Justin Trudeau défend la participation du Canada à la mission au Mali

1
Justin Trudeau a défendu lundi, à Paris, la décision de son gouvernement de participer à la mission onusienne de maintien de la paix au Mali, et vanté les mérites du nouvel accord de libre-échange Canada-Europe, qui n'est pas encore ratifié. Le premier ministre a fait ces commentaires lors d'une allocution en compagnie d'Emmanuel Macron, au terme d'un déjeuner de travail avec le président français. M. Macron a fait du Mali une priorité de son gouvernement. M. Trudeau a soutenu que l'approche du Canada pour ces missions de maintien de la paix - une approche qui se concentre sur le rôle des femmes, le sort des enfants-soldats, la promotion de la formation militaire et un déploiement plus ciblé des ressources - convient bien à l'ère moderne, qui est le théâtre de conflits internationaux moins bien circonscrits, sans mentionner les périls imprévisibles associés au terrorisme. Le Canada et la France ont également conclu lundi des accords bilatéraux pour lutter contre les changements climatiques et protéger la diversité culturelle. «La ministre française de la Culture et la ministre canadienne du Patrimoine ont signé aujourd'hui la déclaration conjointe sur la diversité culturelle et l'espace numérique», s'est félicité M. Trudeau. Le président Macron a soutenu de son côté que cette coopération franco-canadienne permettrait «une meilleure régulation et la défense de nos préférences collectives en la matière, qu'il s'agisse de l'internet ou de l'intelligence artificielle». Pendant la conférence de presse avec M. Macron, M. Trudeau a insisté longuement sur l'importance du nouvel accord de libre-échange Canada-Europe, qui entrera en vigueur en septembre. L'Accord économique et commercial global («CETA»), qui est partiellement en vigueur, n'a pas encore été ratifié par les pays signataires, et il existe en France une résistance dans certains milieux. «Avec l'entrée provisoire de "CETA" depuis plusieurs mois déjà, on voit des investissements positifs pour les Canadiens, pour les Français, la création d'emplois, on voit des opportunités pour vos agriculteurs à vendre plus de fromage au Canada, par exemple, a rappelé M. Trudeau. C'est en train d'arriver déjà, et j'ai énormément confiance qu'à cette étape de ratification, non seulement la France va être là, mais va démontrer le leadership au sein de l'Europe que tout le monde s'attend de voir de la France. «On reconnaît évidemment que tout accord peut être amélioré, et sera amélioré au fil des années. Mais j'ai toujours cette question que si l'Europe n'est pas sûre qu'ils veulent faire un accord commercial avec le Canada - pays qui partage tellement les mêmes valeurs, les mêmes priorités sur l'environnement, sur la croissance inclusive, sur tout -, bien, avec quel pays l'Europe voudra-t-il faire, signer un accord commercial?» Francophonie et Mali Plus tôt pendant la journée, la secrétaire générale de la Francophonie et ex-gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, avait remercié M. Trudeau de s'être joint à la mission au Mali, qui se remet d'une autre attaque menée par des extrémistes. L'attaque survenue dimanche visait deux bases près de Tombouctou, où des extrémistes apparemment déguisés en Casques bleus ont fait exploser plusieurs bombes et tiré des roquettes vers les forces internationales. Un Casque bleu a été tué et plus d'une dizaine d'autres, dont plusieurs soldats français, ont été blessés. Michaëlle Jean a déploré l'attaque lors de sa rencontre avec M. Trudeau, au siège de l'Organisation internationale de la Francophonie, à Paris. Elle a remercié le Canada d'avoir accepté d'envoyer des forces au Mali, ancienne colonie française et membre de la Francophonie. Le Canada prévoit déployer six hélicoptères militaires au Mali, plus tard cette année, pour participer aux évacuations médicales et transporter du matériel et des munitions. Le Mali est considéré à l'heure actuelle comme la mission de maintien de la paix la plus périlleuse au monde. Un total de 166 Casques bleus y ont été tués depuis 2013, dont plus de la moitié par des «actes malveillants», selon les Nations unies. Mardi, M. Trudeau deviendra le tout premier chef de gouvernement canadien à prononcer un discours devant l'Assemblée nationale française, et le premier leader étranger à le faire depuis le roi Felipe d'Espagne, en juin 2015. Il devrait aborder la montée du nationalisme, du populisme et de la xénophobie, devenus d'importantes sources d'inquiétudes en France et ailleurs en Europe depuis quelques années. Une bonne partie de la visite de deux jours de M. Trudeau sera aussi axée sur le commerce, alors que le Canada souhaite diversifier ses échanges commerciaux pour réduire sa dépendance envers le marché américain. Le premier ministre souhaitera marteler les avantages potentiels de l'Accord économique et commercial global. «En 2017, les importations du Canada en provenance de la France ont progressé de quatre pour cent par rapport à l'année précédente, et les investissements canadiens en France ont, quant à eux, augmenté de 23%, disait-il lundi. Avec seulement quatre ou cinq mois de mise en vigueur, l'année passée, du CETA, on voit déjà les résultats et on continue d'en voir à chaque semaine partout en France, partout au Canada, partout à travers l'Europe.» M. Trudeau se rendra mardi soir à Londres, où il rencontrera la reine Elisabeth II; il s'entretiendra mercredi avec son homologue britannique, Theresa May. Le premier ministre assistera ensuite à une rencontre des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth, jeudi à Londres. Source : aBamako aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here