100 jours de Soumeylou Boubeye Maïga à la primature : Mission ratée ?

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Cela fait 100 jours, ce mardi, que Soumeylou Boubeye Maïga a été appelé à la rescousse d’un navire à perte d’orientation suite au décret N°2017-1033/P-RM du 30 décembre 2017. Il est à la tête du 5e gouvernement d’IBK après Abdoulaye Idrissa Maïga. Son passage à la Défense l’atteste avec le scandale du marché des équipements militaires. Une chaussette à 40 euros soit 26.240 F CF. Qui dit mieux ? Mais qu’a-t-il fait depuis ? Dès son entrée sur scène, le tout nouveau premier ministre a pris ses marques, notamment sa fermeté sur l’insécurité qui prévaut, l’une des préoccupations majeures des Maliens. Aussi, des séries de promesses assez costaudes ont été faites. Mais, au fil des mois, il a suscité de la frustration dans l’opinion puisqu’il a beaucoup dit, mais peu d’action jusque là. Que de discours vides ! Au lieu d’amener du changement dans le pays, il est considéré comme opportuniste, quelqu’un qui n’a qu’un seul projet, celui de sauver IBK à tout prix et de le faire réélu pour le bonheur du clan. Finalement, comme d’habitude, les fruits tant attendus ont pourri dans le couffin des Maliens. De la sécurité alimentaire à la sécurité physique en passant par l’éducation, la situation reste toujours chaotique dans le centre et le nord du pays. Les 100 premiers jours de Soumaila Boubaye Maiga n’ont pas apporté de changements. Finalement, ils sont tous pareils, aucun d’entre eux n’a fait quelque chose pour marquer l’histoire. Pardon, un oubli. Il y a au moins un exploit en faveur du nouveau premier ministre: « la visite à Kidal sans bains de sang ». Mais à quel prix? Un ticket d’entrée qui a coûté la peau des fesses. Avant d’obtenir son visa pour Kidal, SBM a rendu visite aux Ségouviens avec 50.000.000. F. CFA dans sa valise. Cette somme affectée dans les frais de mission aurait été retirée dans la caisse du Trésor pour être ensuite distribuée dans des enveloppes aux chefs et leaders de cette localité. Imaginer, combien nous a coûté le voyage de Kidal. Euh ! Pour l’instant, gardons-le sous silence. >, disait un adage bambara. Peut-on dire que l’arrivée de SBM a freiné la baisse vertigineuse de son chef IBK ? En tout cas, la tendance est tout autre sur le terrain. Après la gouvernance délabrée et calamiteuse de ses prédécesseurs, la direction prise par le sauveur d’IBK au début, qualifié comme l’homme de la situation pour ses relations extérieures notamment avec l’Algérie, a-t-elle fait chavirer le navire au beau milieu de la mer? C’est ce directoire de 36 ministres qui, peut-on le dire, dirige le bilan d’IBK déjà en exécration dans l’abîme, mettant ainsi en cause la représentativité de l’État. La réalité est inquiétante. Les trois grandes sorties populaires de dénonciations après des visites éhontées des prédateurs à leurs noms, notamment de Koutiala , de Gao et la sortie de plus de 20.000 marcheurs la semaine dernière à Keniéba s’ajoutent, l’effritement de la CAFO par madame la ministre monarque Oumou Touré. Des évènements qui prouvent à suffisance la dégringolade d’IBK et de son équipe. Aucun changement. L’insécurité est grandissante Malgré les vieilles promesses de SBM de redéploiement de plus de 4.000 FAMA avec une enveloppe d’un demi-milliard dans la partie septentrionale et du centre du pays, la situation sécuritaire reste toujours préoccupante. Pour rappel, lors de son passage à Mopti le 12 février dernier après l’explosion d’une mine à Boni qui a fait 25 morts, comme pour annoncer la descente d’un messie prométhéen, beaucoup de promesses rassurantes jusqu’à lancer un ultimatum aux djihadistes, ont été canotées par le PM: « Nous allons chercher les bandits armés et terroristes où qu’ils se cachent et nous les neutraliserons » disait-il .Et depuis, vivre dans cette région du centre et le nord relève du parcours du combattant. Certainement, le destrier tant attendu serait trouvé avec un pied cassé. Pour preuve le 5 avril dernier, Amnesty International a fait un communiqué alarmant et désolant sur la situation sécuritaire et humanitaire galopante du pays depuis 2018. Selon ledit communiqué, 214 000 élèves n’étudient plus en raison de la fermeture de 714 écoles dans le pays dont 440 à Mopti dû à l’insécurité et aux manœuvres d’intimidation des assaillants. Et, en plus des blessés, plus de 100 personnes(militaires et civils) ont péri dans les attaques et explosions depuis le début de l’année sous la barbe des missions onusiennes françaises et nationales. Une triste réalité qui s’ajoute aux regains d’enlèvements et d’incinération des structures publiques par quelques poignées de djihadistes, dont le cas d’un barrage à Mopti qui a réduit une trentaine