Cafouillage à la CAFO: que veut la décision de justice au Mali

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Elue présidente de la CAFO, suite à l’assemblée extraordinaire du 30 décembre 2017, et confirmée par une décision de justice du tribunal de la Commune III, le 15 février 2018, Mme Dembélé Oulematou Sow et ses compagnons ont été empêchées de s’installer, lundi dernier, dans les locaux de la coordination, à Oulofoboubou, par des anarchistes. La nouvelle présidente de la CAFO imbue de sa légitimité et de sa légalité entend tout mettre en œuvre pour être dans ses droits. L’atmosphère était indescriptible le lundi dernier, dans l’après-midi du lundi, au siège de la CAFO lorsque Mme Dembélé Oulématou Sow et ses compagnons désignés par les siens pour conduire les destinées de l’organisation ont tenté de s’installes dans les locaux. Elles ont été butées à l’hostilité d’autres femmes de l’ancien bureau qui n’ont pas tardé à boycotter la partie par des tapages assourdissants. Jets de pierres, insanités, tapages… furent des armes d’une autre époque utilisées par ces partisans du désordre pour saboter ce rendez-vous. En effet, après la tenue de l’assemblée générale extraordinaire le 30 décembre 2017, lors de laquelle le bureau dirigé par Mme Dembélé Oulématou Sow est sorti vainqueur pour conduire la CAFO en remplacement de l’actuelle ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, elle peine à s’installer dans les locaux de l’organisation pour y exercer son autorité. Et pour cause ? Mme Dembélé et son bureau ont, dans un premier temps, été visés par une plainte du bureau intérimaire pour annulation de l’assemblée extraordinaire ayant consacrée sa victoire. Mais le verdict du tribunal saisi, celui de la Commune III, est sans appel. Dans son audience du 15 février 2018, le tribunal a déclaré irrecevable la plainte. Mais c’était sans compter l’ignorance ou l’incivisme caractérisés du camp adverse qui compte toujours sur la force du désordre pour tordre le cou au droit. Les détracteurs de la nouvelle présidente ont décidé de rendre la vie impossible au nouveau bureau. Le cafouillage du lundi dans l’enceinte de la cour de cette association en est la parfaite illustration. Abandonné à leur triste sort sans aucune disposition de sécurité Mme Dembélé Oulematou Sow et les ont été les cibles de toutes les humiliations de ces hors-la-loi. Elles ont été huées et insultées par un groupe de femmes qui ont élu domicile le siège de la CAFO rien que pour les harceler. Pourtant, selon une source digne de foi, les autorités judiciaires et administratives de la commune qui abrite le siège de la CAFO ont été bel et bien informées de la décision du nouveau bureau de s’installer dans les locaux de l’organisation ce lundi. Mais malgré tout, c’était le statuquo. Déterminées à garder les rênes de cette organisation qui est devenue l’objet de toutes les convoitises, Mme Dembélé Oulematou Sow et ses compagnons ont décidé de rappeler à leurs détracteurs que force doit rester à la loi. « On veut travailler et nous en sommes empêchés. Nous demandons aux plus hautes autorités d’agir le plus vite que possible. Cela ne peut pas continuer. Nous voulons organiser une conférence-débat sur le thème national de la journée du 8 mars dans l’enceinte de la cour ici. Nous allons faire un sit-in devant le bureau du Procureur le matin (hier mardi, ndlr) pour que nous puissions travailler. Soit on est un bureau légal qui a été reconnu par la justice, soit on ne l’est pas. Si d’autres femmes ne peuvent pas travailler en toute quiétude dans le pays, il faut qu’on nous le dise », a confié Mme Dembélé très déçue du sort réservé au droit dans notre pays. La décision du tribunal de la CIII donne mandat à Mme Dembélé Oulematou Sow d’occuper les locaux de la CAFO et de travailler conformément aux statuts et règlement intérieur de l’organisation et selon la loi malienne. « Attendu qu’aux termes de l’article 118 du Code de procédure civile, commerciale et sociale : constitue une fin de non-recevoir tout moyen qui tend à faire déclarer l’adversaire irrecevable sus sa demande, sans examen au fonds, pour défaut de droit d’agir, ici le défaut de qualité, le défaut d’intérêt, la prescription, le délai fixé, la chose jugée ; Qu’ainsi toute personne qui réclame la reconnaissance d’un droit doit avoir qualité pour le faire, c’est-à-dire jouir d’un titre lui permettant d’invoquer le droit litigieux ; Que toute prétention émise par une personne dépourvue de droit d’agir est irrecevable ; Qu’en l’espèce, les moyens invoqués par la défenderesse au soutien de la fin de non-recevoir soulevée étant on ne peut plus pertinent, il y a lieu de déclarer irrecevable la demande de Dame KEITA Fatoumata SISSOKO », peut-ont lire dans la décision du 15 février 2018. En se basant sur les statuts et règlements intérieurs de la CAFO, les jugent indiquent qu’ils ne prévoient pas d’intérim. « Nulle part dans les Statuts et le Règlement intérieur de la CAFO, il ne ressort le pouvoir pour le Bureau exécutif national ou la présidente exécutive de désigner un membre du bureau pour assurer l’intérim d’un autre ; Que ces textes ne prévoient nullement l’intérim, mais seulement les ordres de préséance ». Par ces motifs, le tribunal vidant son délibéré, ‘’statuant publique, contradictoirement, en matière civile et en premier ressort ; reçoit la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité soulevé par le conseil de la Dame Dembélé Oulématou Sow ; déclare irrecevable la demande de la coordination des associations et ONG féminines (CAFO) représentée par Mme Keita Fatouma Sissoko ». Ayant ainsi épuisé toutes voies de recours, les femmes qui s’agrippent toujours illégalement au siège de la CAFO ont-elles d’autres choix que la violence pour se faire entendre ? Jusqu’à quand parviendront-elles à s’opposer à la loi ? En tout cas, ce pas une première dans notre pays que des individus ou groupes d’individus tentent défier la loi. Ils sont ainsi nombreux les Maliens à souffrir dans l’anonymat des problèmes d’exécution de décision de la justice dans notre. PAR CHRISTELLE KONE Source : aBamako aBamako

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