Présidentielle : M’Bouillé appelle à voter contre IBK

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Entre le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita et le Chérif de Nioro, Mohamed Ould Cheicknè dit M’Bouillé, le divorce est définitivement consommé. En effet, dans une adresse faite lors de la célébration de l’Aid el Fitr, le leader religieux a affirmé qu’il retire son soutien au chef de l’Etat ainsi qu’à sa formation politique (RPM). Un coup dur pour IBK qui, en 2013, avait bénéficié du soutien total du guide spirituel de la confrérie Hamalliste à travers tout le Mali et même à l’extérieur. Ibrahim Boubacar Keita, plébiscité à la présidentielle de 2013 grâce au soutien des leaders religieux notamment celui du Chérif de Nioro, fait l’objet de nos jours de critiques de la part de son ancien allié. En effet, en 2013, le Cherif de Nioro du Sahel s’est mobilisé personnellement pour battre campagne pour le candidat Ibrahim Boubacar Keita. Pour faire élire le président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéita à la magistrature suprême, le très respecté leader religieux avait débloqué la somme de 100 millions de F CFA. Il avait également invité ses fidèles, les militants de Sabati-2012, d’autres groupes et/ou associations musulmans de se joindre à eux pour soutenir le candidat IBK. Selon le Chérif, ce choix à l’époque ne cachait aucun intérêt particulier. Seulement après avoir étudié les différents projets de société des candidats à la présidentielle, le candidat du RPM était apparu comme le meilleur, qui était en mesure d’opérer le changement attendu par les Maliens. Mais, très tôt après l’élection présidentielle apparait des fissures entre IBK et Mohamed Ould Cheicknè. Les raisons de la brouille entre ces deux hommes sont nombreuses. En 2013 déjà, avant de jeter son dévolu sur le candidat IBK, le Chérif de Nioro avait émis des réserves sur la loyauté d’IBK, selon plusieurs témoignages. Cependant, les premiers signes de tension entre M’Bouillé et IBK sont apparus dès janvier 2014 après les législatives, lors d’un sermon très attendu au Maouloud, M’Bouillé ne mâche pas ses mots : « Ce n’est pas parce qu’un parti est au pouvoir qu’il doit bénéficier de toutes les faveurs au détriment des autres Maliens ». Il ajoute: « Le RPM doit se rendre compte que c’est le peuple qui a offert le pouvoir à IBK et non le RPM, même si, en retour, IBK a donné le pouvoir au RPM ». IBK n’a pas respecté ses engagements ! A cela s’ajoute le traitement réservé à plusieurs proches du Chérif par le régime d’IBK. Il s’agit notamment de Aliou Boubacar Diallo, Diadié Ba, en passant par Abdoulaye Daffé. Tous ont fait l’objet de mesures qui n’ont pas été appréciés par le Chérif. Le PDG de la société minière Wassoul’Or, et protégé du chérif, Aliou Boubacar Diallo, également fondateur du parti ADP-Maliba, avait sacrifié sa candidature au profit de celle d’IBK en 2013 sur conseil de M’Bouillé. Avant, d’être persécuté par le régime. Diadié Ba disciple du chérif et PDG de la société de fabrication et de commercialisation d’intrants agricoles, Gnoumani-s.a, est exclu des marchés d’intrants entre 2014 et 2016 alors que la liste où il figurait a perdu de façon inexpliqué les législatives à Niono face à la liste du RPM en 2013. Le Chérif rappelle à qui veut l’entendre qu’il n’avait pas soutenu IBK pour en recevoir une quelconque récompense en retour. « L’argent que j’ai mobilisé et investi pour la campagne d’IBK, moi M’Bouillé, je n’en ai jamais autant économisé de toute ma vie pour moi-même ! », confiera-t-il, amer. Non seulement IBK, considéré comme le sauveur n’a pas pu résoudre la crise au Nord du pays, mais au contraire, la crise s’est accentué, jusque à atteindre le Centre du Mali, et la multiplication des conflits sociaux. Mais le guide religieux reproche surtout à IBK de ne pas honorer ses engagements vis-à-vis de lui-même et des Maliens. D’où sa décision de se démarquer d’un « homme qui ne respecte pas sa parole ». Pour preuve à plusieurs reprises, il refuse des cadeaux envoyé à lui par d’IBK. En outre, Mohamed Ould Cheicknè invite tous ses disciples à s’éloigner du régime d’IBK et exhorte tous ses adeptes à voter contre le chef de l’Etat. Preuve que le divorce est définitivement consommé entre le très influent leader religieux et le président candidat IBK qui perd ainsi un soutien précieux dans l’éventualité d’une réélection. Mémé Sanogo Source : aBamako aBamako

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