Au Mali : Quand la politique s’installe sur le minaret des mosquées.

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Sous le couvert de la foi et de la conviction musulmane, les hommes politiques maliens, gouvernants aussi bien qu’opposants, ne sont plus loin d’une abomination, en tout cas, en ce qui concerne la conquête et l’exercice du pouvoir politique. Ils ont perdu la foi, celle qui était censée les motiver à la conduite des affaires publiques en amenant le peuple à eux, à se reconnaitre en eux, à travers bien entendu des projets de gouvernements fiables et viables, au profit de l’influence des pseudos leaders religieux. De projets de sociétés capables de galvaniser les électeurs, les incitant au soutien pour un mieux-être politico sociale à l’origine de la grande révolution de mars 91, non, ils ont tranquillement décidé d’atterrir sur les minarets des mosquées au dessous desquelles, trônent des tètes enturbannées convaincues que plus rien ne se fera sans eux, sans leur dictat. Le perdant n’est autre que le peuple, finalement pris en tenailles entre ces tètes enturbannées et les politiques qui ont choisi de passer par eux, pour l’onction finale. Y a-t-il aujourd’hui, une grande différence entre le Mali pluriel, démocratique et républicain et l’Iran des Ayatollahs ? Difficile au regard de la nature de nos relations socio politiques à la fois avec ces leaders religieux et politiques. Finalement, nos grands leaders religieux sont visibles uniquement sur la scène politique, aux côtés des politiques du pouvoir ou de l’opposition, qu’ils conseillent, s’ils n’ordonnent pas tout simplement. Pour bénéficier de leur faveur politico électorale, nos leaders politiques, tous ceux-là qui aspirent à la plus haute fonction d’exercice du pouvoir politique, s’obligent à raser les murs, aux offres de royalties en espèces aussi bien qu’en nature. Aucun d’eux n’ose élevé la voix en leurs présences encore moins de prendre la parole pour les remettre à leurs places au cas où. Sommes-nous bien dans ce Mali qui s’était levé comme un seul homme pour reprendre son pouvoir, confisqué par un seul homme ? Les mosquées sont-elles devenues les vrais palais de notre République laïque, là où toutes les grandes décisions se prennent ? Mais comment tout cela a pu nous arriver ? L’échec de la mise en route du projet de loi relatif au code de la femme et de la famille Tout est parti de la contestation née de la volonté du régime ATT de mettre en route le projet de loi relatif au code de la femme et de la famille adopté en plénière par le parlement. Choqués ou blessés par le contenu de ladite loi, la hiérarchie religieuse opposa son niet en invitant la communauté musulmane au grand meeting du premier jour du ramadan de 2010. Ce jour-là, le pouvoir vascilla lourdement et comble de l’ironie, le président et son Premier ministre étaient tous deux absents de Bamako. Le premier à Tripoli et le second à Ségou pour la finale de la coupe du Mali. Revenu précipitamment de son voyage libyen, ATT au lieu de procéder par la fermeté qu’exigeait la situation, retira tout simplement le projet. Une grosse victoire pour les religieux qui réussirent ce jour-là non pas à remplir le stade du 26 mars malgré l’étouffante chaleur de ce mois de ramadan, mais à entrer de plein pieds dans la vie publique du Mali, en s’imposant en interlocuteur incontournable de la vie socio – politique des maliens. La rupture putschiste de 2012 n’entamera en rien la détermination de ces nouveaux faux vrais dirigeants du pays. Aux yeux de beaucoup de maliens, c’est le capitaine Amadou Haya Sanogo qui après s’être brutalement invité, aurait du mettre le holà, mais il fera pire. Et comme pour ne rien arranger à la situation et le plus naturellement du monde, le régime actuel, celui du président Keita, a confirmé la suprématie de ces religieux beaucoup plus politiques que musulmans. Aujourd’hui, attitude humiliante pour le pays, leur consigne de vote, du reste très tapageur, marche à étouffer définitivement la voix des électeurs. Le danger viendrait absolument du fait que le Mali roule à l’allure des tenants des mosquées au mépris de la volonté populaire. Sory de Motti Source : aBamako aBamako

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