’hui peu probables, vu l’état d’impréparation. Elle l’est d’autant plus que les acteurs politiques, Majorité et l’Opposition confondues, semblent plutôt se tourner vers la présidentielle de juillet. Les causes qui ont fait reporter les régionales ne risquent-elles pas d’affecter la présidentielle ? Au Mali, on ne peut jurer de rien à moins de six mois de la fin du mandat du Président Ibrahim Boubacar Keita, tant l’incertitude est grande et l’Etat peine toujours à jouer son rôle régalien. On pensait, avec la nomination d’un homme politique expérimenté comme Soumeylou Boubèye Maiga en tant que Premier ministre, que le gouvernement allait affronter l’essentiel, la bonne organisation des scrutins déjà programmés. Mais à analyser de près, il y a lieu de s’inquiéter, car il n’y a aucune lisibilité et aucune visibilité. Si les régionales sont maintenues, le collège électoral devra être convoqué avant la fin du mois de février, pour annoncer la date d’ouverture et de fermeture de la campagne et celle de la tenue du scrutin, ne serait-ce que pour respecter le délai légal. Certains diront que nous sommes encore dans le temps, mais, ce faisant, ils oublient de signaler que le dispositif électoral n’est pas encore en place et surtout que le consensus autour du fichier électoral, objet de beaucoup de polémiques, n’est pas bâti. Face au silence assourdissant du gouvernement Soumeylou Boubèye Maiga, et surtout du mutisme de toute la classe politique, le spectre du report des régionales et des locales semble planer désormais. Il revient alors au gouvernement de convoquer sans délai les acteurs de la classe politique malienne et tous les partenaires impliqués dans l’organisation des élections pour une discussion franche. Puis, décider ensemble du report de ces élections régionales et locales, afin de ne pas trop disperser les efforts et faire face à la présidentielle. En tout cas, le temps ne semble pas être le meilleur allié du gouvernement. Enfin, pour éviter à notre pays d’autres crises aux conséquences incalculables, le gouvernement, pour ne pas être pris au dépourvu, doit faire vite pour réunir les conditions d’une bonne organisation de la présidentielle. Car, la tenue du scrutin présidentiel est une condition sine qua non pour la paix et la stabilité au Mali. Youssouf Sissoko Source : aBamako aBamako

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