Au Sahel, le discours et la méthode

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Au Sahel, l’engagement militaire de la France et l’aide au développement serviront désormais le même objectif : la lutte contre les groupes djihadistes et la radicalisation de la jeunesse. Cette convergence souhaitée par Emmanuel Macron doit se traduire par une concentration des projets financés par la coopération française dans les zones les plus fragiles susceptibles de basculer et de voir s’enraciner de nouveaux foyers terroristes. Les experts du ministère de la défense et de l’Agence française de développement (AFD) ont travaillé pendant six mois pour parvenir à une cartographie commune de cette géographie des risques. Elle coïncide en grande partie avec celle sur laquelle se déploient déjà les forces françaises de l’opération « Barkhane » dans le centre et le nord du Mali ou dans la région dite « des trois frontières » entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. La région du lac Tchad, où sévit Boko Haram, est également ciblée comme l’une des zones prioritaires d’intervention. Symbole de cette volonté, un premier projet de 10 millions d’euros consacré à l’éducation dans la région de Mopti a été annoncé. Le chiffre est conséquent : il équivaut au dixième du budget d’investissement dont dispose le ministre de l’éducation malien pour tout le pays. Le choix de cette localité qui borde le fleuve Niger ne doit rien au hasard. Des dizaines d’écoles ont dû être fermées après avoir été les cibles d’attaques, et les enseignants terrorisés refusent aujourd’hui de rejoindre leurs classes. C’est ici, surtout, que les troupes de l’opération « Serval » avaient stoppé, en janvier 2013, l’avancée des djihadistes sur Bamako. Mais, cinq ans après que Paris a volé au secours du gouvernement malien, la présence des troupes étrangères accueillies en libératrices ne soulève plus autant d’enthousiasme. Et le risque qu’une part croissante de la population voie dans les soldats français des « forces d’occupation » est pris au sérieux. Il devient urgent d’adresser un autre message. « Pour des raisons humanitaires et politiques, il faut montrer aux populations qu’elles ne sont pas abandonnées », insiste Laurent Bossard, directeur du Club du Sahel, en décrivant des territoires privés de toute administration en dehors des grandes villes. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/13/au-sahel-le-discours-et-l...
Source : Africatime Africatime

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