Redynamisation des Comités de gestion scolaire: les acteurs se penchent sur la question

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La Cellule d’appui à la décentralisation/déconcentration de l’éducation (CAD/DE) et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ont organisé, hier mercredi, au Centre national des ressources de l’éducation non formelle (ex DNAFLA), un atelier de partage des résultats de l’étude diagnostique sur la fonctionnalité des Comités de gestion scolaire (CGS) au Mali. Présidée par le Dr Augustin POUDIOUGOU, conseiller technique au ministère de l’Education nationale, la cérémonie d’ouverture de l’atelier a enregistré la présence des représentants de l’Ambassade du Japon dans notre pays ; du chef d’antenne de la JICA, Mahamadou Aliou BARRY ; des élus communaux ; des chargés de Comité de gestion scolaire ; des responsables des services centraux et déconcentrés de l’éducation et membres de la société civile. L’objectif de cet atelier était de recueillir les contributions des acteurs pour renforcer la qualité des résultats de l’étude, commanditée en vue d’avoir la photographie de la situation actuelle de fonctionnalité des Comités de gestion scolaire dans notre pays. 60% des CGS non fonctionnels Selon le chef d’antenne de la JICA, Mahamadou Aliou BARRY, le Mali, à l’instar de plusieurs pays, s’est engagé dans une politique globale de décentralisation de tous les secteurs du développement. En effet, a-t-il précisé, en vue de matérialiser cette option politique dans le secteur de l’Education, plusieurs initiatives ont été prises par le gouvernement pour assurer une administration de proximité. C’est dans ce sillage, dit-il, que le gouvernement a sollicité l’accompagnement de l’Agence Japonaise de coopération internationale (JICA) pour la mise en œuvre du Projet d’appui aux comités de gestion scolaire (PACGS). « S’appuyant sur son mécanisme de coopération technique, la JICA a accompagné le ministère de l’Education nationale à travers la Cellule d’appui à la décentralisation, déconcentration de l’éducation pour mettre en œuvre des stratégies de mobilisation et de formation des acteurs de l’éducation et des communautés », a soutenu M. BARRY. Aussi, a-t-il fait remarquer, le PACGS a réussi à développer un modèle de mise en place/ renouvellement démocratique et de techniques de gestion participative des Comités de gestion scolaire. Ainsi, a-t-il rappelé, plusieurs acteurs ont bénéficié des formations de renforcement des capacités basées sur ledit modèle, approuvé par le Mali et repris par certains partenaires au développement dans la mise en œuvre d’activités renforçant la dynamique de gestion de l’école en mode décentralisé. Par ailleurs, dire le chef d’antenne de la JICA, après plus de 5 ans de mise en œuvre, les acteurs ont jugé nécessaire de mener une étude diagnostique pour avoir une perception sur la situation de fonctionnalité des CGS et disposer des données de base pour la reprise de la deuxième phase du PACGS. « L’étude a démontré que 60% des CGS ne sont pas fonctionnels au Mali. Les causes de cette non fonctionnalité sont entre autres la faiblesse des compétences des membres des CGS dans l’élaboration des documents de gestion (les projets d’école, les plans d’action, les procès-verbaux des assemblées générales…) ; le défaut de la remontée des documents au niveau des Collectivités territoriales et les CAP ; les difficultés pour les services déconcentrés d’assurer le suivi/encadrement adéquat, faute d’informations provenant des CGS et la faible implication des directeurs d’école et enseignants dans les activités des CGS», a souligné M BARRY. De même, a-t-il rapporté, les résultats de l’étude indiquent un certain nombre de points faibles liés au système de suivi/encadrement des CGS et à une baisse du niveau de compréhension du modèle de CGS fonctionnel par les différents acteurs. Le soutien du Japon Pour sa part, le représentant du ministre de l’Education nationale a remercié l’ensemble de la communauté éducative et principalement le gouvernement du Japon pour son engagement constant auprès des autorités du Mali en faveur du développement de l’éducation. Un engagement qui, dit-il, s’illustre dans plusieurs domaines, à travers les actions de l’Agence de coopération internationale japonaise au Mali, notamment en matière d’appui à la décentralisation de l’éducation. Selon le conseiller technique, durant des décennies, beaucoup de pays, dont le Mali, ont géré leurs systèmes éducatifs suivant un mode centralisé. Ces politiques d’organisation et de gestion centralisée des systèmes éducatifs, a-t-il souligné, ont montré leur limite et ne peuvent plus répondre aux besoins énormes et de plus en plus croissants de l’éducation universelle de qualité pour tous. «Le Mali s’est engagé dans une mode de gestion décentralisée de l’éducation. Les autorités sont convaincues que lorsque des compétences et des responsabilités de la gestion de l’école sont transférées au niveau des collectivités et des communautés à la base, auprès des principaux bénéficiaires, la gestion de l’école et la qualité du service de l’éducation deviennent plus efficaces et efficientes», a affirmé le Dr Augustin POUDIOUGOU. Ainsi, a-t-il rappelé, dans le cadre de la gestion de l’école en mode décentralisé, les Comités de gestion scolaire ont été créés en 2004 et implantés dans plusieurs établissements scolaires. Aujourd’hui, le responsable du département déplore le fait que la plupart des CGS créés dans les écoles ne sont pas fonctionnels. Raison pour laquelle, soutient-il, le gouvernement, en partenariat avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), a initié le ‘’Projet d’appui aux Comités de gestion scolaire’’ en mai 2008, en vue d’une meilleure mise en œuvre de la gestion de l’école en mode décentralisé. Selon lui, la mise en œuvre du projet, dans sa première phase, a concerné plus d’un millier d’écoles à travers le pays. Dans le cade de la relance de la phase II du projet, une mission de la JICA a mené une série de rencontres avec les acteurs concernés pour discuter de la réorientation du projet. De même, une étude a été commanditée pour pouvoir apprécier les acquis de la phase I. Les résultats de cette étude, soumis à l’examen des acteurs au cours de cet atelier de validation, visait à faire le point sur la fonctionnalité des CGS et du système de suivi/encadrement et serviront de référence pour l’évaluation des activités et les effets du projet. Les résultats de l’étude doivent permettre aux acteurs d’identifier les causes des faiblesses de fonctionnalité des CGS et du système de suivi/encadrement des CGS ; d’analyser les goulots d’étranglements qui empêchent le bon fonctionnement des CGS ; de proposer des solutions d’amélioration et d’identifier les bonnes pratiques autour des CGS fonctionnels et du système de suivi/encadrement des CGS. PAR MODIBO KONE Source : aBamako aBamako

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