Visite aux forces de Barkhane: le PM Français à Bamako sur fond de menace !

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Le Premier ministre français Edouard Philippe effectuera du 7 au 8 avril 2018 une visite au Mali qui le conduira auprès des troupes françaises de Barkhane au nord du pays puis à Bamako où une rencontre est prévue avec les autorités nationales. En prélude à cette visite de 2 jours, la France a fait une mise en garde au gouvernement malien qu’en cas de manifestation ou de profanation du drapeau français avant l’arrivée du Premier ministre Edouard Philippe, l’étape de Bamako sera aussitôt retirée du calendrier de la visite. Cette décision est certainement motivée par la récente manifestation du mouvement» on a tout compris « devant l’ambassade de France à Bamako. Au cours de cette manifestation, le drapeau français avait été saboté et déchiré. Par ailleurs, les Français, selon des sources bien introduites, ont informé le pouvoir malien que la visite au nord du Mali est exclusivement réservée à la force Barkhane. Aucune récupération politique de la part du pouvoir malien ne sera tolérée. Pauvre Mali ! Le Premier ministre français, qui effectuera une visite de 2jours dans notre pays se paye le luxe de proférer des intimidations aux autorités nationales. Que fait la France de libertés démocratiques consacrées par la constitution de notre pays ? Ce pays impose à ses alliés des restrictions de libertés qu’elle n’est pas en mesure d’appliquer chez elle. Pire, les autorités maliennes ne sont pas informées ni du protocole ni des étapes de cette visite. Cela s’appelle violation de l’intégrité de notre territoire. Cette France qui continue de jouer au gendarme en Afrique contrairement à ses propres promesses, par cette menace joue au deux poids deux mesures. Puisque les manifestants à part de bruler le drapeau d’un État partenaire, n’ont rien fait d’anormal sauf que de décrier l’inefficacité de la force Barkhane. Une inefficacité, du reste reconnu par de hauts responsables français. Dans sa réponse à un député qui l’interrogeait dans le cadre de la commission Défense du Parlement et rapportée par le journal L’Opinion, le Général Jean-François Ferlet, a affirmé que la présence française au Mali n’a fait qu’aggraver la situation. « Certains éléments nous font penser (…) que la tendance n’est pas bonne. Si le nombre d’incidents sécuritaires n’augmente pas, nous constatons néanmoins un déplacement vers le Sud, dans une région beaucoup plus peuplée, notamment par les Peuls, où le potentiel de déstabilisation est plus important que celui causé par quelques Touareg djihadistes en plein désert », a-t-il révélé. Cet officier, qui a passé une année au nord du Mali, explique que la population peule, « traversée par un sentiment de frustration ou par l’impression d’être maltraitée par le pouvoir central », pourrait rallier les groupes terroristes, bien qu’elle ne soit pas « fondamentalement djihadiste ». Le directeur du renseignement militaire a laissé entendre que la lutte contre le terrorisme dans la région souffre d’un manque de coordination. Jean-François Ferlet ne manque pas de jeter la pierre dans le jardin de l’Algérie, le grand voisin du Mali, pour sa « volonté de travailler ensemble », admettant que l’action française au Sahel est obsolète tant que la France persiste à imposer sa logique. L’officier supérieur français n’est pas le seul à relever le manque d’efficacité de l’armée française. Dans une autre révélation, le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, soutenait que les problèmes sécuritaires au Mali ne peuvent pas être réglés en moins de 10, voire 15 ans. Le général Lecointre, en rassurant les parlementaires français qu’il n’y a pas d’enlisement des forces Barkhane au Mali, reconnaissait la persistance des attaques djihadistes dans plusieurs localités du pays, 5 ans après les avoir chassés ou dispersés de leurs principales zones de refuge. Par Sidi Dao Source : aBamako aBamako

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