« Soumaïla président! »: au Mali, les partisans de l’opposition refusent la défait

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Bamako, 16 août 2018 (AFP) - "Nous sommes comme des orpailleurs à qui on
vient de voler la pépite d'or qu'ils viennent de trouver. Nous, on nous a volé
notre vote". Les partisans de Soumaïla Cissé, déclaré perdant de la
présidentielle au Mali, refusent d'accepter que leur champion ne sera pas
président.
Les mines sont sombres, les visages fermés, quelques heures après l'annonce
de l'élection pour un second mandat du président sortant Ibrahim Boubacar
Keïta, sorti vainqueur du second tour avec 67,17%, selon les résultats
contestés par l'opposition, qui crie à la fraude et promet de les combattre
"par tous les moyens démocratiques".
"Ils viennent de voler nos voix. On ne peut pas accepter ça", lance
Abdramane Sow, un technicien en informatique de 26 ans, qui se prépare à
manifester en partageant un plat de riz avec quelques dizaines d'autres
militants de l'Union pour la République et la Démocratie, le parti de M.
Cissé, dans la grosse villa qui a servi de siège à sa campagne, dans le centre
de Bamako.
Sur une table, deux pancartes rouges frappées du slogan "Respectez le vote
des Maliens" sont posées près d'une affiche proclamant "Soumaïla Cissé,
l'Espoir".
Le repas rapidement avalé, les militants rejoignent la caravane d'une
centaine de scooters et de quelques dizaines de voitures en train de se
constituer face au bâtiment du chef de file de l'opposition, qui ne s'est pas
montré depuis l'annonce de sa défaite.
"Il faut que le président sortant, il arrête. On ne veut pas la violence.
On veut la paix. Il a été battu, on a gagné. Mais il a bourré des urnes au
nord du Mali. Ca fait honte, ça fait honte de voir l'image du président
sortant comme ça", s'énerve Abdoulaye Bah avant d'enfourcher sa moto et de se
mêler au flot des scooters.
Le cortège se met en branle et se fond rapidement dans la circulation de
Bamako, infernale à l'heure de pointe, puis traverse lentement le pont
Roi-Fadh pour rejoindre la rive droite du Niger où sont situés les bureaux et
le domicile de Soumaïla Cissé.

- Groggy -

A la sortie du pont, sur un balcon, des jeunes femmes saluent les
manifestants en scandant "Boua ba bla" ("le vieux tu vas partir" en bambara,
la principale langue au Mali), mais la caravane ne grossit pas.
"Les gens sont groggy. Mais je suis sûr qu'il y aura une réaction", assure
Cheick Fall. Pour ce patron d'une société de télécommunication âgé de 52 ans,
le plus "stupéfiant", ce sont ces "localités du nord où, malgré la sécheresse,
l'insécurité et l'absence de moyens de transport, les gens ont parcouru 150 km
pour voter, avec un taux de participation de 90%". Il se dit "plus que
sceptique" vis à vis de ce résultat.
"Je ne serais pas contre une victoire d'IBK s'il gagnait avec franchise.
J'aurais même applaudi, mais je suis très déçu", ajoute M. Fall.
Dans des véhicules bleus garés dans des contre-allées, les policiers
regardent passer sans réagir le cortège de l'opposition, de plus en plus noyé
dans la circulation. Sur leur moto, les jeunes continuent à crier "Soumaïla,
Soumaïla", en s'enfonçant en direction de la banlieue.
siu/mrb/jpc

Source : aBamako

aBamako

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