Acquisition de biens et services à la CMDT – L’ancien PDG Modibo Koné rattrapé par ses casseroles : plus de 978 millions de francs CFA à justifier

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Mis en veilleuse pendant un moment, le rapport d’audit sur la mauvaise gestion au sein de la CMDT (Compagnie Malienne pour le Développement du Textile) qui a occasionné une perte sèche de 978.761.219 millions de francs CFA dans la caisse sera, bientôt remis au goût du jour. Élaboré par des experts, chargés de faire toute la lumière sur la gestion calamiteuse de ces fonds, ce dossier épingle Modibo Koné, Président Directeur Général (PDG) de la CMDT à l’époque des faits. Mais aussi, ses complices. À l’issue de leurs investigations, les enquêteurs sont tombés, à leur corps défendant, sur des zones d’ombre dans la gestion de ces 978 millions de francs CFA. Canal Plus Relégué aux oubliettes, ce dossier risque de sonner le glas pour l’ancien PDG de la CMDT, Modibo Koné, le président du Mouvement Mali Kanu (MMK) et non moins candidat à l’élection présidentielle du 29 juillet 2018. Avant d’envoyer ses complices en prison. Bien fouillé, ce dossier met à nu le contour, pour le moins mafieux, de la gestion des 978 millions de nos francs, au sein de la CMDT. À chaque rapport d’enquête, le même scénario : d’un côté, des voleurs de la République en rogne, soupçonnant le régime de « traficotage » des données. Et de l’autre, des cadres qui s’en défendent. Sans convaincre. Mais le dossier lié à la saignée financière, lors des opérations d’acquisition de biens et services à la CMDT en 2016 sous Modibo Koné et dont le montant s’élève à 978,76 millions de francs CFA, risque de tourner au cauchemar pour l’ancien PDG de la compagnie cotonnière du Mali, Modibo Koné. Celui-là même qui se trouve, aujourd’hui, être le candidat du Mouvement Mali Kanu à la présidentielle de juillet prochain. À en croire nos sources, la gestion de Modibo Koné, à la tête de la CMDT de Janvier 2016 à octobre 2016, jure avec l’orthodoxie financière. En chiffre, la caisse de la structure a subi une perte sèche de 978,76 millions de francs CFA. La raison est simple voire simpliste : les opérations d’acquisition de biens et services effectuées par la CMDT pendant l’exercice 2016 relève des dysfonctionnements et faiblesses dans le dispositif de contrôle interne. Mais aussi, des irrégularités financières qui se sont traduits par des manquements qui ont entaché la sincérité et la régularité desdites opérations. D’embrouilles en magouille Sous Modibo Koné, la CMDT n’a jamais disposé de manuel de procédures encadrant les opérations de conclusion, d’exécution et de règlement des contrats d’acquisition. La compagnie effectuait les acquisitions de biens et services sur la base de décisions prises par la Direction Générale. Cependant, ces décisions ne sont pas connues par tous les acteurs impliqués dans la gestion, plus particulièrement les Administrateurs des Filiales. L’absence d’un manuel de procédures peut engendrer un manque d’efficacité et d’efficience dans la réalisation des activités. Du coup, le PDG Modibo Koné a irrégulièrement attribué des commandes à un soumissionnaire. En effet, dans le cadre de la passation des contrats de commande d’emballages en cretonne, l’offre dudit soumissionnaire n’a pas été retenue lors de l’analyse technique effectuée par la Commission Technique d’Analyse des Offres (CTAO) et validée par la Commission d’Analyse des Offres (CAO). Malgré cela, le PDG Koné a demandé à la CAO, en annotant sur le Procès–verbal (PV) qui lui a été soumis, d’analyser l’offre financière du soumissionnaire éliminé. Ainsi, la CAO a élaboré un deuxième PV d’examen de rapport d’analyse dans lequel, elle propose d’adjuger 40% des commandes au même soumissionnaire non qualifié, soit 87,66 millions de FCFA au titre de la campagne 2016/2017 et 60% à celui qui avait été déclaré seul qualifié sur le premier PV. En outre, il est également ressorti que ce soumissionnaire, ayant bénéficié d’une attribution irrégulière de 40% des commandes, a demandé un transfert de son