de milliards de nos francs en cendre. Nos militaires ne sont-ils pas bien armés par l’ex-ministre de la Défense pour contrer les ennemis ou bien y’a-t-il un comble contre la population malienne? À SBM de répondre. La situation humanitaire toujours tendue La cherté de la vie et le chômage s’ajoutent à la pénurie d’eau que subissent plus de 900 000 Maliens dans plusieurs localités de la capitale et des régions. Une situation qui rend la vie difficile au Mali, un véritable calvaire sans précédent. Plus de 4 millions de personnes ont besoin d’aides humanitaires au Mali cette année 2018. Et pire encore ,dans une sortie médiatique la semaine dernière, la directrice du bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a déclaré que « la situation humanitaire au Mali n’a connu aucune évolution positive ».Que préconise donc le gouvernement SBM pour secourir ces misérables? La santé devient de plus en plus introuvable. En dépit des négligences incessantes infligées aux patients dans les centres de santé communautaire et les longues files d’attente aux guichets de délivrance des fiches de consultation dans les grands hôpitaux notamment Gabriel Touré et l’hôpital du Mali, les malades sont exposés à la carence d’eau à l’hôpital de Point G depuis quelques mois. Les bouilloires, les robinets et les fontaines sont asséchés. Une situation désolante qui oblige les malades jour et nuit d’aller payer l’eau de traitement dans les familles environnantes. Le chômage reste toujours une réalité Lors de sa rencontre avec les jeunes de l’ACI 2000, « l’homme blanc » de la primature a annoncé ses projets d’insertion et d’intégration de la jeunesse sans oublier l’éducation nationale, un des gros dossiers poussiéreux de son mentor IBK. Il annonça l’arrivée d’un premier lot de 13.000 tablettes destinées aux étudiants honorant ainsi à une promesse de campagne presque tombée dans les oubliettes : >. Que s’est-il passé aux conteneurs transportant ce lot ? La promesse est une dette dont on doit s’en acquitter. Aussi ,selon nos investigations le nombre des jeunes autour des théières s’accroît de jour à jour. Plus de 5000 sortants des instituts de formation des maîtres (IFM) dont 2000 de la capitale errent aujourd’hui avec leurs bagages intellectuels entre les étales dans les marchés et les chantiers de construction de maisons. Quelle désolation ! L’élection présidentielle du juillet prochain en danger Faire réélire IBK à tout prix serait la raison principale qui a poussé le châtelain de Sébénikoro à jeter son dernier dévolu sur le « Tigre malien » selon certains Maliens. À quelques encablures de l’élection présidentielle, la situation sécuritaire suscite à suffisance maints soupçons dubitatifs sur sa faisabilité même, si les tenants de la ruche l’affirment. Après sa visite négociée à Kidal, Tessalite et autres, les populations civiles sont devenues des proies pour les assaillants. Suite à l’incinération d’une dizaine de classes et le centre d’État civil de Debéré par les assaillants , le mercredi 28 mars, un adjudant-chef de la garde nationale a été égorgé dans son lit par les terroristes avant d’attaquer l’hôtel Falaise de ladite localité faisant deux blessés, un civil et un garde selon l’armée. Par ailleurs, le 06 Avril dernier les Kidalois ont célébré l’anniversaire du déclenchement du mouvement séparatiste CMA. Les drapeaux de l’Azawad flottaient dans les coins et les recoins de Kidal. SBM voudrait-il mettre une lunette d’argile aux yeux des Maliens par cette visite négociée ? Étonnant! Les régions touchées par la crise sont celles de Gao, Kidal, Ségou, Mopti et Tombouctou. Dans un interview accordé à votre quotidien le Combat le 26 mars dernier, sur le questionnement de la lenteur de délivrances des cartes NINA, des Cartes d’électeurs et de l’insécurité rampante, l’écrivain traditionaliste Doumbi Fakoly dévoilait le comble de Koulouba :>. Le temps lui donnera-t-il raison ? Au lieu de faire campagne avec l’argent des contribuables maliens, il est temps que SBM et son mentor IBK changent de lunettes de correction, car leur myopie ne fait qu’à s’aggraver par des comportements fâcheux et des promesses sans suite. Pour le respect des Maliens, le gouvernement actuel doit exécuter, ne serait-ce que la bonne tenue des élections afin de redonner espoir aux Maliens. Un Mali debout ne peut être une réalité sans une avancée conséquente de nos dirigeants et sans opérer des changements dans la vie du peuple. Mais malheureusement, les attentes des Maliens ne sont toujours pas comblées. En somme, on ne peut rien compter sur les 100 jours de Soumeylou Boubeye Maïga à la tête du gouvernement comme réalisation. Seydou Konaté : LE COMBAT Source : aBamako aBamako

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