Patrimoine culturel national : Le classement protege et valorise

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Depuis janvier dernier, les sites historiques du champ de bataille de «Kͻdialanda» à Kolokani et de «Antogo», en pays Dogon, figurent sur la liste du Patrimoine culturel national. Le premier symbolise la résistance des bambanans à la domination du colon français. Quant au second, il représente un lieu de rite de pêche collective annuelle extrêmement important pour les populations de la zone. Bientôt le palais de Koulouba et la mosquée d’El Hadj Omar Tall à Nioro du Sahel seront aussi classés sur la liste. Les dossiers sont dans le circuit d’approbation. La législation en vigueur relative à la protection du patrimoine culturel national, «impose, au propriétaire, détenteur ou occupant desdits biens, des servitudes en grevant l’utilisation ou la disposition». Il s’agit en l’occurrence de la loi n° 85-40/AN- RM du 26 juillet 1985, modifiée, relative à la protection et à la promotion du patrimoine culturel national, expliquent les spécialistes des questions de patrimoine culturel. Dans notre pays, les critères de classement sont au nombre de sept et s’inspirent largement de ceux définis par le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO. Selon Moulaye Coulibaly, directeur national du Patrimoine culturel, pour qu’un bien culturel soit classé, il doit répondre à, au moins, l’un des critères suivants : représenter un chef d’œuvre du génie créateur humain, témoigner d’un échange d’influence considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture, de la technologie des arts monumentaux, de la planification des villes ou paysages. Soit, il doit apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue. Le bien culturel candidat au classement peut également offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural, technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significatives de l’histoire ou constituer un exemple éminent d’établissement humain ou d’occupation d’un territoire traditionnel représentatif d’une culture ou de cultures, surtout quand il devient vulnérable sous l’effet de mutations irréversibles. Il peut être directement associé à des événements ou à des traditions vivantes, des idées, des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification exceptionnelle ; ou être un élément culturel vivant et traditionnel, reconnu par les communautés comme une marque d’identité culturelle et un facteur de diversité et de continuité culturelle. Ainsi, le classement d’un bien culturel comme patrimoine national est prononcé par décret pris en Conseil des ministres, sur proposition du ministre en charge de la Culture, après avis de la Commission nationale de sauvegarde du patrimoine culturel, créée par décret n°203/PG-RM du 23 août 1985. Le propriétaire, le détenteur ou l’occupant du bien doit être notifié de la proposition de classement et être entendu, s’il le demande par la Commission nationale de sauvegarde du patrimoine culturel. Notre pays compte 37 sites, monuments et expressions culturels que l’on appelle biens immatériels, classés sur la liste du patrimoine culturel national. Quant à la procédure d’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, trois conventions prévalent de nos jours. Il s’agit de la convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel, adoptée en 1972, de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, adoptée en 2003, et de celle sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée en 2005. Parmi les nombreux effets de classement, selon la loi du 26 juillet 1985, relative à la protection et à la promotion du patrimoine culturel national, on peut noter l’interdiction de détruire un bien, d’y mener des travaux de restauration ou des modifications sans l’avis de l’autorité compétente qui assure le contrôle de l’exécution desdits travaux. Le classement sur la liste du patrimoine culturel national impose l’interdiction d’exportation (pour les biens meubles), sauf sur autorisation spéciale, à titre temporaire uniquement, l’obligation pour le propriétaire, détenteur ou l’occupant d’assurer la protection du bien. Il fait obligation à l’Etat et aux collectivités locales de participer aux travaux de restauration, de réparation ou d’entretien du bien. Nous avons au total huit biens et éléments culturels inscrits sur les listes de l’UNESCO, notamment la mosquée de Djenné, la vieille ville de Tombouctou, le pays Dogon (patrimoines matériels), la traversée des boeufs, « Yaaral » et « Dégal » (patrimoine immatériel). Enfin, le déclassement qui consiste à soustraire aux effets de classement un bien culturel, préalablement classé, est prononcé en Conseil des ministres sur proposition du ministre de la Culture. Youssouf DOUMBIA Source : aBamako aBamako

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