Promotion de la filière coton : LE CERFITEX ouvre le debat

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Notre pays est le premier producteur de coton en Afrique avec 726 000 tonnes, l’or blanc du Mali contribue à 20% du PIB. Cependant, moins de 2% des 300 000 tonnes par an actuellement de coton fibre sont transformé dans notre pays. Or la transformation de la fibre est pourvoyeur d’emplois qualifiés et peut permettre de résorber partiellement le fort taux de chômage au Mali. Malgré l’augmentation de la production du coton au Mali, l’industrialisation de ce secteur tarde à suivre. Ce qui fait que notre pays reste un pourvoyeur de matières premières extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs, peu créateur de richesse et d’emplois. Afin de promouvoir et valoriser la filière coton, le centre de recherche et de formation pour l’industrie textile (Cerfitex) a engagé la réflexion autour de la thématique : « Journée de réflexion sur le coton : transformation locale au Mali, source de formation qualifiée et d’emplois durables pour les jeunes».
La rencontre, tenu samedi dernier, était présidée par le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Drissa Diallo. C’était en présence de la directrice générale du Cerfitex, Dr Awa S. Doumbia. En plus des autorités administratives et politiques, la journée a réuni les experts de la filière au Mali et en Afrique de l’ouest et plusieurs invités. Il s’agit à travers cette initiative d’accélérer la création locale de richesses et d’emplois par la transformation du coton afin de renforcer le développement économique et social inclusif dans notre pays et dans la sous-région. La rencontre a permis d’analyser et de faire des recommandations pour renforcer la diversification économique en levant les contraintes à la transformation locale de la fibre de coton dans notre pays. Par ailleurs, les métiers d’égrenage de coton et la transformation de sa fibre qui doivent être développés par le Cerfitex, ont été identifiés. Pour la directrice générale du Cerfitex, cette rencontre est légitime, car elle traite la problématique de la transformation du coton comme axe stratégique pour accélérer le développement économique et social de notre pays par son potentiel de création d’emplois. Rappelons qu’environ 4 millions de Maliens vivent directement du coton ou des activités générées autour de la filière. Ce nombre peut être rehaussé, selon la directrice générale du Cerfitex, à travers la transformation d’une partie de la fibre localement. En effet, indique Dr Awa S. Doumbia, de nombreuses études ont montré que pour 25 tonnes de coton transformées, il y a 5 emplois industriels qualifiés et 50 emplois additionnels dans le secteur artisanal. Elle souligne qu’avec la production actuelle de 300 000 tonnes de coton fibre, une transformation d’environ 25% permettrait la création de 15000 emplois qualifiés dans l’industrie et 150 000 emplois additionnels dans le secteur artisanal. Pour le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la rencontre a permis de redéfinir les priorités et de proposer des actions concrètes visant à soutenir les actions en faveur d’une relance de la transformation de l’or blanc dans notre pays. Le Pr Drissa Diallo a rappelé que le choix de développer la culture du coton dans notre pays après les indépendances était dicté par la volonté d’accélérer le processus d’industrialisation. Il a, par ailleurs, expliqué que le faible taux de transformation en plus d’empêcher l’atteinte de la création de richesses et d’emplois est, entre autres la cause de la vulnérabilité de la filière face aux chocs externes tels que la non maîtrise des coûts du marché international. Cependant M. Diallo dira que l’espoir est permis, car grâce à la volonté du chef de l’Etat, le processus d’industrialisation est en marche dans notre pays. A l’issue de la journée de réflexion, les experts ont remis au secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique un document de plaidoyer pour la valorisation de la filière coton et la création d’emplois.
Mariam A. TRAORÉ
AMAP-Ségou

Source : aBamako

aBamako

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