Coopération Sino-malienne: Mohamed Ag Ibrahim, le ministre qui tue l’industrie du Mali

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La COMATEX S.A. est fermée. 50.000 tonnes de sucre invendues jonchent sous la pluie dans la cour NSukala. Au même moment Sukala plie sous le poids de 30.000 tonnes de sucre invendues. Conséquence : les sociétés Comatex Sa, NSukala et Sukala dirigées par les chinois ont mis les clés sous le paillasson. Ce sont près de 20 000 travailleurs qui se verront en chômage et viendront malheureusement grossir du coup le gros contingent de jeunes sans emploi. Les chinois, eux, ont décidé de rentrer. Le seul responsable désigné de cette crise économique et sociale s’appelle Mohamed Aly Ag Ibrahim, ministre du développement industriel. L’amitié Sino-malienne est incontestablement, l’une des plus ancrées dans l’histoire de la coopération bilatérale entre notre pays et ses partenaires. Cela n’a jamais été démenti à travers les âges. Une vérité historique connue et respectée. La coopération entre le Mali et la Chine repose sur des bases solides qui ont su transcender le temps, l’histoire et même les soubresauts politiques. L’on retiendra que cette coopération s’est toujours caractérisée par une constance inébranlable. Ainsi, de 1960 à ce jour, le Mali est le seul pays africain à entretenir une coopération ininterrompue avec la Chine. Et côté chinois, notre pays est considéré comme un ami de tout temps, d’où l’attention particulière accordée à cette coopération sino-malienne dans les affaires internationales ou régionales. De ce fait, l’accompagnement et l’assistance de la Chine à notre pays depuis 1960 à travers des chantiers de développement, ont été d’une constance particulière. Jusqu’à présent, la Chine a apporté une grande contribution au développement socio-économique du Mali avec la réalisation d’une centaine de projets d’assistance parmi lesquels, il faut citer des stades sportifs, le Centre International de Conférence de Bamako (CICB), l’Hôpital du Mali, le troisième pont de Bamako, l’Université de Kabala etc. S’agissant de la Comatex et la Sukala, ce sont, deux unités industrielles financées et construites par la Chine, et qui contribuent à doter notre pays de véritables bases industrielles tout en renforçant la capacité d’autonomie du Mali. D’autres travaux d’infrastructures tels que les routes, les logements, l’électricité et les télécommunications ont été exécutés par des entreprises chinoises. Jusqu’en fin de 2010, la partie chinoise a formé 597 Maliens de haut niveau dans divers domaines. Cette année, ce chiffre s’accroit avec 185 nouveaux boursiers chinois. De janvier à juillet 2011, le volume des échanges entre le Mali et la Chine a atteint 260 millions de dollars (environ 130 milliards de Fcfa), soit une croissance de 48,5%. En 2017, le volume des importations de la Chine en provenance du Mali se chiffrait à 100 millions de dollars (environ 50 milliards de Fcfa). Cependant, cette coopération dynamique, qui s’est renforcée au fil du temps, est aujourd’hui mise à mal par les agissements incongrus d’un ministre : Mohamed Aly Ag Ibrahim. En effet, « ministre folklorique ou de la fanfaronnade » ou « Bling-Bling », selon certains confrères, le ministre Mohamed Aly Ag Ibrahim a reçu en si peu de temps à réduire en cendre les efforts de cinquante ans de coopération. Le premier acte posé par le ministre Mohamed Aly Ag Ibrahim, a été de trimbaler NSukala devant les tribunaux pour faute de faux marchés d’approvisionnement de pièces de rechanges. En la matière, le ministre n’a pas lésiné sur les services publics de contrôle et de répression. Notamment le Contentieux de l’Etat, l’Inspection, le Pôle économique. Face à la faiblesse des preuves, le ministre a été débouté. Malgré le verdict de la justice, le directeur de NSulala déboussolé a décidé de rentrer en Chine. Cependant, avant son départ, ce dernier a tenu à rencontrer l’ex premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, pour lui faire