EDM S.A – SUTEELEC – Intersyndical : Un préavis de grève autant illégal que les auteurs illégitimes

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Le saviez-vous ? Parmi les points de revendication des grévistes d’EDM S.A figure l’augmentation des tarifs d’eau et d’électricité. Et ils demandent en outre aux consommateurs et clients d’EDM de les soutenir dans leur démarche ! Drôle non ? Et tenez-vous bien : nos grévistes sont non seulement illégitimes au regard de la présence de retraités parmi eux mais ont également des entités parallèles en leur sein. Fort heureusement, la contestation est venue de l’intérieure, à travers d’autres syndicats visiblement plus responsables lesquels ont décidé de boycotter le mouvement. D’où l’échec ! La guerre de Troie n’a finalement pas lieu. Les grévistes l’on eux-mêmes fait savoir à travers un communiqué mais au motif que le Gouvernement a accédé à tous les points de revendications. Des affirmations à prendre avec beaucoup de précaution. Il nous revient, qu’il n’y a eu le moindre accord. C’est par crainte de perdre la face que les initiateurs du mouvement se sont tout simplement dégonflés. Et pour cause. Deux syndicats, à savoir, le SYLSEM (Electricité) et le SYLSEAU (SOMAGEP) s’y sont totalement opposés et ont, chacun pour sa part, tenu une assemblée Générale d’information à l’intention des travailleurs et pour les besoins de la cause. Le SYLSEM a clairement justifié sa position à travers des notes et affiches largement distribuées au personnel (lire encadré). Comme pour dire que dans leur écrasante majorité, les travailleurs d’EDM n’étaient pas partants pour cette grève de 48 heures. Mais qui sont donc ces syndicats grévistes ? Il s’agit du SUTEELEC et de l’INTERSYNDICAL, deux mouvements évoluant dans des conditions plutôt troubles. La SUTEELEC, c’est le Syndicat des Travailleurs de l’Eau et de l’Electricité. Il est censé comprendre ceux de la SOMAGEP et la SOMAPEP. Et l’Intersyndical est présumé abriter le SYNACOM et le SUTEELEC. Des revendications farfelues Ces syndicats (SUTEELEC) et l’Intersyndical ont ainsi, à la date du 21 mars dernier, élaboré un préavis de grève comportant 12 points de revendications (lire encadré). Et parmi les doléances, figure, au point 3, l’exigence portant sur «le réajustement des tarifs d’eau et d’électricité permettant de couvrir les coûts de production de l’eau et de l’électricité». «L’ajustement» ne signifie autre que l’augmentation. En clair, les deux mouvements exigent une augmentation des tarifs d’eau et d’électricité. Pour une société qui ne parvient encore à fournir correctement l’électricité et qui exige par surcroit une augmentation des tarifs… Et ce, pendant que la Centrale Syndicale à laquelle ils sont affiliés, à savoir l’UNTM, cherche encore et toujours la baisse des mêmes tarifs. Comme pour dire que ce comité syndical ne parle le même langage que la centrale-mère. Et il y a pire ! Dans ses points 4 et 5, les deux syndicats exigent des subventions en ces termes : «revoir à la hausse la subvention d’EDM S.A » et «l’octroi d’une subvention conséquente à la SOMAGEP S.A». Arrêtons-nous là un instant ! Les deux syndicats demandent, non, exigent à la fois une augmentation des tarifs, mais aussi des subventions de l’Etat ! Rappelons qu’en 2010-2011, sous la pression de l’UNTM, le gouvernement a accordé une baisse des tarifs d’eau et d’électricité grâce à une subvention conséquente de la société EDM S.A. Le régime politique actuel a maintenu lesdites subventions dans le souci d’éviter une hausse des tarifs. Nous en sommes toujours là. Mais voilà qu’aujourd’hui, en plus de l’augmentation, ces deux syndicats exigent des subventions conséquentes ! Sait-on véritablement ce que l’on veut à la SUTEELEC et à l’Intersyndical ? Des grévistes illégitimes