IBK-Soumaila Cissé : deux destins inséparables

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Dans sa conquête de Koulouba, le destin de Soumaila Cissé semble être lié à celui d’IBK, son principal adversaire. Tout au long de sa quatrième compétition, le chef de file de l’opposition s’est toujours armé de patience et de rejouer la manche suivante jusqu’à cette présidentielle de 2018 qui s’annonce peut-être sa derrière tentative. Et force est d’admettre qu’il n’a manifesté d’autre choix que d’investir toute son énergie et ses ressources politiques dans la bataille. Sauf que pour espérer accéder à la magistrature suprême, il aura besoin de la candidature d’IBK. Or jusqu’à preuve du contraire on est en droit d’affirmer qu’IBK n’est pas candidat à sa propre succession. En effet, à trois petits mois de la présidentielle, il ne s’est toujours pas prononcé sur la question et ne fait rien non plus pour orienter ses troupes. Au contraire, il est allé jusqu’à dire qu’il ne sera pas le porte-drapeau de sa propre famille politique. Serait-il dans l’expectative de la plateforme en gestation ou est-ce pour répondre à ces détracteurs qui, après avoir jugé son bilan mitigé, réclament haut et fort son renoncement à un second mandat, avec le slogan « Boua ka bla ». Et si IBK renonçait à un second mandat, il aura signé du même coup l’acte du décès politique de Soumaila Cissé, le chef file de l’opposition. En effet, un renoncement d’IBK va pousser tous ceux qui rêvent de gouverner un jour le Mali - et qui sont dans une logique d’alternance en 2018 - de tenter leur chance au lieu de soutenir une plateforme pilotée par le chef l’opposition. L’Honorable Cissé n’a pas l’air de l’ignorer et c’est ce qui semble expliquerait peut-être sa réticence à son tour de se déclarer candidat, quoique cela relève d’une simple formalité. On peut en déduire que le destin de Soumaila Cissé est intimé lié celui d’IBK et que la fin de la carrière politique du second risque d’entraîner celle du premier. Amidou Keita ===================== Jeu de dupes à trois entre IBK, Boubèye et Tréta Par-delà les assurances que n’a de cesse de donner le Premier Ministre sur le respect des délais constitutionnels de l’élection présidentielle, il n’est pas exclu qu’une alternative au scrutin se prépare discrètement dans les têtes et peut-être même dans les actes. A l’Assemble nationale, par exemple, peu de témoins ne s’interrogent pas sur l’intrigant tête-à-tête entre le président de l’hémicycle Issaka Sidibé et le chef du Gouvernement fraîchement nommé, un épisode qui ne s’expliquait, aux yeux de certains observateurs, que par les échanges autour des schémas alternatifs à la tenue de l’élection présidentielle. Les soupçons sont par ailleurs cristallisés par les incertitudes sur la candidature d’IBK et la sournoise mais très farouche bataille que se livrent, pour le contrôle de la majorité présidentielle, le président de la CMP et le Premier ministre qui s’estime chef de la même majorité. Ce n’est pas fortuit quand on sait chacun des deux hommes se positionne en réalité pour attirer dans son escarcelle les composantes de cette majorité présidentielle dans la perspective d’un retrait éventuel d’IBK de la course. C’est dire que le combat pour la réélection d’IBK est déjà sur le point d’être affecté par les appétits propres. Source : aBamako aBamako

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