contrat à son concurrent, au motif qu’il a rencontré des difficultés financières. Un tel manquement et favoritisme a entraîné des retards dans l’exécution des commandes. Toutefois, la CMDT sous l’exercice 2016, a irrégulièrement passé les marchés par entente directe. Et comme si cela ne suffisait pas, elle a, sans motif valable, passé par entente directe le contrat de marché relatif aux travaux de construction de deux étages sur le bâtiment « annexe B » de la Direction Générale à Bamako. Bien plus, elle a attribué ledit marché de construction par entente directe à l’entreprise titulaire du marché de rénovation du bâtiment A, au motif que ce dernier a fait l’objet d’annulation. Cette pratique, contraire aux procédures d’approvisionnement de la CMDT, a été source de gaspillage de ressources. Autres révélation sur la gestion de la CMDT en 2016, les Filiales n’ont pas respecté la procédure d’approvisionnement. Cependant, les filiales Nord-Est, Centre et Sud ont établi des contrats qui ne renfermaient pas des clauses telles que la fourniture de caution de bonne exécution ; de retenue de garantie et d’avance de démarrage contrairement aux exigences des procédures internes. En outre, les filiales Nord-Est et Sud n’ont pas fait recours à l’appel d’offres restreint pour des achats dont le seuil l’exige. Le non-respect des procédures d’approvisionnement n’ont pas permis d’acquérir les biens et services au meilleur coût. Toutefois, le PDG Modibo Koné et l’Administrateur Général (AG) de la Filiale Nord-Est ont, irrégulièrement, attribué des marchés ayant entraîné des surcoûts d’un montant total de 123,27 millions de FCFA. Concernant le PDG Koné, il a attribué plusieurs contrats à des soumissionnaires alors que leur offre n’était pas la plus avantageuse, comme l’exigent les différents appels d’offres restreints y afférents. À titre illustratif, dans le cadre du contrat relatif à la fourniture d’emballages synthétiques, les PV d’analyse font ressortir que l’offre la plus avantageuse était à 449 millions de FCFA pour le lot 1 et à 304,38 millions de FCFA pour le lot 2, soit un total de 753,38 millions de FCFA pour les deux lots. Cependant, le hic qui titlt dans la gestion de la CMDT en 2016 est que le PDG Modibo Koné, a décidé de répartir les commandes en octroyant 60% au moins disant et 40% à trois autres fournisseurs. Ces derniers ont livré et facturé les commandes au prix initial, donc supérieur à celui de l’offre la plus avantageuse. Cette décision du PDG a rehaussé le montant des commandes à 790,45 millions de FCFA, soit un surcoût de 37,06 millions de FCFA. Par ailleurs, l’Assemblée Générale (AG) de la Filiale Nord-Est a écarté les offres les plus avantageuses, lors de la sélection d’un fournisseur relativement aux travaux d’investissement pour la campagne 2016/2017. En effet, suivant le procès-verbal d’ouverture et de proposition d’adjudication, l’offre la plus avantageuse pour le lot n°1 était à 48,49 millions de FCFA tandis que l’offre retenue était à 61,62 millions de FCFA, soit un surcoût de 13,13 millions de FCFA. Pour le lot n°2, l’offre la plus avantageuse était à 36,30 millions de FCFA tandis que l’adjudicataire était à 38,67 millions de FCFA, soit un écart de 2,36 millions de FCFA. Au même moment, l’AG de la Filiale Centre-SA n’a pas reversé les produits de vente de DAO (Dossiers d’appel d’offres). En violation des procédures internes de la CMDT, le montant de 1,03 million de FCFA, correspondant à ces produits, n’a pas été reversé dans le compte bancaire de la Filiale. Entorses à l’orthodoxie financière S’agissant des opérations de règlement des contrats d’acquisition de biens et services en 2016, la CMDT a effectué des paiements irréguliers. Ainsi, dans le cadre du contrat relatif à la livraison d’un « grader ou niveleuse et d’un bull », les procès-verbaux devant sanctionner la réception des acquisitions ont été émis avec des réserves. Ces réserves portaient, entre autres, sur la non-conformité des pièces de rechange, la non-fourniture du manuel de réparation et du schéma hydraulique, la fourniture d’un seul « ripper » au lieu de trois. Malgré les réserves formulées, le PDG Modibo Koné a ordonné le paiement du contrat par la CMDT. Ce manquement expose, aujourd’hui, la CMDT à des dépenses inopportunes. Plus grave encore, Modibo Koné et les AG des Filiales ont effectué des dépenses non autorisées par le Conseil d’Administration pour un montant total de 558,61 millions de FCFA. Ces dépenses non autorisées ont porté sur le recrutement d’un consultant chargé des études architecturales et techniques, le contrôle et la surveillance des constructions d’un entrepôt au port de San Pedro en République de Côte d’ Ivoire, un appui à l’Agence Nationale de la Météorologie pour des opérations de pluies provoquées ainsi que des dons et pourboires. De plus, elles ont également porté sur un dépassement non prévu et non justifié ordonné par le PDG Koné dans le cadre de l’exécution d’un contrat relatif à l’achat des groupes électrogènes. En effet, l’homme a ordonné le paiement d’un montant de 1,01 milliard de FCFA au lieu des 652,58 millions prévus dans le budget approuvé. Et comble de la « mangecratie » à la CMDT en 2016, le PDG Modibo Koné et l’AG de la Filiale Centre ont effectué des paiements indus d’un montant total de 34,72 millions de FCFA. Et comme si cela ne suffisait pas, le PDG a effectué des paiements supérieurs, comme par magie, à ceux requis dans le cadre du règlement des factures des fournisseurs de lubrifiants et d’hydrocarbure du fait du changement des prix officiels survenu avant la livraison. Cependant, il n’a pas tenu compte du retard accusé par le fournisseur dans la livraison, sans lequel le montant payé serait conforme aux engagements contractuels initiaux. Ce n’est pas tout. Loin s’en faut. Même l’AG de la Filiale Centre a procédé au paiement d’un montant supérieur au montant contractuel dans le cadre du règlement de la facture d’achat de 12 Fauteuils «demi-ministre» et 40 Chaises rembourrées visiteurs. Le montant surfacturé est de 825 000 FCFA. En bloc, il y a eu un trou de 978,76 millions FCFA dans la caisse de la CMDT en 2016. Du coup, il y a une dénonciation de faits au Procureur de la république, afin que l’ancien PDG de la CMDT, Modibo Koné et ses complices rendent à l’État malien ce qui n’est pas à eux : des sous perçus à l’issue des attributions irrégulières de marchés et aux paiements indus de millions à des coquins et coquines. Un scandale fumant Mais, pour nos sources, c’est cette situation pour le moins accablante que la justice s’apprête à sortir du placard. À en croire nos sources, généralement, bien informées, il s’agira pour ces spécialistes de faire toute la lumière sur la gestion de Monsieur Modibo Koné à la tête de la CMDT. Une gestion en proie à l’opacité. Élaboré, par des Experts en matière de contrôles financiers, ce dossier épingle plusieurs cadres de la CMDT, dont Modibo Koné, Directeur Général de la compagnie cotonnière du Mali, à l’époque des faits. Et aujourd’hui, candidat à l’élection présidentielle du 29 juillet 2018. À en croire nos sources, monsieur Koné se serait beurré au passage du magot. Si ces accusations s’avèrent fondées, elles risquent de sonner le glas du maintien de la candidature de Modibo Koné dans la course pour Koulouba-2018.Ou, à tout le moins d’entacher sa crédibilité. En 2016, notre confrère du journal « Le Jour » titrait à la une : « CMDT : Arrêtez l’hémorragie ! ». Il ne croyait pas si bien dire. Il s’agissait, en réalité, de la mauvaise gestion à ciel ouvert au sein de la compagnie. Plus grave, lors de cette gestion, les caisses de la CMDT ont coulé comme le Djoliba dans son lit. À coup de millions. Il s’agit, notamment d’un trou de 978,76 millions FCFA dans la caisse. Grosso modo, le rapport d’audit, indique que, la gestion de Modibo Koné à la tête de la CMDT, n’a pas été transparente, encore moins libre. En attendant, le « kambida » à la présidentielle-2018, pardon, le candidat au scrutin du 29 juillet 2018 risque gros. Très gros. Ses complices aussi. Accablant. Cyrille Coulibaly Source : aBamako aBamako

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