Église catholique du Mali et son état civil : 36,7 millions de FCFA pour réhabiliter et numériser les documents de l’Archidiocèse de Bamako

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La paroisse Sacré Cœur de la Cathédrale de Bamako a abrité le mardi 27 février 2018 la cérémonie d’inauguration du projet QIP de réhabilitation et de modernisation de l’Etat-civil de l’Archidiocèse de Bamako. Le projet est financé par l’église catholique et la MINISMA à travers la Division des Affaires Civiles à hauteur de 36 millions 700 mille francs CFA. Marquant ainsi, la fin du projet d’archivage physique et de numérique des faits d’état civil de l’Archidiocèse de Bamako. C’était sous la présidence du ministre des Affaires religieuses et du culte (MARC), M. Thierno Amadou Oumar Hass Diallo. On notait la présence du représentant spécial adjoint de la MINUSMA, M. Davidse Koen, du Vicaire général, l’Abbé Jean Marie Traoré, de Mme le Maire de la CIII du District de Bamako, Mme Djiré Mariam Diallo et du Curé de la Paroisse Sacré-Cœur de Bamako, l’Abbé Timothée Diallo. Dans son mot de bienvenue, l’Abbé Timothée Diallo a remercié le Gouvernement malien pour son action d’avoir inscrit la Cathédrale de Bamako au patrimoine national et la MINUSMA pour son soutien financier à la réalisation de ce projet à hauteur de 29 millions FCFA contre près de 8 millions FCFA de part contributive de l’Eglise. Pour lui, l’événement du jour puise ses origines dans le Conseil des ministres du 10 octobre 2012, qui a pris un décret classant la Cathédrale de Bamako comme patrimoine national. Et d’ajouter qu’avec ce statut, il doit conserver ses données. Il a témoigné par exemple qu’un fidèle est venu un jour chercher un certificat de baptême et a suggéré de numériser les données, vu les dégâts causés par les intempéries. Et d’ajouter qu’avec les saccages des lieux de culte et d’autres monuments au nord du pays avec l’arrivée des «djihadistes», il était devenu urgent de passer à la numérisation des archives. «Depuis l’arrivée du christianisme au Mali en 1888, l’église a pu tenir et conserver les registres d’état-civil jusqu’à nos jours, avec quelques difficultés». Et de plaider que ce projet d’archivage numérique s’étende aux cinq autres diocèses, après celui de Bamako. Faut-il le rappeler, 22 paroisses sont déjà enregistrées avec 100 dossiers sur 33 556 déjà archivés, soit 30 699 pour les dossiers de baptême et 2 263 pour les pièces de mariages. Pour lui, cet acte a ouvert la voie aux mesures de sécurisation des archives de la Cathédrale à travers justement le projet d’archivage physique et de numérique des faits d’état civil de l’Archidiocèse de Bamako, permettant de dater avec exactitude naissances, baptêmes, confirmations, mariages et décès». En effet, les archives remontent à la fin des années 1800 et peuvent être exploités physiquement ou par voie numérique informatisée suivant une solution de gestion de bases de données dont la démonstration a été faite. Le classement de ces archives témoigne de la laïcité de l’entreprise et permet en même temps de protéger celles-ci contre les agressions extérieures, a conclu l’Abbé Timothée Diallo. «Quitter le monde «archaïque» de gestion des données pour entrer dans l’ère du monde numérique» «Aujourd’hui, notre Diocèse vient de quitter le monde « archaïque » de gestion des données pour entrer dans l’ère du monde numérique, plus précis, plus rapide et plus crédible», a dépeint pour sa part, l’Abbé Jean Marie Traoré, représentant l’Archevêque de Bamako, le Cardinal Jean Zerbo. Car, en plusieurs endroits, a expliqué l’Abbé Traoré, le système de classement et les méthodes d’archivage des documents produits n’étaient pas au point. Le Représentant de la mission Onusienne, M. Davidse, dira que la MINUSMA, à travers sa division Affaires civiles, apporte un appui technique, financier et logistique aux organisations de la société civile y compris les structures religieuses pour promouvoir son agenda de paix, de développement et de réconciliation. Car, dit-il, «il est inconcevable de réaliser la paix et réconciliation sans l’implication active de la société civile qui en constitue le fondement et la finalité». Pour lui, cet appui se décline à travers une meilleure compréhension du mandat de la mission à travers plusieurs activités. Il s’agit du renforcement des capacités des acteurs de la société civile, du financement des projets communautaires, de la prise en compte de la société civile dans tout le processus politique en cours au Mali ainsi que son implication dans le renforcement de la gouvernance locale. A travers ce projet, dira-t-il, la MINUSMA en collaboration avec l’église catholique du Mali, apporte son concours pour garantir l’intégrité de l’Etat-civil constitué et conservé depuis de longues années dans les paroisses de Bamako. Il n’a pas manqué de rappeler que «les archives constituent le miroir de notre culture, la mémoire de notre passé et le reflet de notre avenir. Et qu’à ce titre la MINUSMA a répondu favorablement à la quête de l’église catholique afin d’améliorer la conservation des archives portant sur les faits d’Etat-civil, notamment les actes de naissance, décès et mariages». De son côté, le ministre des Affaires religieuses et du Culte, Thierno Amadou Oumar Hass Diallo, s’est félicité de ce système d’archivage des documents d’Etat-civil pour l’Archidiocèse de Bamako. Il trouve que c’est un moyen de conserver la mémoire de l’administration. Il a exhorté les municipalités à s’inspirer de ce projet afin de fiabiliser le principe de la continuité de l’Administration et des services publics. A retenir enfin que ce projet a été réalisé grâce à l’implication active de l’Eglise, la MINUSMA, le ministère des Affaires religieuses et du Culte, la Direction Nationale des Archives du Mali, le Bureau d’études, de Conseils, de Traitement en Archives et en Documentation (BECOTAD). Il a duré 6 mois et a consisté en la reconstitution des faits d’Etat Civil de la circonscription ecclésiastique de Bamako par l’appui au classement, et l’archivage physique et la numérisation. L’objectif était de contribuer à la sauvegarde des fonds d’archives de onze paroisses et de l’archidiocèse de Bamako à travers la mise en place d’un système de classement et d’archivage physique et électronique. Le cout total du projet est de 36 millions 710 mille FCFA dont une contribution de la MINUSMA de 28 millions 961 500 FCFA, soit 78,90% et une contribution de l’Eglise à hauteur de 7 millions 748 500 FCFA, soit 21,10%. Source : Malikilé Dieudonné Tembely Source : aBamako aBamako

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