Dimanche 29 juillet : Scrutin de tous les défis

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Avec une situation sécuritaire poreuse au Centre et au Nord du pays et des suspicions de l’opposition autour de la fiabilité du fichier électoral, le déroulement normal du scrutin du 29 juillet tourmente plus d’un.

Ce vendredi, à minuit, prend fin la campagne pour l’élection présidentielle. Dimanche 29 juillet, c’est le jour de vote. De Bamako à Kidal, les vingt-quatre candidats, en fonction de leurs moyens financiers et du degré de leur engagement, ont pu partager avec les 18 millions de Maliens (8 millions d’électeurs) leur projet de société. Si la campagne s’est globalement déroulée sans violence, cette semaine la tension est brusquement montée d’un cran sur la scène politique. Tiébilé Dramé, directeur de campagne de Soumaïla Cissé, principal opposant, a dénoncé avec fracas des irrégularités dans le fichier électoral. Avec à la clé une menace de boycotter le scrutin. Mais quelques jours après sa sortie médiatique remarquée, l’idée de boycotte est aussitôt rejetée par son propre camp. «Nous, nous irons à l’élection. Nous n’allons pas laisser le boulevard libre à IBK. Nous allons arracher le pouvoir dans les urnes» rouspète Nouhoum Togo, chargé à la communication du candidat Soumaïla Cissé.

Ces inquiétudes émises par la plateforme d’alliance ‘’Ensemble restaurons l’espoir’’, sont partagées par plusieurs autres candidats. Au nombre desquels:

Cheick Modibo Diarra, Mohamed Aly Bathily, Mamadou Diarra, Modibo Sidibé, Dramane Dembélé…

Sans démentir l’information révélée, le gouvernement et la délégation générale aux élections (DGE) jouent, eux, la carte de l’apaisement. Ils évoquent des «erreurs informatiques» et promettent une correction.

«Le fichier sur le site de la DGE ne va pas servir de base au scrutin. Seul le fichier audité sous la supervision de l’organisation internationale de la francophonie (OIF) est valable pour l’élection» soutient le ministre de l’Administration Territoriale, Mohamed Ag Erlaf.

Le ministre Ag Erlaf va plus loin et propose de diligenter une équipe composée des représentants de l’opposition et de la majorité pour aller vérifier le fichier transmis à l’imprimerie nationale de France pour la confection des cartes d’électeur. Mais rien de tout cela ne rassure les partisans du candidat Soumaïla Cissé.

« Nous ne faisons plus confiance au gouvernement. Il faut que les organisations internationales s’impliquent pour garantir la transparence du scrutin » fulmine Nouhoum Togo, porte-parole du candidat de l’URD, Soumaïla Cissé. Pourtant, après l’audit supervisé par l’OIF, un fichier consensuel avait été accepté par l’ensemble de la classe politique avant l’impression des cartes d’électeur. «Lors de l’audit les doublons avaient été supprimés. Mais à notre grande surprise les mêmes erreurs sont revenues et de nouveaux bureaux de vote ont été créés » soutient-il.

Selon lui, l’argumentaire d’erreurs informatiques évoqué par le gouvernement «ne tient pas la route». L’opposition acceptera-t-elle les résultats de l’élection du 29 juillet? La question tracasse les esprits.

Autre défi pour le gouvernement de Soumeylou Boubèye Maïga et pas les moindres: sécuriser les plus de 23 000 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire national, particulièrement ceux dans les régions du Centre et du Nord en proie à des attaques terroristes.

Le pari est, certes, énorme mais pas impossible à réussir.

Lassina NIANGALY

Source : aBamako

aBamako

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