Première Université Populaire de l’Engagement Citoyen à Dakar : Un franc succès

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Du 22 au 27 juillet dernier, la capitale sénégalaise a vibrée au rythme de l’Université Populaire de l’Engagement Citoyen (UPEC). Durant une semaine, plus cents délégués venus de trente pays, d’Europe, d’Asie et des USA, ont débattu. Le thème de cette première édition était : « Citoyenneté et droit de décider ». Le Mali était représenté par le président du front International des Sociétés Civiles Panafricaines (FISPA), votre serviteur Bokari Dicko, Ismaël Doucouré dit Master Soumi, président de l’association : « Les Sofas ». Au sortir de cette importante rencontre, une première en Afrique, jamais réalisée par les mouvements sociaux du continent mais que « Y’En A MARRE », du Sénégal, « Le Balai Citoyen » du Burkina Faso, « Filimbi », de RDC, la Lucha du même pays, sont parvenus à faire en l’espace de cinq années de préparation, une plateforme dite « Afriki » a été mise en place ainsi qu’une déclaration dénommée « AZIMIO » a été faite. Voici inex tenso le texte !

Intitulé : « décloisonner les futurs », cette déclaration teint en compte tous les foyers de tensions sur le continent.

«L’histoire millénaire de l’Afrique : Berceau de l’humanité et de la civilisation, est une histoire de génie, de conquêtes, de résilie, de dignité et de grandeur. De Tombouctou aux lisères du Zambèze ; des pyramides du Soudan et d’Egypte jusqu’aux confins du Nil et du Congo, les peuples africains, ont bâti des Empires prospères et mis en place des systèmes politiques, économiques et spirituels élaborés, en avance sur leurs époques. Ils ont établi des cultures d’une extraordinaire richesse ; inventé des arts, des techniques et des procédés parmi les plus ingénieux de l’histoire de l’humanité.

L’esclavage, les traites négrières et la colonisation ont entrepris, avec une extrême brutalité, de déposséder l’Afrique et ses peuples de leurs forces vitales, de leurs richesses naturelles, de leurs identités et de leur culture. Qu’ils soient venus d’Occident ou d‘Orient, les artisans de cette œuvre prétendument « civilisatrice », ont usé de moyens brutaux pour tenter de détruire et d’aliéner l’Afrique et les africains. Ils ont partagé l’Afrique comme on partage un butin de guerre, et tracé les frontières. Ils nous ont imposé leur langue et falsifier notre histoire.

3- Mais l’histoire de l’Afrique et de ses Diasporas, c’est aussi une histoire de résistance et de résilience. Résistance contre l’esclavage et les traites négrières. Résistance contre la colonisation, l’apatheid et l’oppression. Résistance contre l’aliénation et l’assimilation culturelles. Résistance contre l’accaparement de nos terres et les pillages de nos richesses. Nous célébrons Menelik II, vainqueur de la bataille d’Adoua, la reine NZinga, Kimpavita, Shaka Zulu, Toussaint Louverture, Kimbangu, Cabral, Nkrumah, Cris Hani, Lumumba, Santarino Ihure, Mwalimu Nyeréré, Dedan Kimathi, Sankara, Winnie Mandela et Nelson Mandela, et bien d‘autres qui, à travers l’histoire, ont incarné ces résistances. Nous célébrons les luttes héroïques menées par les esclaves et leurs descendants dans les Amériques, les Caraïbes et ailleurs pour se libérer et s’émanciper.

4- L’esclavage et l’apartheid ont été abolis, et les Nations africaines ont conquis l’indépendance.

Mais le combat panafricain pour l’unité, la liberté et la prospérité se poursuit. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest du continent, et parmi les descendants des esclaves, des millions d’africains continuent à subir les affres de violences et d‘une indulgence matérielle abjecte. Sans états d’âmes, une poignée de dirigeants et d’élites corrompues ont pris le relai des esclavagistes et des colons : Ils bradent nos richesses et bafouent notre dignité. Au cours des dernières décennies, l’on nous a rabâchés de concepts et de promesses : Démocratie, multipartisme, droits humains, développement durable, ajustement structurel, croissance, allègement de la dette, émergence…Que des mirages !

L’on a cultivé en nous, le sentiment d’impuissance, de dépendance et de culpabilité.

5- Emergence des mouvements sociaux en Afrique et dans les diasporas africainesparticipe de la prise de conscience qu’il faut un changement radical de paradigmes politiques, économique et social porté par les africains eux-mêmes avec pour socle leur propre histoire et leur culture. Il s’agit de réinventer, à l’échelle panafricaine, une utopie commune et de nous engager, résolument et solidairement, à parachever la lutte pour la libération de l’Afrique entamée par les générations précédentes. Aimé Césaire disait : Que nous sommes, nous les africains, les « fils et filles aînés de l’humanité ». Il s’agit donc de nous rendre notre dignité, notre fierté et notre place féconde au sein de l’humanité.

6- Aussi, les activistes d’Afrique et ses diasporas réunis à Dakar, au Sénégal, ce 29 juillet 2018, ont décidé de mettre en place une plateforme panafricaine dénommée Afriki. Son objectif est fédérer la pensée et l’action des mouvements sociaux d’Afrique et ses diasporas autour d’un agenda panafricain commun :

– L’éveil de la conscience panafricaine, la repossession de notre histoire et de notre culture : Nous réapproprier notre histoire et notre mémoire collective à travers la conscientisation des masses, l’éducation, la culture et les arts ;

– L’émancipation politique : porter ensemble la voix de nos peuples, pour l’émancipation politique, la lutte contre l’oppression, le droit à l’autodétermination et la réalisation du rêve des Etats Unis d’Afrique ;

– – L’émancipation économique et sociale : Porter ensemble la lutte contre l’accaparement, l’exploitation, le détournement et l’utilisation des ressources naturelles et du patrimoine économique de l’Afrique au détriment des africains et des générations futures.

– Frantz fanon disait : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, trouver sa mission, la remplir ou la trahir ». Notre mission à nous, la voilà. Nous l’avons trouvée et nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour la remplir.

– « Il n y a pas de destin forclos, il n y a que des responsabilités limitées ».

Fait le 27 juillet 2018 à Dakar ».

Source : aBamako

aBamako

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