Prévention des risques professionnels: la SOMASST à l’avant-garde du combat

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Pour une meilleure sécurité et santé au travail, la Société malienne de santé et de sécurité au travail (SOMASST) a organisé, samedi dernier, à l’hôtel Maeva à ACI 2000, en partenariat avec les ministères de la Santé et de la Solidarité, un atelier d’échanges sur la prévention des risques professionnels au travail dans notre pays. L’ouverture des travaux était présidée par le représentant du ministre de la Solidarité et de l’action humanitaire, Amadou Diallo. Outre le représentant du ministre de la Solidarité, on y notait également la présence du président de la SOMASST, le Dr Zapré Coulibaly, des représentants de la SOMASST venus des communes du district et de l’intérieur du pays. Selon le Dr Coulibaly, la SOMASST vise entre autres, la promotion de la santé et la sécurité au travail dans tous ses aspects ; l’incitation à la mise en œuvre d’un cadre règlementaire et législatif de l’exercice de la médecine du travail ; l’organisation de rencontres à caractère scientifiques ; l’appui aux entreprises dans la mise en des actions préventives des accidents du travail et des maladies professionnels et l’amélioration des conditions d’hygiène et de sécurité au travail. Toutefois, il reste convaincu que pour évoquer la question de santé, sécurité au travail, l’on ne saurait passer sous silence le rôle des pouvoirs publics, des employeurs, des travailleurs et des professionnels de santé. Les pouvoirs publics élaborent et mettent à jour la politique nationale de santé au travail basée sur la législation nationale, alors que les employeurs sont tenus de faire en sorte que les lieux de travail, les machines, les matériels et les procédés de travail placés sous leur contrôle de même que les substances et les agents chimiques, physiques et biologiques ne présentent pas de risques pour la sécurité et la santé des travailleurs. Il relève de la responsabilité de l’employeur, à son tour, d’identifier et d’évaluer les risques d’atteinte à la santé sur les lieux de travail, de surveiller les facteurs du milieu du travail et les pratiques de travail susceptibles d’affecter la santé des travailleurs, d’élaborer des programmes de prévention et de bonnes pratiques de travail ; de donner les informations, les instructions et les conseils nécessaires… Selon le Dr Zapré Coulibaly, les travailleurs et leurs représentants doivent être associés au processus décisionnel portant sur l’organisation des programmes de prévention et leur mise en œuvre. Les professionnels de la santé au travail doivent aider l’employeur à s’acquitter de son obligation de veiller à la santé et à la sécurité des travailleurs, donc à maintenir leurs capacités de travail, a expliqué le président de la SOMASST. Tout professionnel de la santé au travail se doit de respecter le secret médical, de déclarer en coordination avec la direction de l’entreprise les accidents du travail et les maladies professionnelles conformément aux réglés d’ethnique professionnelle, a-t-il poursuivi. Il assure aussi les examens médicaux prévus par la loi et parfois des examens complémentaires. Le professionnel a attiré l’attention des décideurs sur la situation particulière de la sécurité et la santé dans les secteurs de l’agriculture et de l’informel. Il s’agit, selon lui, de deux secteurs certes pourvoyeurs d’emplois, mais aussi, des risques professionnels très importants. La part de la main-d’œuvre agricole (paysanne) atteint, voire dépasse les 2/3 de la population active dans notre pays, a-t-il soutenu. Comparés aux travailleurs d’autres secteurs, les travailleurs agricoles sont sous protégés, a regretté M. Coulibaly. Et pour cause ? « Ils connaissent des taux d’accidents mortels et graves plus élevés et malheureusement sont généralement exclus du régime de prestation ou d’assurance pour les accidents du travail et des maladies professionnelles ». Le paradoxe, indique-t-il, est que le secteur de l’agriculture constitue l’une des principales richesses de notre pays. Le Dr Coulibaly a déploré également l’émergence de nouvelles formes de souffrance au travail : les agressions, les suicides, les troubles cognitifs, les troubles musculo-squelettiques sans rapport avec le port de charges lourdes sans traumatisme, l’automédication, la peur, la menace la précarité, etc. Cela, en raison des nouvelles technologies et le développement des intelligences artificielles conduisant à des nouvelles formes d’organisation. Face à ces constats, prendre soin de la santé du travailleur devient comme un investissement pour l’employeur et vécu comme une satisfaction par le travailleur, a martelé le président de la SOMASST. Le représentant du ministre de la Solidarité a rappelé les efforts consentis par les pouvoirs publics pour la protection des travailleurs relevant de la fonction publique de l’État et celle des collectivités, de certains secteurs des fonctions libérales, notamment à travers les lois et règlements en matière de sécurité sociale au Mali… Concernant la préoccupation émise par le président de la SOMASST sur les secteurs agricole et informel, il a rassuré qu’une étude a déjà été menée par le gouvernement, dont les résultats sont encore attendus. Il a ainsi espéré que les résultats de cette étude donneront aux décideurs une orientation pour la prise en charge de ces couches. Il a souligné que l’initiative de la SOMASST renforcera l’expertise nationale en la matière et qui permettra sans nul doute aux travailleurs d’atteindre une meilleure qualité de vie et de travail. Par Sidi Dao Source : aBamako aBamako

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