part de la situation et surtout des agissements du ministre en question. Si le chinois a bénéficié d’une oreille attentive du PM, il sera nargué le lendemain comme pour dire « J’ai entendu tous ce que vous avez dit au PM mais il n’y en aura rien et moi je ne ferais que ce qui me plairait ». Le second acte posé par le ministre « Bling-Bling » a été de nommer le secrétaire général du RPM de Niono au poste de directeur. Le hic dans cette nomination est que le promu n’est pas qualifié pour le poste. En effet, après avoir raté la direction de l’Office du Niger où son parti voulait l’imposer, il se verra propulser à cette unité industrielle stratégique. Troisième acte posé par Mohamed Aly Ag Ibrahim a été de mettre le holà sur le système production et l’écoulement de la production nationale de sucre au profit du volume d’importation du sucre. En clair, dans le souci de la protection de nos unités industrielles, il a été instauré un système d’écoulement de la production nationale à la veille du mois très prisé de Ramadan. Ainsi tous commerçants devant importer du sucre étranger devrait d’abord acheter une quantité importante de production nationale de sucre. Cette année rien n’a été fait. Ainsi aujourd’hui, la conséquence du peu d’intérêt du ministre à protéger ces industries est sans équivoque. Ainsi plus de 50.000 tonnes de sucres non écoulées jonchent dans la cour de l’entreprise et dans les magasins de la société. L’incidence financière de ce stock non écoulé s’évalue à plus d’une vingtaine de milliards de francs CFA. NSukala se trouve alors en cessation de payement. Pour ne rien arranger de la situation, l’installation de la saison hivernale est une crainte majeure pour l’entreprise. Déjà, la grande pluie du 1er juin a été vécue dans l’amertume par l’entreprise et ses travailleurs. En effet, des tonnes de sucres jonchant dans la cour ont été totalement inondées par les eaux de pluie. Sukala transformé en entreprise familiale Après cette calamité créée de toute pièce à NSukala, Mohamed Aly Ag Ibrahim jette son dévolu sur Sukala. Ainsi contraire à NSukala où il a choisi de jouer sur la couverture politique, ici l’option est de transformer l’entreprise à un « Grin » où les camarades de classe, les parents de copines sont invités autour du thé ou de plat. Bref, ici, le directeur est remplacé par un enseignant d’histoire et Géographie de second cycle non moins camarades de classe du ministre. Et le frère de sa « principale conseillère technique », comme lui-même aime à le dire fièrement, est choisi et nommé sans expérience, ni le profil par ses soins, comme le chef des approvisionnements et des passations de marchés. Cependant, malgré ces choix dits stratégiques du ministre, Sukala connait une situation indescriptible avec une production invendue de plus de 30.000 tonnes soit plus de 10 milliards de FCFA. Malgré la situation critique de ces fleurons de notre industrie, il fanfaronne et n’hésite à lancer que l’industrie va bien, que l’industrie crée des emplois, et que des reformes sont entreprises pour la redynamisation du secteur. Il faut noter que ces usines emploient à elles seules plus 20.000 employés qui risquent de se retrouver en chômages dès la saison prochaine. Que dire de Comatex, aujourd’hui fermés et dont le millier d’employés se retrouvent en chômage technique et où les responsables chinois ont démissionné et sont rentrés. Ici, le plan de redressement et de redynamisation tant attendu n’est jamais venu. D’ailleurs cela est loin de ses préoccupations puisque pour lui, l’important c’est d’être vu et de fanfaronner dans les rares industries encore en état de marche sans être capable de proposer à ceux-ci de véritablement solution à certaines problématiques souvent élémentaires. Au niveau des nouveaux projets d’investissements chinois dans le secteur de l’Industrie, c’est une inertie totale qui s’est installée. Ainsi les quatre protocoles signés entre notre pays à travers le département du Commerce et de l’Industrie et la