Campagne agricole 2017, 2018, 2019 au crible : Résultats, promesses et inquiétudes dans le semoir

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Le Comité Exécutif National de l’Agriculture (CENA) s’est tenu le mardi 10 avril dernier, à la Primature, sous la présidence du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Tièna Coulibaly. C’était en présence des ministres de la l’Agriculture ; de l’Elevage et de la Pêche et des représentants des projets et programmes. Au menu de cette session extraordinaire, le plan de campagne consolidé et harmonisé 2017-2018 et celui de 2018-2019. Le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Kané Rokia Maguiraga et celui de l’Agriculture, Nango Dembélé, ont saisi l’occasion pour présenter les résultats de la campagne agricole qui vient de s’achever. Malgré les multiples difficultés ça et là, la campagne agricole écoulée, aux dires de ces ministres, est jugée satisfaisante dans l’ensemble. Avec 726 000 tonnes de coton graine, le Mali a repris la place de premier producteur de l’or blanc en Afrique de l’ouest. La production céréalière est estimée à 9,51 millions de tonnes, soit un excédent de 3,77 millions de tonnes. Aussi, plus de 76 000 tonnes de viandes, 100 000 tonnes de poissons et 600 millions de litres de lait ont été produits au cours de la campagne écoulée. A cela s’ajoutent, 14 194 vaches inséminées et 42,8 millions d’animaux vaccinés. Malgré ces resultats encourageants, des inquiétudes demeurent. Si un moment, le ministre de l’Agriculture, Nango Dembélé était allergique au terme ‘’d’insécurité alimentaire’’ qui se profilait à l’horizon, il a fini par reconnaitre que plusieurs localités du Mali sont menacées par une insécurité alimentaire préoccupante. Selon différents rapports, cette année, plus de 4 millions de Maliens sont directement touchés par l’insécurité alimentaire. Le ministre Nango Dembélé tente de justifier cette crise alimentaire par les commerçants des pays voisins qui viennent s’approvisionner en céréales au Mali. Pourtant, la principale cause n’est autre que le déficit pluviométrique enregistré dans plusieurs zones agricoles du Mali lors de la campagne précédente. C’est pour atténuer la souffrance des populations vulnérables à cette situation très préoccupante que le gouvernement à travers le Commissariat à la Sécurité Alimentaire et le ministère de l’Action Humanitaire et du Développement Social, a entrepris la distribution gratuite de vivres dans certaines les localités déjà touchées. A ce jour des centaines de tonnes de céréales ont été distribuées. Les participant à la 8ème session du (Cena) ont également évoqué le plan de la campagne agricole 2018-2019 pour laquelle, les ambitions ne sont pas des moindres. Au chapitre des prévisions pour la campagne agricole à venir, le ministère de l’agriculture table sur une production céréalière (toutes spéculations confondues) de 10 millions de tonnes et 750 000 tonnes de coton graine. Le ministre de l’Elevage et de la pêche, Mme Kané Rokia Maguiraga, envisage de son coté de faire mieux à la prochaine campagne agricole. En attendant que le plan de campagne 2018-2019 soit adopté au prochain Conseil Supérieur de l’Agriculture, la ministre de l’Elevage et de la Pêche a exprimé un besoin de 29 milliards FCFA pour l’atteinte des objectifs fixés. Par ailleurs, l’atteinte des objectifs de la campagne agricole passera également par la prise de certaines. Au nombre desquelles, l’intensification des opérations de pluies provoquées, la lutte contre la chenille et autres nuisibles agricoles dont la menace est réelle et imminente sur les cultures en Afrique de l’ouest, selon de nombreuses études. Le ministre de la Défense et des Anciens Combattant, représentant le Premier ministre à cette session extraordinaire du CENA, a rappelé que l’agriculture est un secteur stratégique, voire vital pour le Mali. Avant d’assurer que le gouvernement mettra tous les moyens qu’il faut, pour gagner le combat de la souveraineté et l’autosuffisance alimentaire. Rappelons que le CENA est un cadre pour les acteurs du monde rural, les partenaires et les décideurs de se concerter sur les avancées, les défis et les perspectives du secteur. Aboubacar Berthé Source : aBamako aBamako

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