Fosses communes au Mali: la société civile attend des sanctions

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C'est une reconnaissance rare de la part des autorités concernant des exactions commises par l'armée. Mardi 19 juin, le ministère de la Défense du Mali a reconnu l'implication de militaires des forces armées dans les évènements de Nantaka et Kobaka, deux localités près de Mopti, dans le centre du pays. Deux charniers y ont été découverts. Dedans, 25 corps, des hommes peuls. Ce n'est pas la première fois que les forces armées et de sécurité du Mali (FAMAS) sont soupçonnées de commettre des exactions à l'encontre de la communauté peule. Aujourd'hui, les militants des droits de l'homme demandent des sanctions. L'incident de Nantaka et Kobaka n'est pas isolé. En mars déjà, six corps étaient découverts dans un charnier vers le village de Dogo, dans le cercle de Youwarou, toujours près de Mopti. Quelques heures plus tôt, ces commerçants peuls avaient été arrêtés par les soldats maliens. A chaque incident, le ministère de la Défense lance une enquête, mais pour l'heure aucune sanction n'a été prononcée. Selon maître Moctar Mariko, président de l'Association malienne des droits de l'homme, le cas de Nantaka et Kobaka sera différent : « J’ai confiance dans le ministre de la Défense, cette fois-ci il sera obligé de sévir, nous n’en doutons même pas. Nous pensons qu’il doit aller jusqu’au bout. Bien avant ce cas-là il y a eu beaucoup de présomptions d’exactions reprochées à l’armée malienne, et comme c’est toujours les communautés peules qui le rapportaient, on ne prenait pas ça au sérieux. Cette fois-ci il est allé sur le terrain et il a vu le charnier au centre du Mali ». Un optimisme que ne partage pas Hamadoun Dicko, président de l'association de jeunesse peule, Tabital Pulaaku. « Ils vont nous faire croire qu’ils vont sanctionner, ils vont nous dire qu’ils ont mené une enquête, que les coupables seront traduits en justice, et ils vont être jugés, mais pas de suite, dossier classé… C’est comme ça d’habitude... Tous les jours nous découvrons des fosses communes ». Source : aBamako aBamako

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