Société Chinoise de l’industrie légère pour la coopération technico-économique avec l’étranger (CLETC) en 2015 relatifs à la réalisation d’un programme d’aménagement de zones industrielles, à la mise en place des unités agro-alimentaires de production d’huile d’arachide à Kita, de transformation de manioc et de production de concentré de tomate en Zone Office du Niger pour plus 100 milliards de FCFA continuent de dormir dans les tiroirs du ministre. Pourtant ceux-ci étaient des projets phares dans le secteur de l’Industrie à travers lesquels le Gouvernement entendait redorer le blason de son bilan. Mieux, il s’agissait de projet phare du Président IBK, à savoir la transformation de produits locaux à travers la mise en place d’unités industriels adéquates, négociées avec les entreprises chinoises, lors de sa visite à Tianjin, une municipalité en Chine. A travers ces projets, la Chine s’était engagé pour la réalisation d’un programme d’aménagements de zones industrielles dans les localités de Mopti d’une superficie de 300 ha, Sikasso (100 ha) Fana (90 ha) Koutiala (100 ha) Commune du Mandé (200 ha) Sanakoroba (200 ha) Koulikoro (45 ha) et Ouélessébougou (40 ha). Ce programme impliquant l’AZI-SA, doit se traduire par des travaux de vitalisation (bitumage, électrification, caniveaux…) à des conditions très avantageuses. Ce qui doit permettre à notre pays de se doter de zones industrielles propices à la promotion d’un secteur industriel pour soutenir le développement. Les trois autres protocoles d’accord devrait permettre la mise en place d’une usine de production d’huile d’arachide à Kita (avec une capacité de 30 000 tonnes par an, pour un coût de près de 30 milliards de FCFA), la mise en place dans la zone Office du Niger d’une usine de transformation de manioc en alcool (10 millions de litres par an) en amidon pour la consommation, en papier, en emballage biodégradable et en vêtement pour également une trentaine de milliards de FCFA d’investissements. De même que la construction d’une usine de transformation de tomate. Pour le ministre tueur de l’industrie du Mali, cela n’est guère important. De même que la restructuration de l’usine de thé de Farako ou même de l’Huicoma. Situation à crainte Sans être un oiseau de mauvais augure, cette situation inconfortable peut engendrer des conséquences certaines dans l’exemplarité de la coopération que notre pays entretient avec la Chine, du moins pour ce qui concerne l’engagement des entreprises chinoises dans notre pays. Il faut prendre en compte le rétablissement de la coopération sino-burkinabé qui, aux dires des responsables chinois, connaitra dans les semaines à venir une vigueur sans précédent. Et l’intensité de l’engagement chinois vers ce pays voisin, connu pour son pragmatisme, pourrait résulter une dynamique économique et sociale intérieure. Déjà, des annonces d’engagement des entrepreneurs et investisseurs chinois en faveur du pays des hommes intègres doit inspirer le Gouvernement à réfléchir à deux fois, puisque le développement économique qui reconfigure radicalement nos relations avec la Chine connait indéniablement un froid, par les seuls agissements d’un ministre plutôt amateur. Pire, la vie économique de la 4ème région de Ségou qui rimait avec la vitalité des trois entreprises, connait une morosité sans précédent. Quand on sait que ces entreprises sont les premiers employeurs de Ségou, pas difficile de deviner les conséquences incalculables sur les populations. En entendant que la pluie ne finit de dissoudre ces tonnes de sucre jonchant dans les cours des entreprises, le ministre Mohamed Aly Ag Ibrahim continue sont Bling-Bling, car ni les missives envoyés à la primature ou même à la présidence ne semblent faire réagir les hautes autorités maliennes. Ici, l’on est désormais occupé à battre campagne avant la lettre, les Maliens peuvent périr seul importe la réélection du Président. A suivre … B. Daou Source : aBamako aBamako

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