Yaya Sangare, député et membre du CE du Pasj : “L’Adéma doit se positionner dans une alliance forte de partis politiques”

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Réputé pour être une véritable machine électorale, l’Adéma/PASJ reste un enjeu majeur pour l’élection présidentielle de 2018. Le réalisme politique exige des leaders du parti de privilégier l’intérêt supérieur général en optant pour un vaste rassemblement au-delà d’une seule formation politique. Un rassemblement politique et électoral qui garantirait un avenir radieux pour les abeilles et qui aura pour effet de ressouder ses rangs, partagées entre doute et certitude quant à un choix définitif. L’Adéma/PASJ ne saurait se contenter de participer à l’élection présidentielle pour le plaisir de participer. Par contre, il se doit de se positionner pour sauver les meubles : en négociant âprement ses conditions dans une alliance politique forte conformément aux résolutions pertinentes de la retraire du comité exécutif. Cela, dans une vaste coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile partageant les mêmes valeurs. Il est évident qu’aucune formation politique ne saurait gagner à elle seule, l’élection présidentielle annoncée. A cet effet, qu’ont fait tous ces agitateurs pour rassembler autour du parti le maximum d’acteurs engagés dans la vie politique. Depuis son dernier congrès, à part quelques actions timides sur la scène politique pour convenir sur un paquet minimum autour du Mali, le parti n’est parvenu à convaincre aucune formation politique à s’associer à ses démarches politiques. Ce qui démontre que cet activisme tous azimuts de certains cadres du parti ne vise qu’un seul but : “Ote-toi de là que je m’y mette”. Chacun veut être considéré et tant pis pour le confort du parti, car il a toujours servi de tremplin pour des promotions personnelles. Ils ont tous été récompensés par le pouvoir actuel, pour services rendus, selon la juste appréciation du prince. Certains s’en sont même glorifiés publiquement. “Le RPM n’aurait pas fait le quart du travail qu’ils ont abattu pour l’élection d’IBK en 2013”, alors que le parti avait son propre candidat désigné démocratiquement. D’autres ont été membres du gouvernement, de cabinet ministériel (souvent avec des ministres RPM bon teint) sans l’aval de la direction nationale du parti, encore des militants auxquels ils s’identifient aujourd’hui. Pour mémoire, Messieurs Ousmane Sy (secrétaire politique à l’époque), Moustapha Dicko (4e vice-président), Barthelemy Togo (membre de la section de Koro), Dramane Dembélé (2e vice-président) ont tous été ministres sans que le parti n’en soit consulté. Idem aujourd’hui pour le président du parti, le 1er vice-président, le secrétaire politique et celui en charge des industries qui y sont. Il y a lieu de s’interroger sur la loyauté et la morale des hommes politiques d’aujourd’hui. Je suis farouchement opposé au principe même des primaires dans le parti, étant convaincu que ce processus périlleux à plus d’un égard conduirait notre parti à sa perte. Pour rester fidèle aux résolutions pertinentes de la retraite du comité exécutif suite aux recommandations de la 15e conférence nationale du parti, nous nous devons de dessiner le profil du candidat consensuel et rassembleur au sein ou en dehors du parti avec un projet de société et de gouvernement minimum à partager avec l’ensemble de la classe politique, prioritairement avec la majorité avec qui nous partageons le bilan du quinquennat finissant. Toute autre démarche est irréfléchie, irresponsable, à la limite suicidaire pour le parti. Les errements et les mauvais choix de l’Adéma participent à l’affaiblissement global du camp présidentiel, à l’émiettement de la majorité, in fine à l’instabilité généralisée du pays. Aucune excitation, aucune frustration, aucune passion ne doit pousser l’Adéma/PASJ à la faute fatale. Le cours de la vie politique dans notre parti me conduit à penser que les abeilles ne parviennent pas toujours à convenablement s’instruire de leur passé, même le plus récent afin de porter la vue au loin. Le passé est négligé au point même de tomber dans l’exil de l’oubli. Nous ressemblons à des voyageurs qui, ayant pris le train, s’endorment pour ne se réveiller qu’au moment de la collision. Soyons assez alertes pour éviter la collision fatale. Il nous faut nous rappeler que les raisons de nous unir autour de l’essentiel et du vrai doivent toujours être plus fortes que celles de nous diviser, de nous compter et de nous séparer. Nous devons nous rappeler que les fondations de la maison “Adéma/PASJ” sont déjà là, posées par ses premiers bâtisseurs et qu’il convient de s’oublier un tant soit peu pour parvenir à les consolider de façon plus forte, plus dynamique. La dissonance et le bruissement actuels dans la ruche affectent son unité d’action En effet, le vœu secret des fondateurs de l’Adéma/PASJ, en créant ce parti politique, n’a-t-il pas toujours été de ramener la diversité à l’unité, de rassembler ce qui est épars, d’inviter le maximum d’adhérents à la compréhension mutuelle ? Ceux d’entre nous qui se reconnaissent en l’idéal qu’ils ont toujours poursuivi devraient, en bonne logique, se soucier de se hâter de conduire l’Adéma/PASJ à l’effectivité d’un véritable parti politique qui soit la pierre angulaire de la politique malienne, cet espace de dialogue politique, de la médiation politique où les idées salvatrices germent dans le silence avant que de s’offrir à la lumière du jour. Les idées sorties du laboratoire Adéma/PASJ doivent servir au confort du Mali et non d’un individu, à panser les plaies quelle que soit l’origine, à recoudre le tissu social, à rassurer les Maliens. La dissonance et le bruissement actuels des choses dans la ruche procèdent du fait que tous ou presque ont perdu le sens de la repartie, de l’écoute active, que tous s’acharnent sur la forme au détriment du contenu de la réalité concrète d’un parti politique, comme si chacun craignait de perdre quelque chose en allant à la vue conciliante, à un pôle rassemblant. L’expérience révèle que nous perdons davantage de temps en vivant dans la crainte d’une tâche à accomplir qu’en l’accomplissant tout simplement. Au fond, ce qui manque, dans la ruche, ne serait-il pas ce rien de l’humilité qui n’est pas humiliation, de discernement qui n’est pas empressement, mais plénitude ? L’Adéma/PASJ, s’il veut survivre durablement en tant que parti politique, doit accomplir sa vocation en s’ordonnant à un appel venant de plus loin que ses militants qui l’invitent à se soucier de l’intérêt général, du visage du citoyen lambda malien. On pourra me rétorquer que chaque camp a une argumentation solide pour se défendre. Dans le cas d’espèces, la vérité a souvent plusieurs facettes. Il peut y avoir une part de vérité dans ce que chaque camp défend. Parfois, ceux, qui sont opposés à l’argumentation contraire, peuvent voir cette vérité, et parfois non, parce qu’il peut, aussi, y avoir différentes perspectives sur lesquelles ils ne peuvent pas être d’accord. Plutôt que de discuter vainement comme les aveugles dans l’histoire de l’éléphant, les responsables de l’Adéma/PASJ doivent garder à l’esprit, dans certains débats, que « Peut- être que chacun a une raison d’avoir raison. De cette façon, ils se perdront rarement en argumentations laborieuses pour se convaincre, alors qu’ils poursuivre, pour la plupart de bonne foi, le même but. Que Dieu bénisse l’Adema-PASJ inspire ses responsables et assiste ses militants et sympathisants. Hl. Yaya Sangaré Député à l’Assemblée nationale Groupe parlementaire Adéma/PASJ Source : aBamako aBamako

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