Le SUTEELEC dit-on, est censé abriter le comité syndical de la SOMAGEP et de la SOMAPEP. Et pourtant, dans le sous-secteur de l’Eau, existe déjà un syndicat dénommé SYLSEAU (Syndicat Libre de l’Eau) agissant au nom de la SOMAGEP et de la SOMAPEP). Ce dernier (le SYLSEAU) s’est d’ailleurs désolidarisé du mouvement de grève à la faveur d’une A.G d’information jeudi dernier. Comme pour dire que le SUTEELEC ne représente nullement le SYLSEAU lequel a tenu à le faire savoir. En impliquant donc ce syndicat dans son mouvement, le SUTEELEC fait une usurpation de titre. Il y a aussi ce cas plutôt ambigu. Sur le préavis de grève, existe trois signatures et cachets, à savoir ceux du secrétaire général du SUTEELEC (Namourou Koné) et des «secrétaires généraux» de l’Intersyndical, «Baba Dao » et Abdoulaye Cissé». Le préavis de grève est signé au nom de l’Intersyndical par Baba Dao et Abdoulaye Cissé, tous deux «secrétaires généraux» pendant que les inscriptions du cachet de «Abdoulaye Cissé» sont les mêmes que celui de Namourou Koné secrétaire Général du SUTEELEC. Pour faire court, le SUTEELEC a deux secrétaires généraux. Et tous deux sont signataires des avis et décisions. Ce, en violation des statuts et règlement intérieur de toute association qui se respecte. Il y a manifestement vice de forme surtout qu’il n’y a jamais eu de renouvellement de bureau depuis la naissance de ce syndicat. Aussi, le présumé secrétaire général du SUTEELEC, signataire du préavis de grève, à savoir, Namourou Koné, a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à partir de janvier 2018. C’est donc un retraité qui parle et agit en ce moment au nom des travailleurs actifs. Pour tout dire, il n’a pas qualité à occuper ce poste syndical exclusivement réservé aux travailleurs en activité. Il est plutôt apte pour l’association des Travailleurs retraités d’EDM SA (l’entité existe). C’est dire que les personnes à l’origine du préavis de grève ne sont celles légitimement indiquées. Pour ce motif, elles sont susceptibles de poursuites. En outre, a-t-on idée de lancer un mouvement de grève en ce moment précis où la société ne parvient pas à satisfaire la demande et au moment où les populations souffrent le martyre pour cause de délestages et de coupures ? B.S. Diarra PRÉAVIS DE GRÈVE SUTEELEC – INTERSYNDICAL EDM S.A 21 Mars 2018 Au Ministre du Travail et de la Fonction publique, Chargée des Relations avec les Institutions Objet : préavis de grève de 48 heures Nous, SUTEELEC (SOMAGEP S.A – SOMAPEP S.A) et INTERSYNDICAL D’EDM S.A (SYNACOM – SUTEELEC) 1. Exigeons des efforts à l’Etat pour un meilleur accès des populations à l’eau et à l’électricité en améliorant le taux de desserte ; 2. Exigeons le respect et le suivi des plans d’investissement dans le cadre de la réforme institutionnelle du sous-secteur de l’eau et de l’électricité 3. Exigeons le réajustement des tarifs d’eau et d’électricité permettant de couvrir les coûts de production de l’eau et de l’électricité ; 4. Exigeons de revoir à la hausse la subvention d’EDM S.A 5. Exigeons l’octroi d’une subvention conséquente à la SOMAGEP S.A 6. Exigeons l’application d’un tarif préférentiel de l’électricité à la SOMAGEP S.A pour alléger le coût de production de l’eau ; 7. Exigeons la diversification des sources d’énergie pour le pays en investissant davantage dans l’hydraulique et les énergies nouvelles et renouvelables ; 8. Exigeons la stabilité dans la gouvernance des entreprises 9. Exigeons la présence des partenaires sociaux au sein du conseil d’administration de l’EDM S.A 10. Exigeons l’application intégral du protocole d’accord signés entre l’Etat du Mali et les travailleurs du sous-secteur de l’eau et de l’électricité ; 11. Exigeons la résolution rapide des différends liés à l’environnement du site de BALINGUE dans le cadre du respect des normes d’hygiène, de sécurité, et de santé en milieu de travail ; 12. Exigeons l’accompagnement de l’Etat à l’intégration des nouveaux centres. 