Insécurité : Ginna Dogon et Tabital Pulaaku s’engagent à oeuvrer ensemble pour la paix

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Le ministre de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, Mohamed El Moctar, a réuni, vendredi dernier, les bureaux nationaux des associations culturelles Ginna Dogon et Tabital Pulaaku. C’était dans la salle de réunion de son département, en présence notamment de Modibo Kadjoké, chef de la Mission nationale d’appui à la réconciliation et de Bamoussa Touré, chef de l’Équipe régionale d’appui à la réconciliation du District de Bamako. Pour mettre fin aux affrontements mortels entre Dogons et Peuls dans les cercles de Koro et de Douentza, le président de la République et le Premier ministre ont décidé de tout mettre en place pour que les deux communautés s’entendent et se comprennent, a expliqué Mohamed El Moctar. Les responsables des deux associations culturelles sont donc conviés à donner l’exemple afin d’apaiser les cœurs et les esprits. Le ministre en charge de la Réconciliation nationale a insisté sur le fait que tous les leaders d’opinion marquent les esprits par tout ce qu’ils font ou disent. «Chaque mot, chaque geste, chaque individu compte pour le département», a-t-il dit. Avant d’apposer leurs signatures au bas de la déclaration commune, les présidents des deux associations se sont exprimés sur l’évolution de la crise. D’abord, Mamadou Togo de Ginna Dogon pense qu’il n’y a pas de problème entre les deux ethnies car elles vivent, en parfaite communion, depuis un millénaire. Mais quand il y a des difficultés de ce genre, cela vient de l’extérieur, a-t-il martelé. Ce sont des personnes qui ne souhaitent pas cette symbiose entre Dogons et Peuls. Ils ne veulent pas certainement d’un Mali apaisé. Ils font tout pour nous mettre en conflit. Ils opposent les membres d’une même famille, a-t-il estimé. «Je demande à mes parents d’avoir de la retenue et de déposer les armes, de ne pas répondre aux provocations», a lancé Mamadou Togo. Il en appelle aux Peuls et Dogons de Koro, Douentza, Bandiagara, et de partout, de déposer les armes pour faire place à la paix. Le président de Gina Dogon a, ensuite, résumé ce discours en dogon et puis en peul afin de se faire comprendre directement par les protagonistes. Abdoul Aziz Diallo, président de Tabital Pulaaku, a, lui aussi, appelé les Dogons et Peuls à la raison. Les deux associations travaillent ensemble pour que la paix revienne, a-t-il assuré. Par ailleurs, il conteste tout problème entre Peuls et Dogons. «Ceux qui nous tuent, sont des djihadistes. Quand vous ne pouvez plus vous déplacer pour chercher à manger pour votre famille ou aller vers les points d’eau avec vos animaux, cela constitue un problème grave pour un Peul», a-t-il dit. Dans la déclaration lue par le député Idrissa Sankaré, élu à Bankass, les deux associations culturelles «fustigent ces violences insensées et inexplicables». Elles invitent le gouvernement à prendre langue avec les deux communautés et certains leaders d’opinion des deux cercles, voire de la région, pour mener une campagne médiatique de sensibilisation aussi bien à la radio et télévision nationales que sur les radios de proximité. La déclaration rappelle l’urgence d’organiser des rencontres intercommunautaires dans les deux cercles. Les deux associations invitent le gouvernement à rétablir la libre circulation des personnes et des biens, les communications dans la zone mais aussi à mener des enquêtes diligentes afin de démasquer les principaux acteurs et catalyseurs de ces évènements. Ces derniers doivent être traduits devant la justice mais il faut aussi opérer un désarmement total de toutes les milices des deux cercles. Enfin, les deux associations «s’engagent à œuvrer ensemble pour la paix, la réconciliation et le vivre ensemble». Youssouf DOUMBIA Source : aBamako aBamako

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