Majorité et opposition : La guerre de tranchées

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La dernière élection présidentielle n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets. En interrogeant un peu l’histoire, nous nous rendons compte que ce sont les Maliens qui jetaient des regards critiques sur les autres à travers des crises sociales qu’ils vivaient en particulier les crises post-électorales. Eh bien, aujourd’hui, celles-ci sont presque dans nos murs. Les plus avertis s’accordent à dire que tous les ingrédients d’une crise post-électorale sont déjà présents, il ne suffit qu’à les mélanger pour que cela donne un cocktail explosif.

Quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle, les Maliens ont été stupéfaits de constater que les deux camps en présence revendiquent la victoire à l’issue du scrutin. Il s’agit bien sûre des partisans du président sortant IBK, candidat à propre succession et ceux du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé.

Les premiers (partisans de IBK) estiment que leur candidat est arrivé largement en tête lors du scrutin du 12 août, comme annoncé par le directeur de campagne du président candidat lors d’un point de presse animé le mardi 14 août dernier. Au cours duquel, ce dernier a clairement affirmé que son mentor est en première position dans toutes les capitales régions y compris dans le district de Bamako.

En face, le camp de l’opposition affirme également la victoire du candidat Soumaïla Cissé. C’est d’ailleurs pour cela que les rues de la capitale étaient inondées, le soir même du scrutin, de ses partisans pour, disent-ils, fêter la victoire de leur candidat. Comme si cela ne suffisait pas, dans l’après-midi du lundi 13 août, le candidat Soumaïla Cissé, très serein et très confiant de sa victoire, s’est adressé à ses militants et sympathisants venus très nombreux le féliciter pour « sa brillante victoire à l’élection présidentielle de 2018 ». Ce qui est marrant dans cette histoire, chacun pense que son vis-à-vis est un mauvais perdant.

Comment faut-il départager ces deux positions antagonistes ? C’est désormais la question qui demeure et inquiète plus d’un. En effet, le scénario d’un affrontement est plus que probable, au regard de la détermination de chaque camp à aller jusqu’au bout pour que « sa victoire ne soit pas volée ». Ainsi, un rapport de force risque de départager ces deux positions, à moins que les uns et les autres préconisent la force des arguments, ce qui est très peu probable. Donc, le Mali tend inévitablement vers une contestation post-électorale sans précédent ou vers ce qui mérite d’être appelé la guerre des tranchées !

Les prochains jours nous édifiont sur les réelles motivations des uns et des autres à aller jusqu’au bout de cette aventure pour ne pas se « faire voler leur victoire ».

Que Dieu nous inspire !

Mama PAGA

Source : aBamako

aBamako

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