Candidature pléthorique: pour se servir le Mali ?

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Les candidatures pour l’élection présidentielle du 29 juillet s’annoncent progressivement que l’on s’approche de l’échéance. Si certains candidats ont déjà déposé leurs dossiers, il reste jusque-là difficile à se prononcer sur le nombre exact de candidats. Si la Constitution malienne ne limite pas le nombre de candidatures, la situation actuelle de notre pays nécessite que chaque Malien se fasse pression pour privilégier l’intérêt supérieur de la Nation au détriment des calculs personnels. Ce n’est point la multitude de candidatures à une élection présidentielle qui aiderait mieux le Mali à se sortir de sa crise politico-sécuritaire qui le secoue depuis des années. Cette situation nous amène à comprendre que la pléthore de candidatures qui profile, à l’horizon est plutôt consécutive à un manque de maturité politique et démocratique plutôt qu’à un foisonnement d’idées pour la construction nationale. Pour preuve, malgré la multiplication des voix pour dénoncer la gestion du pouvoir en place, on enregistre pas moins quatre pôles de regroupements qui réclament le changement. Au moins une dizaine de candidatures qui justifient leur combat par une volonté de changement sont incapables de se mettre ensemble pour concrétiser leur rêve pour le bien-être du Mali et des Maliens. En se référant aux intentions déjà exprimées pour briguer la magistrature suprême, tout porte à croire que la Cour constitutionnelle enregistrera au moins une vingtaine de dossiers. Une situation que notre pays n’a nullement besoin si bien qu’on peut servir le pays sans être sur la colline du pouvoir. La décision des autorités de durcir les conditions d’éligibilité à la présidentielle n’a nullement découragé : la mobilisation de 25 millions de FCFA comme caution et l’obtention de la signature de dix députés à l’Assemblée nationale ou de cinq conseillers communaux par région ne semblent pas être la mer à boire pour les candidats à la présidentielle. Face à cette pléthore de candidatures qui s’annonce, les Maliens s’interrogent sur la vertu des différents candidats. Beaucoup d’observateurs de la scène politique trouvent qu’il serait plus utile si les candidats songeaient à former des blocs politiques pour présenter moins de candidatures. Il faut dire que jusque-là les promesses politiciennes dans ces sens sont restées lettre morte. Les Maliens doivent se contenter des quelques semblants regroupement qui ont pu voir le jour après que certains candidats soient parvenus à évaluer leur poids réel pour en tirer les conséquences : Tiébilé Dramé, le Bélier en chef, qui a renoncé à ses ambitions à la dernière minute en 2013, se rallie au camp du chef de file de l’opposition, Soumaïla CISSE, et devient même son directeur de campagne ; Moussa Mara de Yelèma et Konimba Sidibé rejoignent Cheick Modibo Diarra. Un camp dit des ‘’Bâtisseurs’’ rivalise d’ardeur avec celui de la Coalition pour l’alternance et le changement pour se faire une notoriété. La réalité, c’est qu’il ne s’agit pas d’une question de projet de société pour le Mali encore moins une quelconque volonté de bâtir autrement le pays, mais plutôt d’un problème d’égo et de querelle de leadership. L’élection présidentielle est pour beaucoup un moment politique où candidats indépendants et autres opportunistes pensent trouver l’occasion de percer le mur de l’anonymat pour se faire découvrir par l’intérieur et l’extérieur du Mali en vue de la satisfaction de leurs ambitions personnelles. En attendant, une chose est d’annoncer sa candidature, une autre en est de la concrétiser. Il reste à savoir si toutes les candidatures annoncées bénéficieront du parrainage nécessaire pour être validées par la Cour constitutionnelle. PAR MODIBO KONE Source : aBamako aBamako

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