Rubrique Nyeleni : Zoom sur Mme Diallo Aïssata Touré, députée élue à Youwarou

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L’honorable Diallo Aïssata Touré est la toute première femme présidente de la commission des affaires étrangères, des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine de l’Assemblée Nationale du Mali. Battante et dévouée pour la cause des plus démunies, elle représente une fierté pour le Mali. Diplômée de l’Ecole nationale d’administration (ENA) en 1995, Mme Diallo née Aïssata Touré est juriste de formation (section sciences juridiques). Talentueuse et très consciente que la réussite dépend du courage et de l’abnégation, Mme Diallo Aïssata Touré est une véritable amazone. Cette brave femme n’a pas croisé les bras. En effet, dès sa sortie de l’ENA elle s’est mise à la tâche. Très modeste et sûre d’elle-même, elle devient la première femme agent général de Bamako dans les assurances au début de sa carrière. Secteur dans lequel elle a travaillé pendant 8 ans. Par son courage et son talent incommensurable, elle ne tarde pas à être repérée par le ministère de la Santé en 2004. Nommée chargée de mission pour les questions juridiques et institutionnelles, elle y sert loyalement pendant 3 ans, de 2004 à 2007. C’est lors de son séjour dans le domaine sanitaire que naît sa passion pour la santé. Ce qui l’a poussée à s’inscrire à l’Institut régional de santé publique (IRSP) d’Ouidah au Bénin en 2008 ou elle obtînt une maîtrise en santé publique. Après avoir exercé en tant que chargée des questions juridiques et règlementaires à la direction de la pharmacie et du médicament entre 2009 et 2010, très engagée pour l’acquisition du savoir, elle postula pour une spécialisation au Maroc. Dotée d’une très grande intelligence, elle passe ce concours et enchaîne avec la formation. En 2012, elle décroche un DESS option management des organisations de santé et administration sanitaire (MOS). Le diplôme et la richesse n’ont de valeur que lorsqu’ils sont utiles à sa communauté, à son pays, à son continent ou le monde. Riche en expériences et diplômes, Mme Diallo Aïssata Touré a vu la nécessité de se mettre au service de son pays. Pour concrétiser cette noble ambition, elle se lance dans la politique sous les couleurs du RPM lors des législatives de 2007 dans la circonscription électorale de Youwarou. La chance n’était pas de son côté mais elle a tiré des leçons de cette première expérience politique. Courageuse et sûre de ses capacités de brave, elle se lance une fois de plus dans la course aux législatives en 2013 et remporte le seul siège de la circonscription de Youwarou dans la région de Mopti. Mère de quatre enfants (3 garçons et une fille), Mme Diallo est très engagée pour la cause des femmes et des enfants. Elle privilégie la diplomatie et est très ouverte au dialogue. C’est pourquoi, une fois dans l’hémicycle (AN), elle ne tardera pas à être élue par ses pairs au poste de présidente de la commission des affaires étrangères, des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine. Elle devient de facto la première femme dans l’histoire du Mali à présider cette importante commission si importante. Mme Diallo est également 1re vice-présidente du Réseau des femmes parlementaires et présidente du Réseau des parlementaires sur la migration. L’honorable Aïssata Diallo Touré est une véritable amazone de la politique malienne depuis plus de 20 ans. Elle a décidé de consacrer toute sa vie à la cause des sans-voix et n’entend pas lâcher prise de sitôt. Bon vent la dame de fer et félicitations pour les loyaux et exaltants services rendus à la nation. Que doit faire un député une fois élu ? Aussitôt élu, le député devient un mandataire du peuple. Il doit être les oreilles, les yeux et la bouche du peuple qui l’a mandaté. Quelles sont les compétences d’un élu au sein de l’hémicycle ? Le député est choisi par sa circonscription, mais une fois dans l’Hémicycle, il a un mandat national. Alors, il peut intervenir pour les causes de sa circonscription mais aussi pour celles des autres circonscriptions avec le pouvoir législatif qu’il détient. En un mot, le devoir du député est le contrôle de l’action gouvernemental menée par le pouvoir exécutif. Au préalable, le rôle du député est la prise de décision sur les lois de gestion du pays. Par contre, son rôle n’est pas d’exécuter les lois. L’exécution des décisions prises incombe au pouvoir exécutif. Par ailleurs, le député n’a pas de fonds destiné à faire des réalisations dans le domaine infrastructurel du pays. Il peut épauler les maires de sa circonscription avec des contributions stratégiques, mais aussi et surtout en tissant des jumelages ou coopérations entre eux et d’autres maires ou députés des pays étrangers ou des partenaires techniques et financiers (PTF). Vous venez de dire qu’une fois élu, le député devient l’élu de tout le pays et à un mandat national, à ce titre, est-ce possible pour un député de Youwarou d’interpeller un ministre pour un problème concernant la population de Kati par exemple ? Bien sûr, raison pour laquelle