Soir d’un mandat sur fond de grognes sociopolitiques : IBK doit savoir épargner le Mali de la douloureuse expérience d’ATT

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À quelques encablures du premier tour de l’élection présidentielle de 2018, la situation devient de plus en plus tendue tant sur le plan politique social que sécuritaire à l’échelle nationale. Des risques de déflagration de la bombe à retardement pèsent sur les Institutions de la République. Donc, IBK doit faire preuve de sagesse pour éviter toutes hostilités surtout au cours de cette période de précampagnes électorales afin que le pays ne s’affaisse pas de nouveau. C’est idem pour la période postélectorale. Décidément, rien ne va plus entre Koulouba et les couches sensibles de la population civile malienne. Dans les coins et les recoins du pays, le régime tant élu majoritairement (avec 77,61%) en 2013 est en dégringolade. À moindre souffle du vent, Koulouba tremble, Sebenikoro panique, la Cité tente de cafouiller et Kati, bien qu’étant à l’agonie, change d’humeur. Incompétence ou indifférence du clan présidentiel? C’est ce qui abasourdit le Malien lambda après tant d’engagements et de promesses renvoyées aux calendes grecques par IBK. Pour certains, les principales causes sont dues aux failles advenues dans le soubassement même du pays qui cherche à être reconstruit de fond en comble. Et cela se constate avec le bilan désastreux enregistré dans les secteurs de la Santé, de l’Éducation, de l’Emploi et dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière. De 2013 à nos jours le nombre des Maliens devenus asthmatiques s’est multiplié avec les espoirs déçus de la majorité de l’électorat national. Pour ce qui est le renouvellement du mandat d’IBK, les grèves incessantes comme celles des travailleurs et les grognes sociales face à la cherté de la vie ont fini par rendre tous les esprits sceptiques. D’où la popularité de certains opposants. Des arbitraires mesures impopulaires comme les opérations de déguerpissement des voies et espaces publics de l’ex-Gouverneur de la ville de Bamako, la Policière Ami Sako Kane lors du Sommet France-Afrique qui aggravées par le chômage des jeunes diplômés ; l’insécurité et l’impunité ont fini par exposer au grand jour les limites du Président IBK et de son Régime. Une nouvelle vision se généralise : « Essayer un autre à la tête des destinées du Mali». Voilà, les germes indéniables qui ont enfanté le divorce d’IBK et le Malien lambda, les Chefs religieux et coutumiers, les anciens amis politiques qui, aujourd’hui, sont tous réunis pour un seul but : « Tout sauf IBK en 2018 ». Ladji Bourama, déjà candidat, serait-il en mesure de sauver le Mali d’une autre crise dans la crise ? À moins qu’on refuse de voir en pleine journée, l’on ne voit nulle part pour l’instant, des indices d’un lendemain faste. Après la mauvaise gestion du pays avec toutes les conséquences que cela entraîne au plan national, c’est un vent de panique et des dégâts collatéraux qui planent sur tous. D’une manière ou d’une autre, le vin est tiré ; donc, il le boira. Pour la question de candidature unique, les carottes sont cuites pour le Bureau exécutif de l’ADEMA, la CODEM et le PDES, des partis alliés au RPM pour des raisons mercantilistes aujourd’hui en crise profonde. Le « Front des Bâtisseurs» et l’alliance présidentielle Ensemble Pour le Mali (ENP) serviront-ils leurs fondateurs ? En tout cas, cette année pratiquement rien ne garantit la victoire au Tisserand. Alors, le mieux ne serait-il pas pour Mandé Mansa de jeter l’éponge ? «Tout retour au même lieu déjà visité suppose que l’endroit était propice», disait un adage Bambara. Les Maliens qui ne savent plus à quel saint se vouer à l’issue de ce premier quinquennat d’IBK tant décrié, éliront-ils encore ce même IBK pour un nouveau mandat? La réponse est certes dans les urnes du 29 juillet prochain, mais, en attendant le châtelain de Sebenincoro doit impérativement éviter des actes attentatoires à l’encontre du Peuple. Il faut qu’il « sache raison garder », cela, afin d’éviter le malheureux scénario qui a fait chuté le régime d’ATT en mars 2012. En tout cas, tous les ingrédients sont déjà réunis. À titre de rappel, c’est après les marches réprimées à Bamako et Kati (20 mars 2012) que le Nord a sombré dans l’abime par l’occupation de MNLA et des djihadistes. Aussi, en bon observateur, rien n’indique que la situation sécuritaire du Nord et du Centre du pays présage des lendemains escomptés. La répression policière de la marche du 2 juin de l’opposition est venue aggraver la situation au plan politique. L’état d’urgence » n’a pas pu convaincre l’opinion nationale et internationale. L’ONU, les États-Unis, la France, ainsi que la majorité de la population malienne ont tous condamné les violences qui refont surface. Par ailleurs, de la crise sécuritaire soldée par de nombreuses victimes de 2013 à nos jours en dit long. Les tensions sociales en ébullition à cette veille d’élections présidentielles peuvent dégénérer à tout moment pour occasionner le terme « dégage ». IBK, le Sorbonnard, doit faire preuve de sagesse pour éviter toutes crises pré ou postélectorales en privilégiant le dialogue et la retenue. Source : aBamako aBamako

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