Opinion : “Nous aussi nous fûmes quand certains n’étaient pas”

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Notre démocratie nous l’avons arrachée quand vous faisiez la fête de l’autre côté. Ceci n’est qu’un petit rappel avant d’entrer dans le vif du sujet. Face à une incompétence avérée, à un manque de vision lamentable, à un bilan catastrophe, il joue jusqu’à présent à une fuite en avant. Le mal c’est les autres c’est ce qu’on découvre à travers ses phrases du souverain premier. “C’est vrai, notre pays connaît aujourd’hui une situation riche d’enseignements. Beaucoup accourent quand le plat est servi, mangent à satiété et, de peur d’avoir à participer à la vaisselle, bien rassasiés, se retirent piteusement…” Au crépuscule d’un mandat chaotique que même les fervents défenseurs ont du mal à nous en prouver le contraire, le “Vieux” continue avec ses sorties ratées en proférant des phrases indignes d’un vrai responsable d’un homme d’Etat. Les cibles diffèrent selon le contexte, si ce n’est pas l’opposition, ce sont ceux qui avaient cru en la sincérité de son combat et qui, déçus que ça ne change jamais, ont fini par le lâcher. La victime c’est aussi cette majorité du peuple qui trouve exécrable le bilan d’un quinquennat et qui se lâche par endroits tout en l’attendant de pied ferme en juillet. En prononçant ces phrases ci-dessus, il oublie malheureusement qu’il reconnaît ce qu’on lui a toujours reproché : le Mali sous son règne, sa gestion, a été toujours comparable à une viande d’éléphant où plus d’opportunistes, de fossoyeurs d’ennemis jurés du bonheur du Mali se sont retrouvés autour. Chacun avec un coutelas bien positionné et dévorant à souhait ce qui normalement devrait être partagé entre tous. En fait qui les a invités ? Qui leur a placés sa confiance ? Celui-là même qui se fait passer pour la victime aujourd’hui. Ne se trompe-t-il pas d’accusateur et d’accusés ? Le signal d’un quinquennat de calamité n’a-t-il pas été donné par le Premier ministre Oumar Tatam Ly qui a démissionné avec fracas, car voyant que la mission était impossible sans la vision claire et l’engagement ferme du chef pour le changement ! Celui-là n’était qu’un signal précurseur et trois autres PM lui ont succédé et sont partis comme ils étaient venus avec à la clé le même résultat médiocre. En fait : le peuple malien a cru voter pour un homme d’Etat mais les cinq ans d’exercice du pouvoir nous ont prouvé qu’on a plutôt voté pour un stagiaire sans vision dont la seule fin était de devenir président de la République et de jouir avec une extravagance inouïe des commodités et des luxes du pouvoir du haut de la colline du pouvoir. De ce pouvoir, il en jouit comme s’il lui était descendu du ciel. Oui ça l’est en réalité, car on s’est trompé, il ne le méritait pas au vu du résultat. Déconnecté des vrais réalités, du pays c’est cela qu’on avait pensé, mais à la fin le jugement est autre : l’homme s’en fiche de la misère malienne et des sorties imprégnées d’arrogance le prouvent. Il croit avoir le monopole de la raison, il refuse de comprendre ceux qui lui tiennent un langage de vérité, ceux qui savent que ça ne va pas et qui veulent en même temps le sauver et sauver le peuple. Il se fait rancunier quand certains décident de le lâcher. Quel homme d’Etat ! Face à une propagande mensongère de réussite relayée çà et là et surtout avec les médias d’Etat instrumentalisées se dressent le vécu quotidien du citoyen lambda, les attentes non comblées de celui-ci, l’espoir brisé d’une majorité. Le service minimum voilà comment nous pouvons qualifier ce quinquennat et ce n’est pas pour cela qu’on a voté et on ne peut pas dire : “peut mieux faire”, car tout semble faire croire que le résultat que nous voyons semble être ce qu’il peut en réalité. Plus que jamais un défi s’impose au peuple malien qui ne peut que le relever : démontrer le 29 juillet dans les urnes que les mentalités ont changé qu’on est capable de ne pas renouveler notre confiance à un médiocre. Démontrer que ce sont nous les détenteurs du pouvoir et qu’on refuse de se faire avoir encore. Nous sommes des millions de Maliens et beaucoup peuvent quand un seul ne peut pas. Boubacar Koumaré Source : aBamako aBamako

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