13. La non-satisfaction des points ci-dessus évoqués entrainera une grève d’avertissement de 48 heures à compter du lundi 09 Avril 2018 à partir de 00 heure au mercredi 11 Avril 2018 à 00 heure sur toute l’étendue du territoire national… SYNDICAT LIBRE DU SECTEUR DE L’ENERGIE DU MALI : Décision de boycott Avis d’information Le SYLSEM a l’honneur de porter à la connaissance de ses militants et à l’assemble des travailleurs de la société Energie du Mali ce qui suit : – Camarades travailleurs ! Depuis quelques jours le SYLSEM constate par voix d’affiche un préavis de grève de certains partenaires sociaux auxquels nous devons respect et considération. – Ainsi, le SYLSEM après analyse et réflexion, arrive aux constats suivants : – A°. Dans la forme : le droit de grève est une prérogative syndicale défini et garantie par la législation malienne dans les contours de la loi organique du code de travail dans notre pays. Toutefois, le droit de grève définit dans la loi Malienne n’est pas une obligation aux travailleurs non désireux de participer. En la matière, l’administration de la tutelle est tenue de retenir sur le salaire des travailleurs grévistes le nombre de jour de grève constaté selon la loi malienne en vigueur. B°. Dans le fond, camarades travailleurs, le SYLSEM, au regard des différents éléments des revendications sur les affiches, note : 1) Absence remarquable d’élément fiable pouvant concerner directement la vie des travailleurs de notre société EDM ; 2) Constatons la réelle volonté de déstabilisation programmée de notre société EDM au profit de la SOMAGEP dans la tarification préférentielle exigée ; 3) La substitution de ces différents partenaires sociaux au pouvoir public ; 4) La manipulation externe de certains partenaires sociaux en complicité avec certains de nos agents et cadres au maquillage syndical pour des raisons claniques inavouées. 5) Manque de respect et de considérations aux travailleurs de notre société ; 6) Considération par les différents partenaires sociaux à prendre les travailleurs comme de la valeur marchande. Rappel : Camarades travailleurs ! Comme vous le constatez, la SOMAGEP est une société créée depuis le 03 Mars 2011 suite à une restructuration de l’EDM depuis bientôt une décennie. Tous ces différents signataires du préavis de grève d’aujourd’hui étaient d’accord en son temps. Camarades travailleurs ! On ne doit commencer à prendre son échec comme base de combat après une décennie de bonne collaboration. Camarades travailleurs ! L’honnêteté intellectuelle recommande le silence ou la démission après un échec et non le contraire Camarades travailleurs ! Ne portons par le menton de nos échecs aux autres Nous rappelons que le SYLSEM n’a vu le jour seulement qu’en janvier 2015 CONCLUSION Ainsi, au regard de ce qui précède, le SYLSEM demande à ses militantes et militants d’une part et à l’ensemble des travailleurs de l’EDM d’autre part, à ne pas obéir au mot d’ordre de grève du 09 au 11 Avril 2018. A considérer cette grève comme un non-événement. Le SYLSEM invite l’ensemble des travailleurs à veillez scrupuleusement à la vie de notre société et à songer à l’avenir de ses milliers de jeunes qui viennent de commencer fraichement leur carrière. Le SYLSEM a pour principal objectif la mise à l’abri de notre société des querelles de personnes et d’intérêts. Salue l’ensemble des travailleurs pour la sauvegarde de l’intérêt supérieur de notre société et le profond civisme dont faites preuve… Bamako le 03 Avril 2018 Le Secrétaire Général Mamadou B. Touré Source : aBamako aBamako

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