je disais que le député a un mandat national. Le député, contrairement au maire avec sa compétence limitée, a une compétence étendue. Comme vous venez de le dire, exactement, étant députée de Youwarou, je suis censée connaitre beaucoup de problèmes qui préoccupent la circonscription de Youwarou, mais dès que j’ai écho d’un problème à Kati, la loi m’autorise à interpeller le ministre concerné pour qu’il explique pourquoi de telles choses se passent à Kati ou pourquoi telle chose n’a pas marché à Kati. Le député peut interpeller le ministre, peut-il le sanctionner aussi ? C’est le pouvoir exécutif qui nomme son ministre, du moment où l’incapacité du ministre interpellé s’avère au sein de l’hémicycle devant les députés, c’est au pouvoir exécutif d’assumer sa responsabilité sur le devenir dudit ministre. Au cas où il y a une culpabilité du ministre dans un quelconque problème, le rôle du député est de dénoncer la faute commise par ce dernier, mais il ne peut en aucun cas le sanctionner. Il y a des pays dans lesquels les députés peuvent interpeller le président de la République en plus de ses ministres, pourquoi ce n’est pas le cas au Mali ? Les régimes sont différents. Il y a des régimes présidentiels, des régimes parlementaires et des régimes semi-parlementaires. C’est uniquement dans les régimes parlementaires que l’Assemblée a le pouvoir d’interpeller le président de la République. Aujourd’hui, c’est le régime présidentiel qui existe au Mali, raison pour laquelle les deux pouvoirs (exécutif et législatif) vont ensemble sans que l’un ait une exigence sur l’autre. Chacun a une autonomie. Selon vous, sur quelle base la population doit élire un député ? L’électorat doit savoir à travers les projets de société des uns et des autres que tel ou tel, une fois élu peut répondre à ses aspirations tout en jouant pleinement son rôle de député, de maire ou de président qui lui incombe selon les textes. L’électorat doit savoir que le bon gestionnaire n’est pas forcément le plus généreux ou le plus riche. Si on vote pour quelqu’un à cause de l’argent, on ne peut en revanche, rien lui demander. Car il pourra aisément penser qu’il vous a payé et donc n’aura rien à se reprocher. Voilà une raison qui fait que beaucoup d’élus ne s’occupent ou s’occupent très peu du peuple une fois dans l’hémicycle. Mais je pense qu’avec le temps, les gens finiront par comprendre que le processus démocratique s’applique de longue haleine, d’étape en étape selon la compréhension, la mentalité et la situation socio-culturelle du pays. Avant que cela ne soit bien compris par tous, l’électorat et les élus en souffriront tous. Quelles sont les missions de la commission des affaires étrangères, des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine que vous avez la lourde charge de diriger ? Je le disais tantôt, cette commission est destinée à travailler dans le domaine des relations extérieures. La coopération entre l’Assemblée Nationale du Mali et celle des autres pays amis à travers le monde. Elle parle au nom du peuple tout en exposant les problèmes et les besoins du pays à travers le monde. La plupart du temps, les coopérations que nous tissons aboutissent à des grandes coopérations entre les gouvernements des différents pays avec des partenariats gagnant-gagnant. Pouvez-vous citer certains domaines dans lesquels ces coopérations peuvent se faire ? Permettez-moi, de vous faire part de cette anecdote, la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale que je préside actuellement a fait une mission en Algérie l’année dernière sur invitation de l’Assemblée nationale populaire algérienne. Au cours de cette mission, nous avons cherché à rencontrer le ministre de l’Enseignement supérieur algérien. A l’issue de cette rencontre entre les députés de la commission des Affaires étrangères, leurs homologues algériens et le ministre, nous avons pu bénéficier des bourses d’études universitaires dans le domaine de la recherche scientifique. On a également eu d’autres bourses de formation pour les enseignants et le personnel de l’assistance sociale. Il y a tant d’autres domaines tels que l’économie et le commerce, la santé, la lutte contre la corruption, etc. dans lesquels les députés de la commission des affaires étrangères du Mali et ceux d’autres pays peuvent échanger les expériences. Votre mot de la fin ? Je ne saurai terminer mes propos sans remercier les medias (écrits, audio et audio-visuels, publics ou privés, nationaux ou internationaux) pour leur rôle important dans la sensibilisation du peuple malien et leur contribution à la bonne marche de la démocratie. Sans la presse toutes les activités que nous faisions au sein de l’hémicycle passeraient sans que nos compatriotes et surtout mes sœurs ménagères qui n’ont pas accès aux différentes institutions en aient connaissance. Je souhaite qu’il y ait l’entente et la bonne compréhension entre les Maliens de tous bords sans discrimination aucune afin que le Mali retrouve sa quiétude d’antan. La rédaction Source : aBamako aBamako

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