Tirer en forceps une candidature fédératrice de la majorité présidentielle autour d’IBK est un échec de notre démocratie !

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Jusqu’à la désignation d’un candidat de l’ADEMA pour l’élection présidentielle de juillet 2018, les pressions et les menaces sur l’ADEMA, deuxième force politique du pays, deuxième force de la majorité présidentielle, ne cesseront. Le pouvoir fera tout pour faire peur au Comité Exécutif, à travers des menaces, des pressions, voir même par des chantages en brandissant des vidéos de scènes indignes filmées dans les bureaux de certains responsables du Comité Exécutif comme c’est la mode actuellement. Le Comité Exécutif de l’ADEMA doit s’armer d’arguments convainquant sur le bilan négatif du premier quinquennat d’IBK à la tête de la République. C’est vrai que l’ADEMA a fait parti de l’attelage gouvernemental depuis le début, mais dans quelles conditions ? Les slogans de campagne portés à haute voix à l’époque et le passé d’IBK en tant que premier Ministre de 1994 à 2000 avaient fini de convaincre tout le peuple malien, y compris le peuple ADEMA. Dans la pratique, tel ne fut pas le cas, car IBK a géré le pays en mettant de côté son propre parti politique avec lequel il a cheminé depuis 2001 jusqu’à la conquête de Koulouba en 2013 après 12 ans de galère. Ce manque de reconnaissance a été un signe de faiblesse de sa part. Si l’ADEMA emboite le pas, elle subira le même sort, une fois qu’il sera élu à Koulouba pour la deuxième fois. L’ADEMA deviendra un citron pressé qu’il faut jeter. Un des échecs cuisants pour IBK et la Convention de la Majorité est la gestion solitaire de l’Accord d’Alger. La majorité des maliens n’a pas été satisfait, ni par rapport au processus des négociations, ni de la manière dont le peuple malien a été mis de côté par le fait que ses réserves concernant certains passages de l’Accord d’Alger n’ont pas été pris en compte. La triste réalité aujourd’hui est que l’Accord n’arrive pas à être mis en œuvre, car l’Etat a baissé la culotte devant la France, l’Algérie, et les rebelles en acceptant des choses qui cassent l’unité, l’égalité, la laïcité dans la République. Dans ledit accord, il y a 16 points dont la mise en œuvre ne sera jamais acceptée par le peuple, car ils nous amènent directement à la partition du Mali. Parmi ces points, on peut citer l’appellation commune « AZAWAD » des régions de Tombouctou, Gao, Ménaka, Taoudéni, l’octroie de 30% du budget d’Etat pour ces régions pendant vingt ans, l’intégration des rebelles dans une armée reconstituée dont 80% deséléments seront composés de rebelles. En fait il s’agit de créer deux armées, l’une pour le sud et l’autre pour le nord, la création d’un sénat dont la majorité sera constituée par des chefs de tribu des régions du nord, le partage équitable de la direction des institutions de la République entre les rebelles et le reste du Mali, le recrutement d’un nombre important de rebelles dans la fonction publique etc… Malheureusement, IBK n’a pas voulu tenir compte de l’avis du peuple sur le projet d’Accord. Les forces vives de la nation n’ont pas voulu réagir contre cette indifférence d’IBK à l’endroit du peuple malien. Ce qui a été le plus surprenant, à part quelques partis de gauche, l’image du SADI, du CNAS-FASO-HERE, de FARE-ANKAWILI, et quelques associations politiques qui ont protesté contre le contenu de l’accord, les autres partis importants de l’opposition n’ont rien trouvé d’autre que de dire que nous prenons acte de la signature. Ils se sont rendus sur les lieux de la signature de l’accord au palais des sports. Ce terme ‘’prenons acte’’ n’a pas été compris par le peuple. Il s’est senti abandonné à son triste sort. Leur réponse devrait être que cet accord n’est pas bon pour le Mali, cela devrait se dire à haute voix, sans murmure ni hésitation. Le peuple malien n’a jamais compris ce comportement de l’opposition. Le type de manifestation fait contre le projet de révision constitutionnelle devrait être faite contre l’accord. La contestation de l’accord dans sa forme actuelle devrait être une occasion pour l’opposition de rappeler au peuple, qu’IBK n’était pas l’homme de la situation. Certains hommes politiques avertis pensent que l’opposition n’a pas dénoncer l’accord, parce qu’elle craignait le riposte de la France qui tenait à en imposer à IBK et au gouvernement. Aujourd’hui, le Mali se retrouve avec deux forces légitimes (les FAMA et les Groupes rebelles), deux territoires, deux hymnes, deux administrations, deux territoires. Cela ne gêne aucunement l’opposition. Dans ces conditions, l’accompagnement que demande le premier ministre SoumeylouBoubèye MAIGA ne devrait pas être une camisole de force. C’est vrai qu’il n’y a pas plusieurs projets de société, mais il y a plusieurs chemins pour avoir le même résultat, comme il y a plusieurs chemins qui mènent à Rome. L’ADEMA a bien fait le constat d’échec de ce mandat d’IBK. Elle en a tiré de belles leçons et de belles histoires à ne plus recommencer. Par conséquent l’ADEMA a choisi d’avoir son candidat pour l’élection présidentielle de 2018. Ce sont les structures à la base qui l’ont voulu. Le Comité Exécutif n’est qu’un exécutant. La politique doit avoir une éthique pour survivre. C’est peut-être l’absence d’éthique qui est la cause de la faillite de la classe politique dont parle l’ancien Président le Général Moussa TRAORE dans son interview du 22 février 2018.L’ADEMA veut sortir de cette faillite. Il faut remercier le premier ministre pour être venu écouter ce choix. Signalons que son arrivée à la tête du gouvernement est une dernière chance pour IBK, mais vraisemblablement pas pour le Mali, car le K.O s’est déjà installé, malgré ses bonnes intentions, le ver est dans le fruit. Badou S. KOBA Source : aBamako aBamako

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