Elections présidentielles de 2018: Quand le « jeunisme » devient le programme politique de Mamadou Igor Diarra et Moussa Mara

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Ayant contribué à la descente aux enfers du Mali sous le régime IBK, Moussa Mara et Mamadou Igor Diarra refusent pour autant d’assumer leur part de culpabilité dans la mal gouvernance du pays. Sans programme alternatif réel, ils font feu de tout bois et tirent à boulet rouge sans discernement sur le régime. Comme si cela ne suffisait pas, pour se faire bonne conscience, ils ont revêtu des habits neufs pour prôner le renouveau en ayant comme programme politique « le jeunisme ». Les Maliens seront-ils dupes en suivant comme des moutons de panurge ceux-là mêmes qui n’ont jamais tari d’éloges à l’endroit du Président IBK quand ils étaient dans sa bonne grâce ? Mara et Diarra brandissent-ils la jeunesse et le « jeunisme » pour détourner l’attention des Maliens sur leurs turpitudes ? Après s’être lourdement trompé en 2013, en choisissant celui qui n’avait que des slogans et des incantations, en l’occurrence IBK, l’électorat malien semble décider à ne plus tomber dans un tel piège. Tout porte à croire que son choix se fera sur la base d’un programme et d’une vision claire pour, non seulement, une sortie de crise politico-sécuritaire, mais aussi et surtout pour la relance de l’économie. Moussa Mara et Mamadou Igor Diarra ne semblent pas comprendre ce message. C’est pourquoi ils s’accrochent au concept jeunesse, qui est vide de contenu, et surtout ne saurait être un programme de gouvernement. Se sont-ils un seul instant posé la question de savoir pourquoi plusieurs associations et organisations de la société civile ont pris position, en faveur de l’alternance ? Alternance qui ne serait liée à l’âge, encore moins à l’origine, mais qui mettra hors d’état de nuire tous ceux qui ont contribué à mettre le Mali à genoux. Moussa Mara, pour avoir été d’abord ministre, ensuite Premier ministre et enfin membre de la Convention de la Majorité Présidentielle jusqu’en novembre 2017, ne saurait se dédouaner de la gestion calamiteuse du régime IBK. Il doit non seulement assumer sa grande part de responsabilité dans le bilan, mais aussi reconnaitre ses fautes et présenter ses excuses. Quant à Mamadou Igor Diarra, sans être un leader politique, il n’en demeure pas moins qu’il a été ministre des Finances. Pour avoir assumé cette haute fonction, comme Moussa Mara il a sa part de responsabilité dans le bilan d’IBK. Le dénominateur commun à ces deux ex- collaborateurs d’IBK ce qu’ils ont tous été sèchement remerciés par le Président de la République. Alors, pour obtenir l’absolution et songer à réparer les préjudices qu’ils ont causé, ils feront mieux de dire aux Maliens leurs solutions aux multiples problèmes auxquels le pays est confronté, au lieu de se cacher derrière un concept oiseux. En somme, le « jeunisme », dont certains leaders politiques veulent faire un fonds de commerce, n’est pas forcément lié à l’âge, il est plutôt un état d’esprit. Autant il y a des jeunes vieux, autant il y a de vieux jeunes. Que les sieurs Mara et Diarra fassent des propositions à hauteur des attentes des Maliens, au lieu de pérorer ce slogan creux « il faut que les vieux se retirent pour laisser la place à la jeunesse » ou encore « il faut changer de logiciel ». Le pouvoir ne se donne pas, il se mérite par la force des propositions. Youssouf Sissoko Source : aBamako aBamako

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