8è Revue Mali /FMI : Les indicateurs macroéconomiques globalement positifs

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Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) en fin de mission dans notre pays, a animé, vendredi après-midi, une conférence de presse au ministère de l’Économie et des Finances. La mission conduite par Mme Boriana Yontcheva a fait le point de la situation de la huitième revue du Programme économique et financier, appuyée par la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI et des consultations de 2018 au titre de l’article IV. C’était en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Dr. Boubou Cissé et du représentant résident du FMI dans notre pays. L’objectif de la présente mission était de procéder à la huitième revue du Programme économique du gouvernement appuyé par le FMI à travers la FEC. Ainsi pendant une semaine, les experts de l’institution financière ont examiné et évalué les efforts des pouvoirs publics dans la mise en œuvre des réformes économiques. Ils ont aussi écouté les acteurs de la société civile par rapport à la gouvernance économique actuelle de notre pays. A la lumière des différentes discussions, les experts semblent satisfaits de la politique macroéconomique actuelle du Mali et surtout de sa capacité exceptionnelle de résilience malgré la situation sécuritaire très dégradée. «Les autorités maliennes et les services du FMI sont parvenus à un accord préliminaire sur la conclusion de la huitième revue du programme économique et financier du Mali soutenu par la FEC et sur les consultations de 2018 au titre de l’article IV, sous réserve de l’approbation par le conseil d’administration du FMI. L’achèvement de cette revue permettra de mettre à la disposition du Mali environ 46 millions de dollars US», a annoncé Boriana Yontcheva. Concernant les performances économiques de notre pays cette année, la responsable du FMI expliquera que de façon globale, notre économie a continué de se redresser en 2017, malgré les défis sécuritaires persistants. «Selon les estimations, la croissance du PIB reste vigoureuse à 5,3%, portée par de bonnes récoltes et une demande intérieure robuste. L’inflation a été modérée, restant bien en deçà du plafond régional. Les résultats budgétaires ont ainsi dépassé les projections du Programme. Le déficit budgétaire de 2017 a été limité à 3% du PIB, les dépenses ont été réduites, l’aide extérieure ayant été inférieure aux prévisions d’environ 0,8% du PIB. Les recettes ont été légèrement supérieures à l’objectif fixé. Les perspectives macroéconomiques demeurent globalement positives, mais l’économie fait face à des risques de détérioration croissants notamment en raison d’une situation sécuritaire très volatile. Par ailleurs, d’éventuelles pressions sur les dépenses pendant une année électorale et la diminution de l’aide extérieure, représentent autant de risques budgétaires», a-t-elle analysé. La mission a jugé la loi de finances 2018 conforme aux objectifs du Programme et particulièrement, à l’objectif de convergence du déficit d’ici 2019, vers la norme de 3% du PIB établie au niveau régional par l’UEMOA. «Les autorités maliennes ont réussi à faire avancer la réforme de la gouvernance. Après diverses consultations avec les syndicats de la fonction publique, à propos du champ d’application des déclarations de patrimoine des fonctionnaires à la Cour suprême, le gouvernement et les principales parties prenantes sont d’accord que la loi sera pleinement appliquée aux assujettis qu’elle mentionne explicitement (environ 1479 personnes). Ceux-ci ont été informés de l’obligation de déclaration et des rappels, puis des sanctions qui seront appliquées à ceux qui n’auront pas transmis leur déclaration dans les délais impartis. La commission de conciliation continuera ses travaux pour faire avancer la réforme. L’équipe du FMI tient donc à féliciter et encourager les autorités maliennes pour les performances économiques enregistrées, mais aussi pour les progrès en matière de réformes économiques et financières», a indiqué Mme Boriana Yontcheva. Quant au ministre Boubou Cissé, il a rappelé les actions entreprises par son département pour renforcer la performance de notre économie. «Nous nous réjouissons des conclusions de cette mission du Fonds monétaire international qui nous réconforte, mais surtout confirme que les actions entreprises et menées par les services techniques du département ont été décisives et déterminantes», a-t-il-dit, en félicitant le monde de l’économie et des finances pour le travail de qualité abattu tout au long de l’année. Les réformes, a précisé le ministre, ont concerné la mise en œuvre de la loi portant prévention et lutte contre l’enrichissement illicite. Le recul enregistré à cause des requêtes et réserves des syndicats a permis de corriger certaines lacunes et insuffisances, a t-il expliqué, avant de souligner la volonté ferme du gouvernement de mettre fin au fléau de l’enrichissement illicite. Il a aussi noté que l’amélioration de ladite loi a permis, aujourd’hui, de ramener les assujettis au nombre de 1479 personnes et, les déclarations de biens ont repris au niveau de la Cour suprême. A cela, il faut ajouter la réforme du secteur minier, particulièrement du Code minier. A ce jour, trois codes différents s’appliquent aux acteurs miniers de notre pays ; d’où la nécessité d’une harmonisation et de la modernisation pour adapter notre code à l’évolution globale de ce secteur à travers le monde, a t-il ajouté. S’agissant des réformes macroéconomiques, elles ont concerné l’élargissement de l’assiette budgétaire à travers l’amélioration de la performance des mobilisations de ressources intérieures, le respect de l’équilibre budgétaire et la maîtrise des dépenses publiques à travers la fin des exonérations discrétionnaires. «Cette année encore, nous avons travaillé à renforcer la résilience de notre économie et poursuivre les reformes afin d’accroitre les performances en terme de mobilisation de ressources internes», a indiqué le ministre des Finances. Au cours de leur séjour à Bamako, les experts du FMI ont rencontré le Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga, le ministre de l’Économie et des Finances ainsi que plusieurs membres du Gouvernement. La mission a également eu des séances de travail avec les présidents des institutions de la République, le directeur national de la BCEAO, Konzo Traoré, et d’autres personnalités. Doussou DJIRÉ Source : aBamako aBamako

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