Rentrée économique du Patronat : Le dialogue État-secteur privé se renforce

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C’est sous un temps clément, grâce à la forte pluie qui a arrosé lundi soir Bamako que le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a présidé, hier, au Palais de Koulouba, la 2è édition de la Rentrée économique du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). Aux côtés du chef de l’Etat, étaient présents le Premier ministre, Soumeylou B. Maïga, le chef du patronat, Mamadou Sinsy Coulibaly, le ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé. Etaient aussi présents des chefs des institutions de la République et de nombreux acteurs du secteur privé national. La 2è édition de ce haut lieu d’échange entre autorités et monde des affaires sur les questions économiques de préoccupations nationales intervient 24 heures après la déclaration de candidature du président Keïta à sa propre succession. Pour ce faire, les organisateurs ont mis sur la table deux thèmes d’intérêt national : «la caisse de dépôt et de consignation et la labellisation des entreprises». Le choix de ces thématiques se justifie, selon Mamadou S. Coulibaly, par l’intérêt qu’elles représentent pour la dynamisation du secteur privé national et l’impact qu’elles peuvent avoir pour consolider les acquis de la relance économique. Pour lui, le désir de création de la caisse de dépôt et de consignation traduit la volonté du secteur privé de disposer d’un mécanisme de financement alternative et complémentaire pour notre économie, et qui puisse faire ses preuves là où le financement classique des banques est incapable de couvrir les besoins d’investissement des entreprises. «La caisse de dépôt et de consignation pourra alors accompagner les grands projets miniers, industriels ou agricoles», a-t-il justifié. La labellisation des entreprises, elle, vise à jeter les bases d’une catégorisation des sociétés maliennes. Cette classification permettra non seulement l’assainissement du monde des affaires, mais aussi de reconnaître les entreprises les plus représentatives et dont l’apport à l’économie est indéniable, a développé le président du CNPM. Argumentant que cela pourra se réaliser à travers, par exemple, l’octroi d’une facilité administrative aux entreprises ou l’instauration de distinctions honorifiques décernées aux chefs des entreprises labélisées. Par ailleurs, la mise en œuvre de ces deux initiatives requiert, selon lui, l’adhésion et l’implication des départements concernés afin d’asseoir, soutiendra M. Coulibaly, les bases d’une véritable relance économique et d’une meilleure participation du secteur privé à l’effort de construction nationale. En réponse à ce plaidoyer, le chef de l’Etat a réitéré l’engagement du gouvernement en faveur d’un secteur privé fort, dynamique et porteur de croissance, afin de tirer notre pays vers le haut. Avant de s’adonner à un court exercice d’évaluation du chemin parcours, de sa prise de fonction en 2013 à aujourd’hui. A cet effet, Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé que notre pays a connu un taux de croissance négative en 2012, avant de renouer avec une croissance robuste en 2013. Depuis, le taux moyen annuel de croissance est de l’ordre de 5 à 6 %. Aussi, le cadre macroéconomique est assaini et de nombreux indicateurs offrent des évolutions encourageantes. Le budget d’Etat priorise les secteurs moteurs de l’économie : l’agriculture, les infrastructures, le transport, l’industrie, le commerce etc. «C’est ainsi que le Mali a retrouvé sa place de premier producteur de coton en Afrique avec une production record de 728.600 tonnes de coton graine», a apprécié le président Keïta. En Afrique de l’Ouest, notre pays est deuxième producteur de cheptel, après le Nigéria. Il est aussi le troisième producteur d’or. «Notre pays est redevenu, après la crise de 2012, la 3è économie de l’UEMOA», a aussi révélé IBK. Parlant des indicateurs macroéconomiques, le chef de l’Etat a indiqué : «Le Mali est parvenu à respecter, en 2017, tous les critères de convergence macroéconomique, y compris le plus difficile, celui relatif au déficit budgétaire avec la norme de 3% du PIB». Avant d’ajouter que les dépenses en capital sont passées de plus 460 milliards de Fcfa en 2014 à 739,9 milliards de Fcfa en 2016, soit une hausse de 34,8% l’an. Ce qui est au-dessus de la norme minimale de 20% fixé par la CEDEAO, s’est réjoui le président Keïta, précisant que les acteurs du secteur privé ont été les puissants vecteurs de ces performances obtenues. Auparavant, le ministre de l’Economie et des Finances a fait le point de l’état de mise en œuvre des 20 propositions formulées lors de la première édition tenue en mai 2017. Lesquelles avaient, selon Dr Boubou Cissé, trait à l’emploi et à la formation professionnelle ; l’accès à la commande publique pour le secteur privé national. Ces mesures ont été analysées par un comité inclusif crée à cet effet et qui en a retenu 17 qui, selon lui, entravaient la pratique des affaires au Mali. Sur ces 17 mesures, cinq sont exécutées, le reste est en cours d’exécution dont la majorité devant entrer en vigueur avec la prochaine Loi des finances. Entrant dans le détail des efforts fournis depuis la 1ère édition, le patron de l’hôtel des finances a révélé qu’il a été convenu de la fusion de l’ensemble des taxes liées au salaire. «Ainsi de cinq nous allons revenir à deux», a précisé M. Cissé. Concernant la préférence nationale en matière de commande publique, il a informé de la signature lundi d’un projet de décret sur la question. Toutefois, sont concernés, pour l’instant, les travaux dont le niveau est au-dessous de 100 millions de Fcfa. Le seuil est fixé à 80 millions pour les marchés de fourniture et 70 millions pour les prestations intellectuelles. Cheick M. TRAORÉ Source : aBamako aBamako

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