Le Directeur général de l’APEJ, Mahamadou Fofana en exclusivité : «Nos financements ne sont pas des dons, mais des prêts à rembourser afin de sauvegarder nos capacités à pérenniser le système»

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Dans cet entretien exclusif qu’il nous a accordé, le directeur général de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (Apej) Mahamadou Fofana, fait le bilan de la politique de l’entreprenariat des jeunes de 2013 à nos jours. Au regard de ces résultats, il faut reconnaitre qu’il y a eu des avancées significatives dans le cadre de la mise en œuvre du Programme emploi-jeunes. Il évoque aussi les difficultés auxquelles sa structure est confrontée dont notamment le recouvrement des financements accordés aux jeunes. Depuis son arrivée à la tête de l’Apej, Mahamadou Fofana a pris des mesures pour améliorer le taux de recouvrement des prêts accordés aux jeunes promoteurs. Aujourd’hui-Mali : Monsieur le Directeur général, lorsqu’on dit Apej, qu’est-ce que nos lecteurs doivent comprendre ? Mamadou Fofana : L’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle administrative et technique du Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Créée en 2003, l’Apej a pour mission de concourir à la création d’emplois pour les jeunes Maliens, femmes et hommes, de 15 à 40 ans en milieux urbain et rural, en facilitant leur accès au marché du travail et au crédit. Elle est chargée, plus particulièrement, de la mise en œuvre du Programme emploi-jeunes (Pej) qui en est à sa deuxième génération. Et quelles sont les conditions pour bénéficier de l’accompagnement de l’Apej ? Il n’y a pas de conditions particulières. L’Apej intervient pour tous les jeunes maliens âgés de 15 à 40 ans, diplômés ou non, filles comme garçons, vivant en milieu urbain ou en milieu rural. Ceux qui recherchent des financements doivent avoir au moins 21 ans. Le financement est accessible individuellement ou en groupement (coopérative, GIE, etc.). Dans quels domaines d’activités sont généralement insérés les jeunes que l’Apej accompagne dans le cade de la politique nationale de l’Emploi ? Nous intervenons dans tous les secteurs de l’économie nationale. Nous conseillons les jeunes à éviter les secteurs saturés comme les cybercafés et l’assainissement. La deuxième génération du Programme emploi-jeunes exécuté actuellement avec un budget prévisionnel de 38, 5 milliards de Fcfa est bâtie autour de trois composantes. Il s’agit du renforcement de l’employabilité des jeunes, constitué de cinq axes : le stage de qualification, le stage de formation professionnelle, l’apprentissage, la reconversion/adaptation, les chantiers-écoles/Himo à travers le pavage, dallage de roches, pistes rurales, aménagements hydro agricoles, forêt. La deuxième composante porte sur le développement de l’esprit d’entreprise constitué de cinq axes (l’information et la sensibilisation à l’entreprenariat, la formation en entreprenariat, l’aide et l’assistance des jeunes à l’élaboration de leurs plans d’affaires, l’appui/conseils des promoteurs des projets, le développement du système d’incubation/pépinière d’entreprises. Enfin, la dernière composante porte sur le renforcement du dispositif de financement des projets des jeunes à travers trois axes (le financement direct des projets, la garantie des projets, le suivi des projets financés.) Dans le cadre de ses activités, comment l’Apej parvient-elle à identifier les opportunités d’emplois pour les jeunes ? L’objectif global du Programme emploi-jeunes vise à contribuer au développement économique et social du pays, en offrant aux jeunes maliens des opportunités d’emploi dans les différents secteurs de l’activité économique, à travers l’emploi salarié ou l’auto-emploi. L’initiative privée est notre principal axe d’intervention. La prospection des opportunités est un travail que nous effectuons au même titre que les promoteurs, nos partenaires du secteur privé et plusieurs partenaires techniques et financiers. Monsieur le Directeur général, l’Apej dispose-t-elle d’un personnel suffisant et bien outillé pour relever les défis ? Il s’agit d’un atout important pour l’Apej de disposer d’un personnel compétent, expérimenté, dévoué et assez jeune. En outre, les agents bénéficient régulièrement de formation pour améliorer leurs compétences. Justement, depuis deux ans, l’Apej a mis le cap sur l’entreprenariat comme source d’emplois. Avec quels résultats, Monsieur le Directeur général ? L’entreprenariat concernait déjà deux des trois composantes du Pej1. Depuis 2013, l’Apej a placé en stage de formation professionnelle quelques 25 000 jeunes, à raison de 5 000 jeunes diplômés par an. Parallèlement, 12 734 jeunes ont été formés dans les modules de l’entreprenariat pour un montant de 1,8 milliards de Fcfa alors que plus de 9 000 jeunes ont été sensibilisés à l’esprit d’entreprise et 1 672 placés dans des programmes d’incubation. En outre, l’Apej a financé, toutes catégories confondues, 4 800 projets dont 2 718 en milieu urbain et 2 082 en milieu rural en partenariat avec le Procej, le Pafip et l’Organisation internationale des migrations. L’ensemble de cette enveloppe se chiffre à 3,9 milliards de Fcfa dont 2,5 milliards apportés par les Partenaires techniques et financiers. Concernant les emplois créés en milieu rural sur la même période, 332 jeunes ont été installés dans la riziculture et le maraichage. Quant aux emplois saisonniers et aux formations dans la réalisation d’infrastructures suivant la technique Himo, ils ont concerné environ 25 000 jeunes, essentiellement dans les régions du nord. Lors de la dernière session de votre Conseil d’administration, le ministre de tutelle a bien insisté sur le remboursement de la part de ceux qui ont bénéficié de financement. Que se passera-t-il exactement ? C’est une situation préoccupante qui date de la création de la structure. Nous avons déjà pris des mesures pour améliorer le taux de recouvrement des prêts accordés aux jeunes promoteurs. Il s’agit des recouvrements à l’interne par nos services et d’autres mécanismes actionnés par des cabinets habilités de par la loi. Les premiers résultats appellent à l’optimisme. De façon concrète, que faut-il faire afin que ces jeunes puissent respecter leurs engagements de remboursement des prêts qui leur sont accordés ? Dès le départ, les jeunes savent à quoi ils s’engagent. Ils savent que nos financements ne sont pas des dons, mais des prêts à rembourser afin de sauvegarder nos capacités à pérenniser le système au profit d’autres jeunes Maliens. La plupart des promoteurs sont assistés de parrains et souvent de leurs proches parents. Cependant, la sensibilisation est de mise. Monsieur le Directeur général, au vu de l’acuité de la question de l’emploi, l’Apej a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Vous avouez là une situation générale. L’Etat fait certes des efforts à travers la taxe emploi jeunes et d’autres subventions, mais avec la prise en charge des programmes de stage, j’avoue que c’est souvent difficile. Le président de la République a mis en avant la promotion de l’emploi dans son programme d’activités. Peut-on avoir une idée de la contribution de l’Apej, notamment en termes de créations d’emplois ? Vous avez tout à fait raison. Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle a largement communiqué sur les réalisations. Réalisé par A.B. HAÏDARA Source : aBamako aBamako

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